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temps servies de fanaux pareils, concluroDs-nons avec ' Toland, Eichorn, RoseomuUer, que la colonne de feu et de nuée^es Israélites n'était pas autre chose qu'un fanal tantôt lumineux, tantôt obscur, suivant qu'il était employé de nuit ou de jour, et transformerons-nous ainsi un fait miraculeux en un événement tout naturel ? Pour que nous pussions nous décider à adopter cette solution rationaliste, il faudrait d'abord qu'on nous expliquât comment il est arrivé, s'il est vrai que le camp des Israélites n'a été éclairé que par le moyen de réchauds, que Moïse fasse mention si souvent d'un événement aussi simple et aussi vulgaire dans une vie de voyage ; nous disons à dessein si souvent, car, à chaque campement, ou à chaque marche des Israélites, il est de nouveau question de ce phénomène. Or, s'O n'y faut voir que l'emploi d'un fanal ordinaire, comment admettre qu'on y revient à tout instant et qu'on y attache tant d'importance? 2^ Nous demanderons ensuite que l'on nous dise comment, en parlant d'un simple fanal, Ton peut afQrmer que l'Eternel le conduisait (Exode XIV, 19). 3® Nous prierons après cela qu'on nous démontre comment il est possible, s'il n'y avait pas miracle, que la même colonne se trouvât obscure pendant le jour et lumineuse pendant la nuit (Nomb. IX, 15); qu'elle (ùt pour les Egyptiens une nuée et une obscurité, et pour les Israélites une lumière éclatante (Exode XIV, 20).
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A^ Op nous, obligera encore en nous montrant comment, d'un simple brasier contenu dans un réchaud , Ton pourrait dire que TEtemel y descendait (Nomb. XII, 5), qu'il y marchait (XIV, 14), et qu'il y apparaissait (Deutér. XXXI, 15). 5^ Il serait extra(H*dinaire également qu'un fanal ordinaire changeât si souvent et si Êicilement de place, et que, comme la colonne de nuée, il se trouvât tantôt à la tète du camp (ExodeXiy, 19), tantôt surle pavillon (Nomb. IX, 15), ou à 1^ porte du tabernacle (Exode XXXm, 9), ei qu'il se levât et s'abaissât, apparût et disparût si facilement et si subitement (Nomb. IX, 21, 22). 6^ Il est incompréhensible enfin, à moins de suspecter la véracité du caractère de Moïse, qu'il ait pu parler constamment de la colonne mystérieuse, comme d'un événement miraculeux, si elle n'était qu'un fait ordinaire; et tout à fait inadmissible à moins d'accuser de folie ou de simplicité deux millions cinq cent mille hommes, qu'il ait osé soutenir un langage que chacun était en droit de contredire (Nomb. IX, 15-23).
D'après toutes ces considération^ , il nous paraît bien plus raisonnable de supposer, avec un savant critique , que le fait miraculeux rapporté par Moïse et l'usage des Orientaux , dont il a été fait mention , rapprochés l'un de l'autre, s'éclairent mutuellement. L'usage nous conduit à penser que le miracle était utile, nécessaire, convenable et digne du Dieu qui
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ropériaît ; le miracle , d'un autre côté , prouve que Tusage n'était pas tout à fait inconnu aux Hébreux, et qu'ainsi le miracle satisfaisait à des besoins qui leur étaient communs avec tous les Orientaux (1).
D^ailleurSy il est une considération importante qu'il ne faut pas perdre de vue dans cette question : c'est que la colonne de feu et de nuée ne servait point seulement aux Israélites, comme les maschlas aux Arabes / de simple fanal : elle était aussi , elle ' était surtout pour eux le signe de la présence de Jéhovah au milieu de leur assemblée , le mot d'ordre qu'il leur donnait, le trône sur lequel il siégeait et se manifestait, la révélation visible de sa gloire en Israël (2) . Outre les passages nombreux que nous avons déjà cités plus haut, nous engageons le lecteur à lire attentivement le suivant (Exode XL, 34, 38) (3), et à prononcer si , après tout ce qui vient d'être dit , il est possible d'assimiler la nuée dont parle Moïse à la fîimée qui s'échappe du brasier de résine d'une caravane de marchands arabes.
En aucun temps il n'a manqué de gens qui se sont
(1) Àreh€fologia He^coorum, 1. c.
(2) Hess. Geschichte Mote$, I, p. 124.
(3) On y voit, en particulier, que les expressions, la nuée couvraU le KUterruiele^ et la gloire de V Etemel rempliseail le pavillon^ sont à peu près synonymes, ou du moins que la première suppose la seconde; d'où il faut conclure que la colonne de nuée n'était pas seulement un Tanal, mais, au milieu d'Israël, le signe visible de la gloire invisible de Jéhovab.