‹ Essais sur les maladies héréditairesChapitre 1 sur 8 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L'homme, toujours occupé à agrandir son existence , crée des objets nouveaux , ou s'attache à perfectionner tout ce qui l'entoure. Ainsi, par la culture, il rend fertile une terre ingrate ; il obtient d'un sol des productions qui lui étaient étrangères 5 il rapproche les régions j il confond les climats. Partout, les animaux domestiques sont l'objet constant de sa sollicitude : il donne tous ses soins à en améliorer les espèces : dans cette vue , il les place au milieu des circonstances les plus favorables à leur développement 5 il en croise les races 5 il choisit les étalons , et réunit en couple les individus qui, par leur vigueur et la beauté de leurs formes , paraissent les plus propres à reproduire une belle espèce. Seul, il semble s'oublier au milieu de l'univers. La plupart des gouvernemens même se sont peu occupés^

des hommes , sous le rapport physique , depuis que la, force corporelle n'est plus , pour le succès des combats , qu'une circonstance tout-à-fait secondaire.

Cette espèce d'insouciance , ou plutôt d'incurie , est une des causes principales de la dégénération de l'espèce humaine , que l'on observe dans les grandes villes , et de la dépopulation qui en est la suite nécessaire : car, sans parler d'une foule de causes qui se réunissent dans ces grands foyers pour dégrader les générations et détruire les individus nulle part on n'observe plus de maladies héréditaires, parce que la fortune, présidant presque seule à l'union conjugale , on s'inquiète peu du sort des enfans qui en doivent naître. On veut jouir et leur laisser de riches héritages. Qu'importe, en effet, qu'ils traînent une vie languissante , pourvu qu'ils puissent se procurer tous les plaisirs du monde. La santé , dit-on , est le premier des biens j cependant nous voyons que chacun se conduit comme s'il croyait le contraire.

En publiant cet opuscule sur les maladies , héréditaires , nous avons, surtout, eu en vue d'être utile aux gens du monde , moins en leur disant ce qu'il faut faire , qu'en leur faisant sentir la nécessité de consulter un médecin éclairé, relativement à la conduite qu'ilsdevront tenir, soit par rapport à eux-mêmes , soit par rapport à leurs enfans. Nous aurons atteint le but que nous nous sommes proposé , si les pères et mères , plus jaloux du véritable bonheur de leurs descendans , se déterminent enfin à compter la santé pour quelque chose , et s'attachent , en conséquence , à extirper de leur famille les germes de maladies héréditaires qui pourraient y exister, et à en prévenir l'introduction , par un choix convenable des alliances qu'ils feront contracter à leurs enfans.

Nous ne dirons rien , ni du plan que nous avons suivi dans cette légère esquisse f ni du point de vue sous lequel nous avons cru devoir envisager les maladies héré-

ditaires. L'ouvrage est si peu volumineux, que le lecteur se passera facilement de ( e faible secours , au moyen duquel beaucoup d'auteurs lui épargnent la peine de lire leur ouvrage , ou le mettent dans le cas de regretter le temps qu'il a passé à le lire.

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