PREMIÈRE PARTIE
Nous appelons maladies héréditaires , celles qui reconnaissent , pour cause première j un état particulier de l'organisation , que les parens qui ont été sujets à ces maladies , transmettent à leurs descendans par voie de génération.
Un des caractères essentiels des maladies héréditaires , c'est de se manifester, en général , chez les descendans , au même âge , à la même époque et au milieu des mêmes circonstances que chez les parens qui en ont été affectés j ainsi , un enfant , né d'un père phtisique ; mort à l'âge de trente ans ? éprouvera , à l'ap-
proche de cet âge , et s'il se trouve placé dans une situation analogue , les phénomènes précurseurs de la même maladie qui bientôt se développera , et parcourra ses périodes, en suivant une marche semblable à celle qu'elle a affectée chez le père.
Un Concours de circonstances particulières peut, néanmoins, accélérer ou retarder le développement de la maladie $ et il peut aussi se faire que le défaut absolu , ou même partiel , des circonstances qui ont favorisé le développement de la maladie chez le père , ne permette pas qu'elle se développe chez l'enfant , quoiqu'il en ait reçu la disposition en héritage. Ce n'est qu'en considérant les maladies héréditaires sous ce rapport , que l'on peut expliquer pourquoi souvent une génération entière est exempte d'une maladie héréditaire , que l'on voit se manifester chez la génération^ suivante ; pourquoi dans une même famille , cette maladie n'atteint que quelques individus , et pour-
quoi il paraît tenir à la nature de plusieurs d'entre elles, d'attaquer plutôt un sexe que l'autre.
La distinction des causes des maladies en prédisposantes et efficientes , distinction lumineuse , établie par le Père de la médecine , et qui repose toute entière sur les faits , sera toujours une des sources fécondes , où le médecin habile puisera les notions les plus positives , soit , pour se rendre compte de la formation des maladies , soit, pour en prévenir le développement ou en diriger le traitement d'une manière convenable , une fois qu'elles sont développées.
La connaissance de cette double cause nous paraît d'autant plus essentielle, qu'elle seule peutnous guider, avec sûreté , dans le choix des moyens propres à prévenir les maladies , de quelque nature qu'elles soientjmais notre but n'étant ici que de nous occuper des maladies héréditaires , nous ferons voir, par la suite, combien cette connaissance est , surtout ,
importante pour ces maladies , en particulier.
Distinction des maladies héréditaires d'avec celles qu'on appelle connées.
Cette distinction est très - importante , et cependant elle ne paraît avoir été établie , jusqu'à ce jour, que d'une manière bien peu satisfaisante. Par maladies connées on doit entendre celles que la mère communique à l'enfant , pendant la gestation , ou qui se développent spontanément pendant qu'il est encore dans Son sein : dans ce cas , l'enfant vient au monde , atteint de la maladie , qui s'est développée avant qu'il ait vu le jour , ou avec des traces qui annoncent sa préexistence. A ce genre de maladie , on peut rapporter les différentes taclies de la peau , auxquelles on donne communément le nom d'envies , et particulièrement celles qui sont, en quelque sorte, le premier germe des tumeurs fongueuses , variqueuses, connues plus généralement
aujourd'hui , sous le nom de fongushe~ matodes. La siphilis, dans certains cas , peut être regardée comme une maladie connée. Avant que la vaccine fût connue, on a été plusieurs fois dans le cas de voir des enfans qui venaient au monde avec la petite vérole, qu'ils avaient reçue de leur mère. C'est aussi au genre des maladies connées que l'on doit rapporter les diverses mutilations , avec lesquelles les enfans viennent au monde , lorsque lès parties mutilées présentent de véritables cicatrices. Ainsi , par maladies connées nous désignons celles qui, attaquant la mère pendant sa grossesse , attaquent aussi le fœtus , ou lui portent , au moins , une impression remarquable 5 et celles qui , indépendamment de la mère , se développent chez le fœtus seulement , sans que l'état de la mère paraisse avoir eu la moindre influence sur leur produc-
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D'après ce que nous venons de dire, les maladies connées se distinguent donc
des maladies héréditaires ? en ce que les enfans apportent les premières en naissant , et qu'elles ne leur ont point été communiquées dans Pacte de la génération j c'est - à - dire , qu'elles sont une production accidentelle et non le résultat du développement d'une certaine disposition organique , transmise par voie de génération , ce qui caractérise essentiellement les maladies que nous avons désignées sous le nom d'héréditaires. Néanmoins , on conçoit qu'une maladie pourrait être , à la fois , counée et héréditaire ? si un concours de circonstances favorables venait à agir pendant la grossesse , pour développer chez le fœtus line maladie dont la disposition lui aurait été transmise dans l'acte de la génération.
Les maladies que la nourrice communique à son nourrisson pendant l'allaitement , nous semblent avoir un caractère analogue à celui des maladies connées ; mais nous croyons aussi que la nourrice
peut transmettre à l'enfant, qu'elle allaite, des dispositions organiques au développement de certaines maladies qui , sous ce rapport, pourraient , en quelque sorte, être assimilées aux maladies héréditaires. En effet , l'influence de la nourrice sur l'enfant est de même nature que celle de la mère sur le fœtus , considéré après le moment de la fécondation j elle tient aux mêmes causes : c'est toujours dans leur corps que se prépare la substance qui doit servir de nourriture à l'enfant $ la nature ne fait que changer d'organe pour .sa sécrétion 5 seulement , l'influence de la nourrice doit être moindre , soit , parce que les organes de l'enfant , déjà plus formés, sont moins susceptibles d'être influencés , soit, parce que l'aliment fourni par la nourrice , moins élaboré que le sang, dont le fœtusse nourrit, dans le sein de sa mère , d'une part, participe , moins de la nature de ses organes 5 et de l'autre , nécessite une nouvelle élaboration
de la part des organes de l'enfant avant qu'il puisse leur être assimilé.
On ne saurait contester l'influence de la nourrice sur l'enfant ; les exemples en sont assez multipliés : elle s'étend même sur le caractère moral et les passions qui en découlent. « Depuis long-temps , dit Sylvius , j'ai observé que les enfans sucent, avec le lait r le tempérament , aussibien que les inclinations que l'on remarque en eux pendant le cours de leur vie^ et que , sous ce double rapport, ils tiennent autant de leur nourrice que de leur mère ». Les anciens n'avaient pas manqué de faire cette observation j et , longtemps avant Sylvius j le divin "V irgile , pour peindre le caractère dur et inflexible d'Enée , fait dire à la malheureuse Didon :
mofc diexifib ^iwuon : ^MOSSC'» 1 >uobfgae<i
Nec tibi diva parens , generis nec Dardanus auctor,
Perfide $ sed duris genuit 'te cautibus horrens
Caucasus f Ircanœ que ad m ont nt libéra tigres.
l' t (% \ \ i * rC tl &.* ** i ■ ^ rO ' ï 13 J[AjU ***L ' ^- 'Jjc^^ ^ ?
Enéide , liv. IV.
Nous ne dirons cependant pas, comme l'ont avancé plusieurs auteurs , que cette seule considération devrait être un motif bien puissant pour encourager les mères à nourrir leurs enfans j nous pensons, au contraire, que , dans beaucoup de cas, elle devrait être un motif tout aussi puissant pour les engager à ne point nourrir 5 et nous sommes persuadé que cette considération , à laquelle on n'a pas encore attaché toute l'importance qu'elle mérite , peut devenir , pour le médecin une source féconde en moyens hygiéniques , propres à favoriser d'une manière avantageuse le développement physique et moral de l'homme : nous ferons voir par la suite , quelles inductions pratiques on peut en tirer , pour prévenir le développement des maladies héréditaires , et même, jusqu'à un certain point, pour détruire la disposition organique à ces maladies.
Le point de vue sous lequel nous venons d'envisager les affections morbides
héréditaires , ne permet pas de regarder comme telles les maladies qui sont le produit d'une constitution faible que les enfans apportent en naissant , quand les parens sont , d'ailleurs , robustes et bien conformés. Dans ce cas , une pareille constitution est, souvent, le résultat, soit, des maladies que la mère a essuyées pendant sa grossesse ; soit de la mauvaise qualité ou de l'insuffisance des alimens dont elle a usé j soit des affections morales , tristes et prolongées qu'elle a pu avoir , ou des excès auxquels elle s'est livrée ; soit , enfin , d'une vie sédentaire , molle , efféminée , qui débilite tous les organes , étiole le corps, «t le rend comme une plante de serre chaude , qu'un air pur et frais indispose , et qu'un rayon de soleil incommode. Cette constitution est alors connée et non pas héréditaire , et , conséquemment , les affections morbides qui peuvent en dépendre , manquent du caractère essentiel que nous avons reconnu appartenir aux maladies de ce
dernier genre. Ainsi , par exemple, nous ne regarderons pas comme une maladie
héréditaire le rachitis qui survient aux enfans nés de parens avancés en âge , ou qui , quoique jeunes , sont d'un tempérament faible et pituiteux , ou épuisés par les travaux , les plaisirs ou les maladies. Il en est de même du scorbut qui est produit par les causes les plus légères chez les enfans dont les parens ont été minés par de longues maladies ou des fièvres-quartes opiniâtres. Nous en dirons autant de Fépilepsie , qui se manifeste chez les enfans d'une constitution frêle , délicate , qu'accompagne ordinairement une extrême maigreur 5 ou chez ceux qui , doués d'une assez bonne constitution, ont dû éprouver dans le sein de leur mère un violent ébranlement nerveux , suite nécessaire des secouses produites chez elle par des affections morales subites et profondes , par des frayeurs inattendues.
Nous rejetons aussi de la classe des
maladies héréditaires certaines maladies endémiques qui , comme le goitre , tiennent , évidemment , à des causes locales , et non à un vice organique communiqué aux enfans par les parens , vice dont le développement serait facilité par l'action de ces causes. Nous sommes d'autant plus fondé à ne regarder le goitre que comme une maladie purement endémique , que ces causes locales seules suffisent pour le faire naître chez la personne la mieux constituée , et qui doit le jour aux parens les plus sains. A la vérité, l'enfant qui naît de parens , déjà affectés du goitre , y est plus exposé , s'il naît et vit dans le lieu , où cette maladie est endémique 5 mais nous sommes persuadé que l'on doit, au moins , autant rapporter cette disposition aux mêmes causes locales qui ont déjà influencé l'enfant, pendant qu'il était encore dans le sein de sa mère , qu'à un vice organique transmis par le fait même de la génération. Ce qui le prouve d'une manière incontestable ,
c'est que les personnes qui sont nées dans les pays où le goitre est endémique 7 et qui n'en sont affectées qu'à un faible degré , se délivrent de cette maladie , en habitant d'autres climats , et que les enfans de ceux qui en sont affectés , à un assez haut degré , . y naissent et vivent sans qu'elle se manifeste chez eux.
Efi quoi consiste le caractère héréditaire, ou plutôt comment concevoir la transmission "héréditaire des maladies ?
Cette transmission ayant lieu au moment même de l'acte de la génération , se trouve naturellement liée à cet acte. En conséquence, il paraîtrait naturel, et peutêtre nécessaire, de rappeler ici les différentes hypothèses qu'on a créées sur la génération , afin de s'attacher à la plus probable , et de démontrer comment on peut concevoir la manière dont se forment les dispositions organiques qui sont les causes prédisposantes des maladies héréditaires , et la véritable raison de leur transmission. Mais un voile impénétra-
ble c ouvre encore à nos yeux le secret de génération. Quoi ! choisir entre des hypothèses pour expliquer un fait , et pour quel résultat ! la vie toute entière nous est encore inconnue. Comment pourrions - nous espérer en découvrir la source première , et avec elle les phénomènes variés dont les causes remontent et se rattachent à cette source même ?
L'opinion la plus généralement reçue , sur la nature des maladies* héréditaires , c'est qu'elle consiste dans un virus particulier que les parens transmettent aux enfans , au moment de la génération , et qui , par la suite , produit chez eux la même maladie. Ce n'est point notre sentiment.
Nous sommes même porté à nier complètement l'existence des virus , en tant qu'on les considère comme pouvant exister plus ou moins long-temps dans l'économie, et se transmettre d'une génération à une autre sans se manifester qu'après un laps de temps déterminé , et au milieu d'un ordre particulier de circonstances
favorables. Nous allons développer notre pensée à cet égard , et nous espérons démontrer , d'une manière évidente , que tout cet échafaudage théorique , établi sur la prétendue existence des virus , n'est qu'un mensonge de l'imagination , qui a donné une sorte de corps , si nous pouvons ainsi parler , à un certain ordre constant de phénomènes morbifiques , ou plutôt, qui lui a fait supposer une cause matérielle particulière , productrice de ces phénomènes.
Comment , en effet , concevoir l'existence d'une cause matérielle particulière qui resterait enfermée pendant des années dans l'économie, sans manifester son action? comment, surtout, concevoir la transmission de cette cause d'une génération à l'autre ? la raison s'y refuse , ou il faudrait , pour être conséquent , rejeter les phénomènes primitifs et essentiels de l'économie vivante , nous voulons dire la nutrition et l'excrétion des matériaux qui ont servi, pendant quelque temps, à cons-
tituer les organes. En effet , si on admet que les corps vivans ne prolongent leur existence qu'en renouvelant les moyen, par lesquels ils existent, on ne saurait admettre une cause matérielle qui resterait intacte pendant des années au milieu de la destruction et du renouvellement universel qui sans cesse s'opèrent au sein de l'organisation 5 ou bien , il faudrait supposer que ces causes subissent, pendant long-temps , une sorte d'assimilation qui enchaîne leur action malfaisante , et les constituent parties organiques , jusqu'à ce que , par un concours de circonstances particulières, elles se trouvent enfin dégagées de tout lien , et que rendues , en quelque façon , à leur propre nature , elles attaquent les organes mêmes dont elles ont primitivement fait partie ; mais , dans cette supposition même , il faudrait admettre que
ces causas, pour s'assimiler, subissent une élaboration quelconque qui les dénature , que leurs éîémens se détruisent et se re-
nouvellent en formant d'autres combinaisons , et qu'enfin il arrive un moment où , reprenant leur état primitif, elles deviennent susceptibles d'agir comme cause morbifique. Ainsi, à proprement parler , les virus n'existeraient pas , puisqu'ils seraient dénaturés; seulement , il y aurait, dans l'économie , tous les élémens propres à les produire , et leur développement , lorsqu'il a lieu , ne serait , en dernier résultat , qu'une suite nécessaire d'une certaine disposition organique primitive , mise en jeu par un concours de circonstances favorables.
Il se présente ici une objection importante à résoudre. Vous niez , nous clirat-on , l'existence des virus héréditaires , et cependant plusieurs des maladies qui sont généralement reconnues pour être transmissibles par voie de génération , ont, comme un de leurs caractères essentiels , la propriété de fournir un virus , c'est-à-dire, un principe ou cause matérieile qui , inoculé chez un sujet sain
d'ailleurs , y fait naître la même maladie r il faut donc pour cela que le virus existe , et conséquemment qu'il ait été transmis. Il y a plus , cp virus semble , dans quelque cas , susceptible d'être attaqué et détruit immédiatement , par des moyens particuliers qui le saisissent , pour ainsi dire , jusque dans ses derniers retranchemens, et en détruisent l'action malfaisante.
Pour répondre à cette objection d'une manière satisfaisante , il suffira d'examiner comment se comportent les maladies héréditaires qui sont susceptibles de fournir , par leur développement , un virus capable de propager la maladie , au moyen d'une inoculation quelconque j i°. ces maladies, comme les autres maladies héréditaires , présentent , en général , la mgme marche , et affectent les mêmes organes dans les enfans que chez les parens ; 20. elles ne se développent ordinairement qu'à des époques fixes, qui sont celles où la maladie a existé chez
les païens ; 3°. cette époque correspond, dans le plus grand nombre de cas, à celle de la plus grande activité de l'organe qui en devient le siège ; 4°- Ie virus qu'elles fournissent , loin de paraître faire partie essentielle de la maladie , ne semble en être que le résultat ou produit , et ce résultat n'a lieu qu'après une certaine série de phénomènes morbifiques , que l'on pourrait regarder comme les agens qui concourent à sa production 5 5°. enfin, si l'on considère que les virus , quels qu'ils soient , lorsqu'on les inocule , ne peuvent reproduire la maladie qui leur a donné naissance , qu'autant qu'ils rencontrent l'économie , dans certaines conditions déterminées , et que tous ont besoin d'une sorte d'incubation avant de pouvoir agir d'une manière efficace ; on se convaincra qu'ils ne peuvent pénétrer dans l'économie , et , surtout , y séjourner sans être dénaturés , et que, conséquent ment , leur transmission à l'état de virus , par voie de génération , est impossible.
Un virus quelconque , du moment où il a pénétré dans l'économie , change de nature en se combinant avec les organes ; et de cette combinaison nouvelle résulte des mouvemens nouveaux , une autre série de phénomènes et des produits particuliers. S'il en était autrement , le même virus déterminerait toujours la même forme de maladie , et serait toujours attaquable et destructible par les mêmes moyens 5 or, l'expérience prouve le contraire. La siphilis , par exemple , doit , sans contredit , son existence à l'action d'un virus particulier ; et, cependant, quelle variété dans la forme des phénomènes morbifiques qu'il fait naître !
quelle variété dans les produits qui en résultent ! quelle variété enfin dans les moyens qu'on est quelquefois obligé d'employer , pour ramener l'économie à son état naturel de santé. C'est donc en modifiant l'économie entière , en changeant la disposition organique des parties , par des combinaisons intimes qu'il
forme avec elle , qu'un virus devient susceptible^ nous ne dirons pas d'être transmis , mais de séjourner , en apparence , plus ou moins long-temps chez un individu, sans qu'il se manifeste aucun symptôme de maladie , et de passer même à ses descendaus , lorsque la santé dont il jouit peut lui permettre de croire qu'il est actuellement exempt de tout germe de maladie. Ainsi , en dernière analyse, c'est toujours par la transmission d'une certaine disposition organique que les maladies héréditaires passent d'une génération à l'autre 7 quelle que soit d'ailleurs la nature de ces maladies j et ce n'est qu'en changeant cette disposition organique que l'on peut prévenir le développement de la maladie , et en empêcher la transmission par voie de génération. D'après ce que nous venons de dire , la rougeole , et , surtout , la petite vérole , que l'on a regardées , jusqu'à présent comme produites par un virus particulier , seraient véritablement des ma-
ladies héréditaires qui se développent spontanément , par un concours de circonstances particulières , et se propagent ensuite par contact. On sait qu'un simple mouvement fébrile , sans éruption , ou avec éruption de quelques boutons seulement, suffisait pour garantir l'individu d'une nouvelle apparition de variole , aussi-bien que la variole la plus abondante en boutons. On sait aussi que certaines familles n'étaient point sujettes à cette maladie , tandis que d'autres étaient exposées à l'avoir deux fois. Il fallait donc qu'il y eût une disposition organique qui , se transmettant par voie de génération , rendit un individu apte à l'avoir une ou deux fois j tandis que l'autre, qui manquait de cette disposition , en était entièrement à l'abri. Lorsque le simple mouvement fébrile suffisait pour garantir complètement de la petite vérole, il ne pouvait certainement le faire qu'en changeant cette disposition organique j c'est même, de cette manière, seulement
qu'il est possible de concevoir comment la vaccine peut préserver de cette maladie.
S'il pouvait rester quelques doutes sur l'opinion que nous venons d'émettre , re-' lativement aux maladies héréditaires , il suffirait de rappeler un fait pratique qui a été observé dès la plus haute antiquité 7 c'est que les enfans , qui ont le plus de ressemblance avec leurs païens , sont aussi ceux chez lesquels les maladies héréditaires s'observent le plus ordinairement 5 or , ce fait n'aurait pas lieu si la transmission de la maladie se faisait par le moyen d'un virus $ tous les enfans devraient alors y être également sujets. On pourrait encore demander, dans cette supposition , pourquoi certaines maladies héréditaires affectent un sexe préférablement à l'autre , et dans le même sexe un tempérament plutôt qu'un autre.
Conclusion. De tout ce qui précède ?
nous sommes donc autorisé à conclure
que les maladies héréditaires ne proviennent pas d'un virus qui se transmet par voie de génération ; mais d'une certaine disposition organique que les enfans reçoivent de leurs parens. comme ils en tiennent la ressemblance physique et morale.