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lious reprenons dans cet article, sous un point de vue général , la question que nous venons d'aborder sous un point de vue particulier. Nous ne considérons plus uniquement les patriarches par rapport à la polygamie, mais nous voulons essayer d'apprécier leur conduite par rapport à l'ensemble de la loi morale. Ils sont loin d'être sans défauts ; ils se sont même, dans plus d'une occasion, écartés des sentiers de la vérité et de la justice. Deux fois, pour sauver sa vie , Abraham ^ recours au mensonge et expose l'honneur de Sara : la première , en Egypte , chez Pharaon (Gen. XII, 1 1-15) ; la seconde , à Géi^ar,
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cUez Abimélec (Gen. XX, 11*-13) (1). Isaac, son fils, suit son exemple, et se rend coupable du même péché (Gen. XXYI, 7, 9). A Tinstigation de Rébecca, Jacob trompe son père ; et, par une fraude concertée à Tavance , ravit injustement à son frère son droit iraincsse *(Gen. XXVIII , 6-41 ). Jacob , chez Laban , joue de finesse et de ruse avec son beau-père (Gen. XXXI, 31-43). Rachel enfin dérobe à Laban ses faux dieux (2) , et ment pour les soustraire aux recherches de celui-ci (Gen. XXXI, 19, 34, 35).
Des faits de cette nature affligent profondément ; et l'on se demande comment ils se concilient avec la foi et la piété d'hommes vénérables qui nous sont proposés pour modèles. Sans avoir la prétention de lever toutes les difficultés que présente cette question , voici cependant quelques principes qu'il nous
(1) En faisant passer Sara pour sa sœur, Abrabam disait vrai, puisqu'elle l'était elTecti veinent ( Gen. XX , là) ; mais en cachant qu'en même temps que sa sœur elle était aussi son épouse bienajmée, il manquait à la vérité. •
(ù) TerapMm (de taraph, consuUer), dieux du foyer domcstiquç, pénates et lares des Grecs et des Romains. Racbt*! les emportait ou pour recourir à eux dans sa fuite, en cas de besoin , ou pour ompôcfaer son père de les consulter et de découvrir par eux le cbenoîA que iaôob ayait pris. 11 ne faut pas s'étonuer qu'une pareille superstition régnât à Charan : Abraham avait dû quitter la maison de son père pour se soustraire, lui et sa famille, à l'influence de l'idolâtrie qui commençait à régner, de sou tenips, eu Cbaldée et en Mésopotamie. Les tefaphim étaient des espèces d'oracles, auxquels on s'adressait dans los événements importants de la famille, pour obtenir d'eux conseil et protection.