LA REINE JUAN A
Un drame historique, cinq actes d'une prose que le programme qualifie de vers, quatre heures d'ennui noir égayées seulement par quelques épisodes d'un pathétique de Salpê- Irière, tel est le bilan de cette Reine Juana, la seule « nouveauté » que la Comédie-Française ait pris la peine de nous offrir pendant tout le cours de cette année. Que l'auteur de Rome vaincue et de Ulm le parricide soit un écrivain laborieux, cela est possible et même cela se voit. Que sa dernière pièce lui ait coûté de longs efforts, qu'il y ait fait preuve de conscience et de patience, et de toute sorte de qualités estimables, je suis disposé à le reconnaître et à plaindre d'autant M. Parodi. Car pourquoi ce
labeur en pure perte? Pourquoi cet effort douloureux en vue de restaurer une forme littéraire usée, démodée, qui a fait son temps et d'où onatiréjusqu'àTépuisemeuttoutce qu'elle pouvait donner? A quoi bon cette tentative désespérée pour galvaniser un genre mort? Au début de ce siècle, d'honnêtes écrivains et des littérateurs appliqués s'obstinaient à recommencer l'éternelle tragédie classique à laquelle Voltaire lui-même n'avait pas su rendre un semblant de vie. C'était se condamner à ne produire que des ouvrages mort-nés. Aujourd'hui, c'est le drame historique, qui, à son tour, s'en est allé où vont les vieilles lunes littéraires. Que nous veut ce cadavre ? Au premier acte de la Reine Juana on promène sur la scène un cercueil. Ce cercueil est emblématique. C'est le drame défunt qui y était enfermé et qu'on en a indûment fait sortir.
Voici la donnée sur laquelle M. Parodi a bâti sa pièce. Il paraît que la reine Juana, veuve de Philippe le Beau et connue dans l'histoire sous le nom de Jeanne la Folle, n'était point folle. Ou, du moins, elle ne l'était pas encore au moment où son père, Fernand d'Aragon, la fit en-
fermer. Elle ne Tétait pas davantage lors de ravènement de Charles-Quint. Elle le devint seulement à la suite; et c'est la continuité du malheur qui dérangea sa raison. La pauvre reine fut sacrifiée à des intérêts d'ambition. Son éloignement était nécessaire afin que le trône de Castille fût réuni avec celui d'Aragon. Le crime politique commencé par le père de Jeanne fut continué par le fils de celle-ci. Telles sont les infortunes privées dont sont faites les grandes fortunes de l'histoire. Telles les infamies qu'on trouve à l'origine des plus glorieuses destinées. . . Cette donnée est-elle conforme aux plus récentes découvertes des historiens ? Jeanne étaitelle folle ou ne l'était-elle pas? Peu nous importe. C'est une des beautés du drame historique, que nous y sommes absolument indifférents à l'exactitude de l'histoire. Nous sommes disposés à accepter les faits tels qu'il plaît au poète de nous les présenter. Nous demandons seulement à ce poète qu'il nous intéresse et qu'il nous émeuve. Hélas! nous voyons bien que c'est déjà beau- 1 coup et que c'est trop lui demander.
Au premier acte : le cloître d'un couvent. C'est lia fin de l'office. On entend à la cantonade mou-
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rir les derniers accords de l'orgue avec accompagnement de chants religieux. Quelques moines descendent en scène, devisant sur la paix du cloître, et s'entretenant aussi des dernières nouvelles venues du dehors, du culte de la reine pour la mémoire de son mari, et de cette mystérieuse folie dont on commence à parler. Un des moines, Soto, va quitter le couvent et jeter le froc aux orties, afin de se consacrer à l'étude de la médecine. Ce Soto est d'humeur badine et d'un naturel enclin à la raillerie. Nous le retrouverons dans la suite, toujours guilleret. Il est l'homme d'esprit de la pièce. Dans tout drame conçu suivant les règles, il y a un personnage facétieux destiné à égayer l'assistance, qu'il s'appelle César de Bazan ou Cocardasse. Ce rôle est échu à Soto. Il fait des mots. Comme le supérieur du couvent, Fray Marcos, lui conseille, dans sa vie nouvelle, de ne pas oublier l'ancienne discipline, et de garder l'esprit du couvent : « L'esprit... repart malicieusement Soto... je l'emporte, mon père. »
Entrée de la reine Juana. Elle est accompagnée du sombre Mosen Ferrer qui, sous prétexte de la protéger, la surveille et la garde à la ma-
nière dont un geôlier garde un prisonnier. 11 y a aussi un bébé porté sur les bras d'une nourrice. On entend sonner le glas. Car, ce jour même, des juifs doivent être brûlés sur les bûchers de l'Inquisition. La reine est toute bouleversée par cette funèbre sonnerie. Elle demande qu'on la fasse cesser. Elle le demande en des termes qui vous renseigneront tout de suite sur la langue que parlent les personnages de M. Parodi. Le son des cloches est désigné par cette périphrase :
Les palpitations de ce bronze qui tremble...
Voilà pour la justesse de l'expression. Et voici pour la richesse de la rime :
Faites cesser ce glas par pitié pour moi-même. Oh ! bien digne en effet de ma pitié suprême !
Il est évident que l'art d'écrire en vers serait le plus décourageant des casse-tête si les poètes n'avaient à leur disposition ce renfort de salutaires chevilles. — La reine se retire dans uii oratoire voisin.
Nous allons maintenant assister à un cours d'histoire professé par Mosen Ferrer, Fray Marcos et Fernand d'Aragon. Car ceci encore est une nécessité du genre. Si familiers que nous soyons avec l'histoire de la Castille, et bien que les annales de l'Aragon n'aient pour nous rien de caché, nous avons tout de même besoin qu'on nous rafraîchisse un peu la mémoire. Et comme les moyens dont le théâtre dispose sont assez restreints, il faut que les personnages viennent nous raconter précisément ce qu'ils auraient le plus de raisons de cacher. Ils nous dévoilent avec une noble franchise les secrets de la politique et ceux de leur conscience. Ils parlent abondamment de leurs projets, et de leurs crimes complaisamment.
Nous apprenons donc, ou nous rapprenons, que Fernand d'Aragon a fait empoisonner le I mari de sa fille, Philippe le Beau, afin de lui prendre ses États. Mosen a été l'instrument du crime. Mais Jeanne est un obstacle aux ambitions de son père. On va donc l'éloigner. On la conduira à Burgos. C'est encore Mosen qui se chargera de cette besogne. Il va chercher la
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reine dans l'oratoire où on la croit en prières Mais ici, coup de théâtre et surprise générale. La reine n'est plus dans l'oratoire. La reine est disparue. Où est la reine?
On aura tôt fait de la retrouver. Un De profundis qui se rapproche. Une procession qui se déroule. Un cercueil qui s'avance porté par des moines en cagoules. La reine Juana promenait ainsi le cercueil de son mari à travers les Espagnes. Je veux bien que ce ne fût pas de la folie ; c'était sur le chemin qui y mène. Que si Jeanne a fait exhumer son mari, et si elle le promène ainsi, c'est parce qu'il est un témoin, qui un jour invoquera la loi et réclamera vengeance. Car elle sait que Philippe a été empoisonné, et par Mosen. Le poison a laissé derrière lui des traces très lisibles. Jeanne est sur le point de faire ouvrir le cercueil et d'exhiber devant nous le cadavre révélateur... Décidément elle devient dangereuse. Il n'est que temps. Fernand défend qu'on écoute sa fille. Il déclare qu'elle est folle. Il ordonne qu'on l'emmène à Burgos. Jeanne, qui avait cru jus- I qu'alors à l'affection et au désintéressement du roi d'Aragon, est douloureusement surprise. Un
des assistants lui adresse ces paroles de consolation :
Quelqu'un te défendra qui vaut bien ta famille, Dona Juana.
Qui donc?
Le peuple de Gastille.
Ce sont de ces mots sur lesquels le rideau aime à baisser. Mais ce ne sont que des mots. Car nous verrons, par la suite, que le peuple de Castille ne sera qu'un défenseur insuffisant pour Jeanne, si mal partagée d'ailleurs sous le rapport de la famille.
Ce premier acte sert d'exposition. Il marque aussi le premier moment et la première époque du drame. On va nous montrer dans les actes suivants les périodes successives de la vie de Jeanne, jusqu'à l'extrême vieillesse et à la mort. Tous les personnages que nous venons de voir reparaîtront, mais vieillis d'acte en acte. C'est un procédé dramatique connu et dont on a déjà tiré d'heureux effets, notamment dans Lih et, plus récemment, dans V Homme à Voreille cassée.
Second acte : Plusieurs années se sont passées. Fernand d'Aragon a régné sur la Castille.
Il vient de mourir. Préalablement il a disgracié Mosen, car tel est le loyer qu'on réserve justement aux traîtres. Don Carlos hérite du trône. Pour ce qui est de Jeanne, elle porte désormais le surnom de « folle ». Sur la réalité de cette folie nul d'ailleurs ne songe à élever un doute. C'est affaire entendue, accréditée universellement, établie par la créance du monde entier. C'est déjà de l'histoire... Nous sommes dans le palais du jeune Carlos. L'acte tout entier est consacré à nous mettre sous les yeux le terrible cas de conscience que le jeune prince va rencontrer au moment précis de prendre le pouvoir. Don Juan, l'ancien rebelle, a demandé une audience et l'a obtenue. Resté seul en présence du prince, il lui déclare brusquement et sans autre préparation qu'il « doit » renoncer au trône de Castille, et se contenter de l'Aragon. Quels sont en effet ses droits à régner sur la Castille, puisque Jeanne n'est pas morte? Elle est enfermée à Tordesillas. On dit qu'elle est folle. Cela n'est pas vrai. Don Juan, sa sœur Floresta, son ami Don Arias l'ont vue. Ils certifient qu'elle n'est pas folle. Carlos ne voudra- I t-il pas s'assurer des choses par lui-même?...
Don Carlos promet qu'il ira voir sa mère. — Fray Marcos et Mosen prennent ensuite la parole pour déconseiller au prince cette imprudente démarche. — Maintenant Carlos retourne dans sa tête les données de ce problème angoissant. Il est placé entre le devoir et l'ambition, entre la piété filiale et les intérêts de la couronne. C'est un monologue en antithèses dans le genre des stances du Gid ou du monologue que le même Charles-Quint prononcera dans Hernani:
Entre un monde et ma mère il faut que je choisisse.
Le choix ne fait pas doute. Déjà le prince se surprend à former des vœux impies. Il souhaite de trouver sa mère véritablement folle. Une voix sortie de l'ombre, de l'ombre où se cachent tous les traîtres de tous les mélodrames, la voix de Fray Marcos lui répond : N'allez donc pas lavoir. — Charles-Quint: Pourquoi? — Fray Marcos: La reine n'est pas folle... C'est le mot à effet sur lequel se termine cet acte. Où est fâché de voir avec quelle consciencieuse régularité ces choses sont faites.
Troisième acte : A Tordesillas. — La reine y
est gardée prisonnière par le marquis de Dénia. Ce rôle de geôlier, à coup sûr, n'a rien d'héroïque et qui convienne à un gentilhomme ; et nous en aurions souffert pour le généreux Paul Mounet. Mais ce marquis de Dénia incarne le dévouement aveugle du sujet à son roi; il fallait un homme sûr pour que rien ne transpirât au dehors de l'horrible secret que cache la prison de Tordesillas. Quatre ans se sont passés depuis l'acte précédent. Charles-Quint n'est pas allé voir sa mère. Mais, enfin, il s'est décidé à cette visite. Il viendra tout à l'heure. Il s'est fait précéder par un fameux médecin qui doit examiner la reine et diagnostiquer sur son état mental. Ce médecin est le docteur Soto, celui que nous avons vu au premier acte, sous la robe de moine. Il est resté le même plaisantin, et cet esprit qu'il avait emporté il le rapporte... Le docteur a trouvé la reine parfaitement saine d'esprit. Il est prêt à le déclarer. Mais Dénia lui fait comprendre que c'est la déclaration précisément contraire qu'on attend de lui. Pour ne pas ravoir deviné, ce docteur Soto est un peu ] moins spirituel qu'il ne pense. Il ne fait d'ailleurs aucune objection. Il dira tout ce qu'on
voudra, comme on le voudra... Ici, une scène d'amour entre Floresta, sœur de Don Juan, et le sympathique Don Arias. Floresta aime Don Arias, mais les lauriers de Chimène Fempechent de dormir ; elle veut que son Cid, afin de la mériter, fasse une action d'éclat : qu'il sauve la reine.
Va, conquiers ton épouse en délivrant ta reine.
Pauvre Arias, si doux et si inoffensif, que voulez-vous qu'il fasse contre Charles-Quint?
Quelques instants encore pour subir le babillage de la petite Gaudy. On Fa enfermée avec la reine Juana, afin d'aggraver la captivité de cette infortunée. Elle s'appelle Catalina, infante. Elle va débiter pendant le restant de la pièce de ces gentillesses à faire grincer les dents, parlant de sa poupée et aussi de Paul Mounet qui est un « vilain homme ».
Voici enfin la conversation attendue de Charles-Quint avec sa mère. Il rêve de devenir le seul maître de FEurope. Il ne peut donc guère songer à rendre à Jeanne ses États. Il lui propose seulement de renoncer à ses droits, de revenir à Burgos pour y vivre en simple particulière et en sujette obéissante. A ce prix, il lui
garantit la liberté. La reine ne consent pas à ce marché. Elle veut rester : la reine... Il n'y a donc pas moyen de s'entendre.
Quatrième acte. — On nous initie d'abord aux principes du marquis de Dénia dans l'art de choisir les bonnes. Pas de femmes mariées, pas de ménages, cela a des inconvénients de toutes sortes; rien que des célibataires, ou, de préférence, des veuves... Une révolte a eu lieu. Elle a été domptée. Don Juan, qui en était le chef, a été tué par l'ordre de Dénia. Floresta et Don Arias apprennent avec douleur cette nouvelle... Adieux à Don Juan. Hymne à son épée... Mais maintenant Floresta ne peut plus épouser Arias, puisque celui-ci est le fils du meurtrier de Don Juan. Chimène était une amoureuse moins timide. Arias, désespéré, renie son père... La reine revient en scène. Elle est très émue. Nous ne nous expliquons pas bien pourquoi. Elle se trouve en présence de Mosen. Celui-ci lui révèle toute la vérité, restée jusqu'alors inconnue ou demi-voilée pour la reine. Il avoue qu'il a empoisonné Philippe; mais c'était sur l'ordre de Fernand. C'est Fernand, c'est son propre père, qui a fait passer Juana pour folle
et qui Fa fait enfermer. Pour Charles-Quint, il \ s'est empressé de maintenir sa mère sous les verrous... La reine repasse en esprit sa destinée. Elle a souffert par tous ceux qui ont approché d'elle. Elle a souffert comme fille, comme mère, comme épouse... V^n à peu sa raison s'égare et sa parole divague. Le délire s'empare de son esprit. La folie, cette folie dont on parle depuis si longtemps, est enfin venue, réellement venue. Elle se déchaîne dans toute son horreur... Ici, grande scène de folie... La reine crie, se démène, se tord les bras. Elle prononce des mots sans suite, injurie les gens et bouscule la petite Gaudy. Tantôt sa voix s'enfle et gronde, effrayante. Tantôt, au contraire, cette voix prend des intonations enfantines et mignardes et se mouille de pleurs. Il n'y a pas à s'y tromper: c'est la folie et même la folie furieuse. C'est le grand jeu... Un hasard fait que précisément ce jour-là une commission avait été envoyée à Tordesillas pour examiner l'état d'esprit de la reine. La commission se retire, tout à fait édifiée.
Cinquième acte : Ce sera le dernier. La reine Juana est au lit. Elle est très vieille, elle a
soixante-seize ans. Et elle est très malade. Elle a auprès d'elle pour la garder Floresta, qui s'est faite religieuse. Le prêtre qui tout à l'heure va l'administrer est Don Arias qui s'est fait moine. Nous retrouvons aussi le marquis de Dénia dont les cheveux sont maintenant tout à fait blancs. — La reine refuse toute nourriture. Elle compare les souffrances du Christ et celles de la vierge Marie, avec les siennes; elle est d'avis que la comparaison est tout à son avantage... Charles-Quint vient demander son pardon. La reine lui reproche l'indignité de sa conduite. « Tu te crois Charlemagne, et tu n'es que Néron. » Tout de même elle lui accorde son pardon. Mais c'est à une condition. C'est qu'il se démettra du pouvoir à une date que d'ailleurs elle le laisse libre de choisir. Charles- Quint promet. Nous savons qu'il a tenu sa promesse. C'est pour remplir cet engagement que l'empereur, sur la fin de sa vie, se retira au couvent de Saint-Just, où l'histoire nous dit qu'il prenait à remonter les pendules un singulier plaisir...
L'internement d'une personne parfaitement saine d'esprit, mais qu'on fait passer pour folle,
et qui le devient à force de souffrances, tel est au fond, et dépouillé de tous les oripeaux historiques, le drame auquel on nous fait assister dans la Reine Juana. Pourquoi faut-il qu'on Tait encadré dans le tableau d'histoire qui l'étouffé et qui en détruit totalement l'effet ? Car sans doute un drame de ce genre, l'internement d'une personne raisonnable, est l'un des plus épouvantables qu'on puisse imaginer. Et nul n'aura la candeur de dire qu'il ne puisse se passer, dans notre société si bien organisée, et avec l'organisation incorruptible dont nous jouissons. Peut-être ce drame, en costumes d'aujourd'hui, nous eût-il ému ; à condition toutefois qu'on eût l'habileté de ne pas tomber trop lourdement dans le genre des drames de l'Ambigu. Mais pourquoi a-t-on voulu que cette folle fût en outre une reine de Castille ? Pourquoi Philippe le Beau et Fernand d'Aragon ? Pourquoi Charles-Quint, Don Juan, Don Arias et Fray Marcos, et Mosen Ferrer? Pourquoi troubler ces grandes ombres? Que vous ont-elles fait ? N'ont-elles pas droit au sommeil ?
Je ne fais pas une vaine querelle. Je veux dire que, lorsqu'on met à la scène des person-
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nages de la taille de Charles-Quint, on s'engage à leur conserver leurs dimensions; qu'on voie en eux d'ailleurs Charlemagne ou Néron, on doit nous donner une impression de grandeur. Le Charles-Quint de la Reine Juana n'est qu'un pleutre. Les autres personnages sont à l'avenant. Il se peut que l'auteur ait compulsé beau- |C0up de vieux livres et réuni force matériaux de la meilleure qualité. Il lui a manqué le souffle qui anime la masse des documents et des notes. L Le seul élément de succès sur lequel on ait pu sérieusement compter — j'entends en dehors des costumes — ce sont les scènes de folie. Or, je pense qu'il n'est pas de moyen plus facile, plus vulgaire et plus bas. Nous montrer pendant dix minutes une folle qui se démène, cela est à la portée du premier dramaturge venu, cela n'a rien de commun avec la littérature ni avec le théâtre. Cela est en dehors. L'art n'a ici rien à voir. Ce n'est qu'une exhibition plus pénible que d'autres. Ce n'est qu'une parade i laquelle on a le droit de préférer les parades 'oraines qui sont plus gaies.
M. JULES LEMAlTPiE