LA LDTTB DR JACOB
coiulescendance et de bonté» et loi accorde une vietoire facile» dont l'effet moral devait servir à relever son courage abattu, et à lui rendre la confiance qu'il semblait avoir perdue* Les natures timides, impres^^ sionnables, mobiles, comme celle de Jacob, peuvent moins facilement que d'autres, plus prîvilégtées sous ce rapport, se passer de ces sortes de gages visibles de la protection céleste qui les raffermissent et les fortifi^at.
Nous en avons dit assez jusqu'ici pour faire pressentir que nous inclinons à penser que la lutte dont il s'agit s'est passée en vision et non en réalité. C'est du reste, l'opinion de Calvin (1), que nul ne suspectât! de rationalisme ; c'est celle de Hess (2) ; c'est celle aussi de Hengstenberg (3) et de quelques autres théologiens. Le récit, il est vrai, ne parle ni de sommeil, ni de songe, ni de vision, du moins d'une manière expresse ; mais tout porte à admettre cette dernière hypothèse, et l'état moral de Jacyb, et la
(1) ComrnmU.in Oenenn, CXXXii, v. 24 et 25.
(2) Geschickie der Palriarc/ien, t. If, p. 143.
(3) Gt$thichte Bileam'$, p..51. Le principal passage snr lequel il s*appuie est Osée XII, 5 : il fui le maUr$ en luUant avec Vanffe, il fui U pluê fort; il pleura el lui demanda grâce. Dans un combat corporel, remarque te doet^ de Berlin, ce n'est ni par les larmes, ni par la prière que Ton obm^nt la victoire, mais par l'emploi de la force et par la persévérance du lutteur. Au reste, dans le cas d'une vision, comme dans celui d'une lutte physique, il y a miracle, et ce ne peut être dansTintentionde diminuer le merveilleux du récit, que nous inclinons à croire que tout ceci s'est passé en vision.