LA LUTTB UB JACOB
sans nier toutefois que le Seigneur ne se soit révélé par leur moyen» Au reste, nous ne pouvons que répéter ici ce que nous avons dit plus haut ; comme il est diiBcile d'admettre que la lutte mystérieuse ait eu lieu autrement que dans une vision, il n'y a ici aucun intérêt dogmatique à trancher la question touchant la nature de la personne qui a lutté avec Jacob. Le but du récit étant purement moral, il importe peu de décider si l'antagoniste de Jacob était Dieu ou un ange ; dans Tun et l'autre point de vue sur l'adversaire du patriarche, la fin que le Seigneur voulait atteindre par ce combat singulier se trouve réalisée.
Dans la lutte, la hanche de Jacob fut démise ; et lorsqu' ensuite il voulut marcher, il se trouva boitant. C'est ainsi que nous sortons toujours plus ou moins blessés, plus ou moins meurtris de nos plus belles victoires, et qu'il nous en doit toujours rester quelque marque et quelque souvenir propre à nous humilier. De peur qu'il ne s'élevât, à cause de l'excellence des révélations qu'il avait reçues, une écharde fut mise en la chair du grand apôtre des Gentils (1) ; Jacob, vainqueur de Dieu, dut boiter, pour ne point oublier avec qui il avait combattu, et que c'était par pure condescendance que la victoire lui était restée.
Souis le point de vue moral, cette histoire est du