‹ Essais sur le PentateuqueChapitre 22 sur 77 · LA LCTTB DE JACOB · texte numérisé non relu

LA LCTTB DE JACOB

natale, et de rencontrer le frère dont la haine avait failli lai être mortelle, il demandait au ciel des encouragements, des forces, une sainte et pieuse assurance. Le Seigneur les lui ^nffjfdey et par un moyen analogue à celui qu'il avait employé dans une circonstance semblable. La seule difiérence entre les deux visions consiste en ceci, que la première est ac* cordée à Jacob dans l'état de sommeil, tandis que la seconde a lieu dans Tétat de veille, ou dans un état intermédiaire ; mais l'une et l'autre lui sont envoyées dans une disposition d'âme analogue, l'une et l'autre au milieu de la nuit, l'une et l'autre pour raffermir sa foi ébranlée, et lui rendre le courage qui l'avait abandonné. La prière lui avait donné des forces, mais momentanément ; et bientôt le tremblement s'était de nouveau emparé de son âme. Le Seigneur a recours à un moyen plus efficace, parce qu'il était plus approprié à son caractère et au degré de son développement religieux et moral. La religion des patriarches se borne à un petit nombre de vérités ; leur piété a quelque chose de sensible ; les révélations que Dieu leur accorde leur sont presque toutes transmises par le moyen du symbole ou de la vision. L'enseignement moral est joint à l'image, la consolation à quelque représentation visible. Abraham, dont la piété est plus spirituelle, plus élevée, plus ferme que celle de Jacob, a reçu moins de visions, a eu moins de songes : c'est que ces secours lui étaient moins né-

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ces6air6s(l).La leçon donnée, la promesse feite, res<taîent grayées dans son esprit» sans qu'il fftt besoin de Vy fixer d'une manière plus profonde ou plus durable, au moyen de r^É^entations sensibles. Jacob est m(Hns avancé; aussi le Seigneur le traite^tril arec plus de ménagement et d'indulgence* Il ne se borne pas a lui parler, il lui montre sous une forme visible^ ce qu'il tient à lui appr^idre. Ainsi, au lieu de lui dire purement et simplement : c II y a communication entre les cieux et la terre ; quoiqu'au ciel, je suis partout ayeo toi; ma puissance te gardera, mon amour veillera sur toutes tes destinées, mon secours t'est assuré ; > il lui fait voir une échelle, sur laquelle les anges descendent du ciel et y remontent. Ainsi encore, au lieu de lui donner seulemait l'assurance qu'il n'a rien à redouter de la rencontre de son frère puissant et terrible ; qu'il doit s'enhardir, s'aguerrir contre les difficultés de sa position; qu'avec de la fermeté et de l'énergie il triomphera, et que le Tout- Puissant ne délaisse jamais ceux qui l'invoquent ; l'Eternel permet que, dans un moment de crise intérieure, Jacob engage un combat singulier avec un personnage mystérieux, qui, quoique supérieur à lui, se laisse vaincre pourtant, par un sentiment de

(1) Uoe seule révélation de cette sorte est mentionnée dans rbistoire d* Abraham (Gonrse XV, 12-17), et encore n'a-l-olle pa.^ le earaett^re des visions dont fut honoré Jacob.

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