‹ Essais sur le PentateuqueChapitre 49 sur 77 · XXXI · texte numérisé non relu

XXXI

AiENde plus fatigant ni de plus périlleux que. les voyages dans les déserts de l'Orient. Vousn*y trouvez point de routes tracées, mais partout des sables mouvants; sous Faction puissante d'un vent sec, dont aucune colline, aucune forêt n'arrête ou ne tempère la véhémence, les traces de la caravane qui vous a précédés sont bientôt effacées, et au lieu où vous aviez cru rencontrer quelques vestiges d'un chemin firayé, vous n'apercevez que des collines de sables, qui donnent au désert l'aspect d'une mer en tourmente. Sans des signaux, ou sans l'observation

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des astres, les voyageurs se perdraient auâsi facilement dans les plaines de l'Arabie» que le nautonniër qui» sur TOcéan, aurait négligé de se munir d'une boussole.

Que l'on se représente maintenant» dans ces vastes solitudes» une caravane tant soit peu nombreuse» ou une armée si petite qu'on la suppose. Si» pour suivre une marche régulière vers le but où elle tend» elle n'avait pas recours aux moyens que nous -venons de rappeler» elle risquerait de s'égarer bientôt ou de se disperser dans toutes les directions. Aussi» l'usage du feu et de ta fiimée» du feu pendant la nuit» de la iîimée pendant le jour» paraiNil avoir été adopté» de temps immémorial» par les années qui avaient à traverser les déserts de rOrient. Les armées des rois des Perses» et plus tard celles d'Alexandre ne marchaient pas autrement. € Alexandre qui» peu à peu» avait pris goût aux usages de l'Orient» avait coutume» dans le principe» de donner à ses troupes le signal du départ au moyen du clairon ou de la trompette. Mais comme ordinairement ce moment-là était marqué par un grand tumulte» qui étouffait le son des instruments à vent» il fit» plus tard» hisser sur sa tente un drapeau fixé au bout d'une perche et assez élevé pour qu'on pût l'apercevoir de toutes les parties du camp. La nuit on y allumait un feu» le jour on y entretenait de la fumée. Il est probable» pour ne pas dire certain»

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que c'est des Perses qu'il avait emprunté cet usage > (1).

Ainsi,, soit pour se mettre en route, soit pour faire halte, on se servait dans les armées du feu et de la fumée; cette coutume très-ancienne existe encore aujourd'hui. M. Léon de Laborde, qui a beaucoup voyagé en Orient, Ta retrouvée comme aux jours de Darius et d'Alexandre, c Dans tout l'Orient, nous dit-il, les caravanes et les troupes armées qui marchent la nuit, pour éviter la chaleur du jour, se font précéder par des porteurs de fanaux à cheval et à pied. Ces fanaux qui éclairent la route et évitent les rencontres gênantes, sont en forme de réchauds placés au bout d'une pique ; le feu y est entretenu avec du bois résineux ou de la résine en pâte. — Lorsque je quittai Goustantinople, ces réchauds, appelés maschlasy avaient trouvé place parmi les rares ustensiles de notre équipement de voyage, et plus d'une fois, pour atteindre la halte du soir, si nous étions surpris par la nuit, nous allumions nos fanaux > (2).

Maintenant, du fait incontestable qu'en Orient les caravanes et les armées en marche se sont de tout

(i) Faber, Ârchœoiogia Heln-œorutny I, 244-265; comp. QcfNTE* CURCB m, 3, et V, 2. HÉRODOTB Vil, 40, et Xbnophon, CytopédU,

(2) CrnimtfU, géogr., p. 72; comp. IIarmar, Considér, sur fOriml, \\ l p. 438.

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