‹ Essais sur le PentateuqueChapitre 25 sur 77 · LA LCTTB DB JACOB · texte numérisé non relu

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cob et un ange (1). En effet, si nous recherchons plus attentivement encore]^ ce dont le Seigneur voulait convaincre le patriarche, et quels étaient les grands sentiments qu'il voulait lui inculquer, nous verrons que la présence du Fils de Dieu n'était au fait pas plus nécessaire ici que celle d'un ange. De quoi s'agissait-il réellement? Jacob devait apprendre que la vie du fidèle se comjpose de luttes incessantes ; que nous sommes par notre vocation athlètes ; que c'est le Seigneur lui-même qui nous envoie les épreuves qui exercent notre foi, et que, par ces épreuves, il nous perfectionne et nous sanctifie ; qu'il descend en quelque sorte avec nous dans l'arène, et que nous luttons proprement avec lui, quand nous sommes dans la tribulation ; qu'il se laisse vaincre par notre foi, notre patience ; que, si d'une main il nous attaque, de l'autre il nous défend ; que, dans la proportion qu'il nous éprouve, il nous prête force et assistance ; et enfin que, pour nous encourager à soutenir vaillamment les luttes auxquelles il nous expose, il veut bien nous attribuer des victoires dont il estpro-

(1) Voyez aussi Os6b XII, 4, 5, où il est dit une fois que Jacob a lutté avec Dieu, et uoe autrefois qu'il a lutté avec Tange. L*historieo Joséphe admet que c'est avec un aoge que Jacob s'est Yencontre, il appelle ranlagoniste de Jacob theïon angeUm, un ange divin. Le passage d'Osée semble lever la difficulté et dissiper tout doute à cet égard, à moins que Ton ne veuille en effet voir dans l'ange dont il est ici question celui qui est appelé ailleurs Vange de ValUmiee (Malach. UI, 1), et Fange âtla face (Esaîb LXUI, 9).

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prement l'auteur, et dont il a pu seul nous rendre capables par le secours de sa grâce. Mais, pour en* seigner toutes ces choses à Jacob, il suffisait d'un ange de l'Eternel ; l'ange dé l'Eternel a été là l'envoyé, le représentant, le mandataire du Seigneur, et en luttant spirituellement avec lui, c'est, dans le Êiit, avec Dieu que Jacob a lutté. Je le repète, sans le passage d'Osée cité plus haut, je me rangerais sans difficulté à l'opinion de ceux qui voient dans la rencontre de Jacob au torrent de Jabok une preuve anticipée de la condescendance du Ftis de Dieu, qui, 1759 ans avant sa venue en chair, préludait déjà à tous les miracles de son amour, en sympathisant aux faiblesses et aux détresses d'un pieux patriarche et en le relevant dans un moment solennel, d'un état de tristesse et d'accablement. Mais l'interprétation d'un prophète qui me parait de tous les commentaires le meilleur, me donne quelque doute sur Tinterprétation de ceux qui pensent que Jacob a lutté avec le Fils de Dieu en personne. Nous n'affirmons ni ne nions rîen toutefois; et nous prélérons laisser la question sans la résoudre, jusqu'à ce que nous ayons reçu sur ce point de nouvelles lumières.

Récapitulons cependant , avant de fipir, les arguments de part et d'autre.

Voici les passages qui semblent favoriser l'opinion de ceux qui pensent que la lutte a eu lieu entre Jacob et un ange :

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I. Or 9 Jacob éunt demeuré seul, un hommb iuiU avee lui (v. 24).

II. Et quand cet iiOMME-là vit qu'il ne pouvait le vaincre (v. 25).

III. L'embûlture de l'os d^ la hanche fut démise pendant que l'uojiME luttait avec lui ( v. 25 ).

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