Tome v^ contenant les biographies des troubadours ^ et un
( 29 ) ce précieux recueil de préceptes et d exemples que la romane , tiranl son origine de la langue latine et lui succédant^ en a conservé la désinence des cas,
appeodice à leurs poésies imprimées dans les volumes prëcédens*
Tous VI, contenant la grammaire coropaiée des langues de TEurope latine , dans leurs rapports avec la langue des troubadours.
Les cinq premiers volumes de ce recueil précieux regardent spécialement les troubadours; mais dans la grammaire comparée , qui forme le sixième , Fauteur a présenté de nombreuses preuves des règles grammaticales de la langue des trouvères et de ses rapports intimes et identiques avec celle des troubadours. Il est revenu encoroi plus particulièrement sur ce sujet dans ses excellentes Observatiors philohgiqueê et grammaticaks sur le Boman de Rou et sur quelques règles de la langue des trouvères au douziètne siècle ; \ Paris , de l'imprimerie de Crapeict; Rouen, Edouard fières, éditeurs, 1829; tfi-8* de VI-1S2 pag, M'oublions pas non plus un très-bon article du Journal des Savons, octobre 1816, dans lequel M. Raynouard, rendant compte de la nouvelle édition du Roman de la Rose, publiée par M. Méon (Paris, 1814, 4 vol. in-8°), combat le préjugé littéraire qui supposait la langue des trouvères sans principes, sans règles, sans méthode; et des exemples tirés du roman même donnèrent un aperçu des règles grammaticales qui existaient k cette époque.
Ainsi ces ouvrages de M. Raynouard sont donc ce qu'il y a de plus nouveau , de plus utile et de plus curieux k consulter pour se mettre au courant de la poésie des troubadours, de celle des trouvères, et pour faciliter l'intelligence de ces antiques productions et faire voir qu'elles ne sont pas' autant dépourvues de goût qu'on pourrait le croire au premier coup d'œil.
puisée dans la seconde déclinaison en us; ce qui est tout le contraire de ce qu'a fait depuis la langue française. M. Ray noua rd va nous donner en peu de mots le résumé de sa découverte :
« La nouvelle langue , dit-il , créa une méthode « aussi simple qu ingénieuse qui produisit le môme « effet que les déclinaisons latines.
« Au singulier le s ajouté ou conservé à la fin de « la plupart des substantifs , surtout des masculins , « désigna le sujet ; et labsence du s désigna le réa gime soit direct, soit indirect.
« Au pluriel , l'absence du s indiqua le sujet , et « sa présence les régimes.
« D'oïl vint l'idée dune telle méthode? De la « langue latine elle-même ; la seconde déclinaison « en us suggéra ce moyen.
« Le nominatif en us a le ^ au singulier, tandis ce que les autres cas consacrés à marquer les régimes « sont terminés par des voyelles ou par d'autres con- « sonnes ; et le nominatif en t au pluriel ne conserve « pas le s , tandis que cette consonne termine la plu- « part des autres cas affectés aux régimes.
« Peut-on assez admirer cette industrie grammage ticale , qui n'a existé dans aucune langue , indusce trie qui ensuite permit et &cilita aux troubadours , « la grâce et la multitude des inversions à la fois les « plus hardies et les plus claires? » (Voy. la Grammaire romane avant l'an 1000, p. 50. — Le Choix des Poésies originales des Troubadours , p. 50. — Et les Observations philologiques sur le Roman
{ 31 ) de Rou, p. 28.) La citation de ce passage nous a paru d'autant plus convenable ici, que lapplication du principe développé par M. Raynouard facilitera au lecteur Tintelligence des pièces en romane que nous aurons à mettre sous ses yeux , et qu'il ne sera plus surpris de voir dans une phrase , le sujet singulier mis au pluriel et le régime toujours au singulier, comme dans ces exemples tirés des chansons du roi de Navarre :
Sujei En dormant et en vellant
Est MBS ccERS tojors a li... (1) Régime, . . Quand por vos pert et mon cdbb et ma joie (2).
Cette petite digression grammaticale nous a un peu distrait de* notre route; hâtons-nous dy rentrer.
Nous avons vu précédemment qu'après la destruction consommée de l'empire romain , la romane provençale , mélange de latin corrompu et de teutonique , était parlée au midi de la Loire , et que la romane wallonne , mélange du même latin et du théotisque , était parlée au nord de ce même fleuve ; mais c'est en vain que l'on chercherait des monumens de ces deux laBgues pendant les vi% vu* et vin* siècles. Nous entendons par monumens, des morceaux soit historiques , soit littéraires d'une certaine étendue. Nous pensons qu'il n'en existe pas , du moins qu'on n'en a encore découvert aucun ; on parlait la langue vul-
(1) En dormant et en veillant
Mon cobcr est toujours à elle
(2) Quand pour vous (je) perds et mon cœur et ma joie.
( 32 ) gaire , niais il est présumable qu'on ne récrivait pas. Les historiens ou plutôt les chroniqueurs se servaient de la langue latine; il est vrai que dans quelques-uns de leurs ouvrages, on trouve disséminés par-ci, par-là, des mots de la langue romane , jamais de passages un peu détendus, même de quelques lignes. M. Raynouard, pour prouver que la romane date des premiers temps de notre monarchie , a cité quelques-uns de ces mots dans l'introduction de son Choix de poésies des Troubadours , tom. i , pp. vi-xviij ; mais il n'est question là que de la langue parlée.
Tous les actes de la vie civile étaient rédigés dans un latin corrompu et qui Test devenu encore davantage par la suite (1). La langue vulgaire était donc à
(1) Par exemple, on disait: Quitius erit de illa re, il sera quiue de cela ; quitius est au lieu de quietus par euphonie ; quietus erit de illâ re, il sera tranquille sur cette chose, il li*aura plus à s'en occuper.
Autre exemple : Dicta Johanna relicta dicti deffuncti Pétri Lecocq burgensis Pontisarœ (bourgeois de Pontoise) recogno» vit et confessa fuit se vendidisse, quitasse et in emphyteosim se demisisse praepositis dictas eonfrariae clericorum^ septem solides parisienses j supra dictam domum, pro pretio quatuor francorum auri^ suis quittanciis, quibus florenis se tenuit pro contenta y quos septem solides parisien ses ^ annui redditûs pro^ misit guarentisare, (Cette donation est du 1«' février 1068.)
Dans le même temps, on se servait, en latin, du pluriel pour le singulier lorsqu'on parlait à une personne de considération, vos estis creatuSy etc.; mais Pierre de Blois^ regardant ce langage comme indigne d*UD ecclésiastique, écrivit a
celte époque une espèce de jargon trop nouveau , trop informe pour avoir des monumens transmissibles à la postérité ; ou plutôt , l'ignorance et la barbarie qui dominaient alors (nous parlons toujours des vi', vn' et vm* siècles) ne permettaient pas qu'on songeât à écrire dans cette langue dédaignée des gens qui avaient quelque instruction , et peu connue à la cour des rois francs qui ne parlaient que le tbéotisque.
Mais nous touchons enfin au moment oîi les quatre grandes romanes parlées dans le midi de TEurope ^ c'est-à-dire le français ( divisé en deux branches ) , le castillan, le portugais et Titalien , vont prendre une certaine consistanc*e , et s'approprier un caractère distinctif et spécial que le temps développera, affermira et rendra par la suite plus ou moins célèbre dans les fastes de la civilisation et de la littérature en général. Voici comment on range , par ordre de date , les berceaux dô ces romanes, depuis le ix' jusqu'au xu* siècle :
La LANGUE d'oc , OU lo provcnçal , a commencé à se former à la cour de Boson, roi de Provence. 879—887.
La LANGUE d'oïl , OU romau wallon, à la cour de Guillaume-Longue-
Tévêque de Chartres, nouvellement élu : Te precoVy quod per TU et TIBI et TE scriho, moleÉtè non fera» : pluralis enim locufio quâ uni loquendo nientimur, serme adulatorius eei , et ioMgè à sacro eîoquio aOenus,
( 34) Épée , fils de Rollon , duc de Normandie
Le CASTILLAN , OU espagDol , sous le règne de Ferdinand-le-Grand. . . 1037—1065.
Le PORTUGAIS , sous Henri de Bourgogne, fondateur de la monarchie. . . 1095 — 1112.
Et l'iTALiEN, sous Roger, roi de Sicile 1129—1154.
Nous ne mentionnons ici ces trois dernières langues (le castillan, le portugais et Y italien) que comme romanes d'origine , faisant partie des dates que nous venons d'indiquer; nous n*avons point à nous en occuper, puisque étrangères maintenant à la langue française , elles ne sont point l'objet de nos recherches. Quant aux deux premières' ( la langue d'oc et la langue d'oil ) , nous pensons qu'on n'a guère pu assigner la date d'origine de chacune d'elles que par la tradition et surtout par quelques monumens dont on aura plutôt conservé le souvenir que des fragmens. Nous n'entendons parler ici que de l'époque très-reculée des ix* et x° siècles. C'est dans ces deux siècles que l'injonction faite en 813 par le concile de Tours aux évêques de faire traduire le texte latin des homélies et autres livres pieux , en romane rustique et en théotisque , a dû avoir son effet. Il restait sans doute plusieurs de ces antiques traductions en romane rustique , dans quelques coins poudreux des bibliothèques des anciennes abbayes; mais à peine connues avant la révolution , elles auront ^totalement disparu depuis ; car les traductions des Vies
des Saints, du Livre des Rois, des Dialogues de saint Grégoire , etc. , dont parle l'abbé Lebeuf dans ses Dissertations sur l'histoire ecclésiastiqtie , p. 38 , ne remontent pas au-delà du xi' siècle. Il en est autrement pour les traductions en théotisque ; M. Gley nous en a conservé d'assez nombreux fragmens dans son traité intitulé : Langue et Littérature des anciens Francs, Paris, Michaud , 1814, in-8'*. Voy. pp. 89-262. Pour donner une idée de ce théotisque , nous allons rapporter Toraison BOMimcALE traduite dans cette langue , telle que les Francs la récitaient au Tiii' siècle , et telle sans doute qu'elle était encore en usage à la cour de Charlemagne Cette pièce est tirée d'un manuscrit de la bibliothèque de Munich , qui est du x" siècle, et a été insérée par M. Docen , dans ses Miscelles , Munich , tom.. ii , p. 288. Nous plaçons la traduction française littérale à côté :
Fater unser du pisi in himi- Père notre, ta es dans cieax. lum.
Kauuiait si namo din. Sanctifié soit nom tien,
Piqhueme rihhi din. Que vienne royaume tien.
Uuesa din uuillo, satna so Soit tienne volonté , ainsi
in himile ist, sama in erdu, comme dans le ciel est , ainsi
sur la terre.
Philipi unsraz emizzigan kip Manne notre quotidienne ,
utis noga uuanc na, donne-nous.
£nii flaz uns unszo sculdi, Et pardonne-nous nos pé-
satna so uuir flazzames unsrem chés, ainsi comme nous par-
scolom. donnons à nos débiteurs.
Enti ni princ unsih in incho- Et ne conduis-nous en tenta-
runka, tion.
Uzzan kaneri unsih fana al- Mais délivre-nous de touk
len sunton, péchés.
Ce qui est à remarquer, c'est que ce théotisque , dont on faisait encore usage à la cour dans le neu vièaie siècle , s'appelait parler français, et c'est celui qu'on parle maintenant en Allemagne ; tandis que la langue vulgaire parlée par le peuple dans le même siècle , s'appelait parler roman, et cette langue est actuellement notre français. Au reste, comme nous l'avons déjà dit, il y avait deux romanes : la romane rustique qui était le langage du peuple, et la romane simple ou romaine qui était celui de la société plus relevée , et qui se rapprochait davantage du latin.
Nous avons vu dans le tableau ci-dessus , relatif aux dates, que la formation de la langue doc a précédé d'une quarantaine d'années celle de la langue doil; d'autres pensent qu'elle l'a précédée de plus d'un siècle. Alors il est naturel de penser que les premières productions littéraires des troubadours ont dû servir sinon de modèle , du moins de véhicule aux trouvères. Nous disons de véhicule et non de modèle , car, dans le principe , les poésies des troubadours et celles des trouvères ont présenté chacune un caractère, un genre différent. Dans le Midi , où l'imagiûation est vive , passionnée , le genre fut d'abord presque tout lyrique , c'est-à-dire consacré à la chanson et à la poésie légère. Dans le Nord , où l'imagination est plus froide , plus réfléchie , le genre fut ordinairement épique ou de narration.^
Mais les deux langues n'ont pas eu le même sort. Après trois siècles d'existence , celle des troubadours , loin de faire des progrès , s'est corrompue de nouveau ,
sqit par suite d'événemens malheureux, soit par la faute des jongleurs et conteurs dégénérés qui l'onl avilie; puis elle s'est éteinte ou plutôt perdue dans ces dialectes vulgaires (1), dans ces patois méridionaux qui subsistent encore (2). Au contraire, la
(1) Il est certain que par la suite des temps, si nous descendons jusqu'au XTi" siècle ^ nous trouvons la Provence bien déchue de son ancienne splendeur littéraire et chevaleresque. Depuis longtemps les troubadours avaient cessé, et les jongleurs, qui les avaient d*abord secondés, étaient tombés dans le mépris. Gui Patin, qui appelle la Provence la Peiiie Bar^ barie, prête ^ d'Urfé cet inci?il propos : « Les peuples sont « dans ce pays-là riches de peu de biens , glorieux de peu *i d*honneur, et savans de peu de science. » Mais il faut bien se garder dé prendre au pied de la lettre les citations hasardées du tiès-original , très-satirique et très-passionné Gui Patin, (f^. Paiinianaf p* 21.) D'ailleurs tout a bien changé dès-lors.
(2) M. Champollion-Figeac les regarde comme d'anciens débris de la Bomana-Bustica , parlée dans les beaux temps de Rome mais ayant subi des modifications plus ou moins considérables.
Ces dialectes , selon lui , seraieut au nombre de sept qu'il établit ainsi qu'il suit ;
1® Le languedocien y qui est doux et agréable; il se parle dans onze départemens : le Gard , l'Hérault , une partie des Pyrénées-Orientales , l'Aude, l'Arriège, I9 Haute-Garonne, le Lotet-Garonne, le Tarn, l'Aveyrpn, le Lot, Tarn-et-Garonne.
â** Le pvQvençal , qui est vif et âpre ; il est en usage dans six départemens: la Drome, Vaucluse, Bouches-du-Rhone , Hautes-Âlpes , Basses-^lpeSi le Var,(et en Italie le comté de Nice).
d° Le dauphinois y monotone et traînant comme le lyon-
langue des trouvères, plus favorisée que celle des troubadours , soit par sa propre essence , soit par les circonstances , s'est perfectionnée peu-à-peu et est devenue le français actuel , laissant au bas peuple -les dialectes vulgaires ou patois septentrionaux (1).
nais , dont il participe ainsi que du savoisien et du provençal ; on le parle dans Tlsère.
4® Le lyonnais , parle dans trois départemens , le Rhône , TAin et partie de Saôoe-et- Loire»
5** Vauvergnat^ offrant des sons durs et désagréables; il est usité dans sept départemens, l'Allier, la Loire, la Haute-Loire, rArdêche, la Lozère, le Puy-de-Dôme et le Cantal.
6** Le litnousin, moins harmonieux que le languedocien, et qui est parlé dans dix départemens : la Corrèze, la Haute- Vienne , la Creuse , l'Indre , le Cher, la Vienne , la Dordogne , la Charente, la Charente Inférieure et partie d'Indre-et-Loire.
7** Le gascon, traînant et criard, en usage dans cinq dépar* temens, là Gironde, les Landes, les Hautes-Pyrénées, les Basses-Pyrénées et le Gers.
(1) M. Champollion-Figeac divise ces dialectes en quatre principaux, savoir, le picard, le flamand, le normand, et le wallon ou rouchi, parlés dans la Picardie, la Flandre ftançaise et néerlandaise, la Normand ie et dans les provinces néer* landaises de Namur et de Liège; puis il y ajoute d'autres dialectes tenant toujours au nord de la Loire , et qui ne sont point compris dans les quatre précédens : ce sont le français vul" gaire^ le breton français, le champenois, le lorrain, le bour^ guignon, le franc-comtois, Vorléanais, Vangecin et le manceau, parlés dans les différentes provinces qu'indiquent ces noms , telles que l'Iic-de-France , une partie de la Bretagne , la Champagne, la Lorraine, la Bourgogne, etc., etc.
Nous ferons ici une observation générale sur les patois tant
Pour donner quelque idée des élémens de ces deux langues , nous avons essayé de dresser un petit tableau présentant , par colonnes , une série de quelques mots tirés de ces mêmes langues et de leurs principaux dialectes. Ce tableau est naturellement divisé en deux parties :
du midi que du nord: c'est que tous possèdent des ouvrages modernes de difierens genres en prose et en vers, et quelques-uns même ont des grammaires et des dictionnaires. Ce serait une bibliographie assez curieuse que celle qui offrirait la liste raisonnée de tous les ouvrages en dialectes vulgaires ou patois. Nous pensons qu'elle serait d'autant plus utile qu'elle conserverait la mémoire de ces dialectes populaires , qui, depuis la révolution, se sont singulièrement affaiblis dans les provinces, et finiront par disparaître. M. (>berlin a déjà publié un Essai sur le patois lorrain, Strasbourg, 1775, pet. tn-S® de â87 pag. — M. Champollion-Figeac est auteur de nouvelles Recherches sur les patois ou idiomes vulgaires de France, Paris, 1809, m-12de201 pag. —M. Fallot a donné des i?echerches sur le patois de Franche-Comté, de Lorraine et d'M* sace, Monlbéliard, 1828, t'n-lâ de 150 pag. — M. Coquebert de Montbret a publié des Mélanges sur les langues , dialectes et patois, renfermant entre autres la collection de la parabole de /'EiiFAiiT PRODiGUK, 61» ccnt idiômes différens, presque tous de France, Paris, 1831, tn-8** de 571 pag. Ces paraboles sont tirées de la collection des Mémoires des antiquaires de France , t. yi, 1824, pp. 482-545. Cette collection renferme une infinité d'articles sur Içs patois, fournis par des savans, entre autres par MM. Monnier, Richard, etc. ^— Nous ne tarderons pas à mettre sous presse une Bibliothèque idio-bourguignone , contenant la liste raisonnée de tous les ouvrages qui ont paru en patois bourguignon. Cet ouvrage est terminé.
La première comprend, sous le titre de langue DFs TRouBADQuiis : 1 Ma romaoe dont ils faisaient u^ge , puis ses dialectes , savoir : 2° le languedocien de Castres (Tarn); 3* le provençal de Briançon; 4* le dauphinois de la vallée de la Drôme ; et 5** le limousin.
La seconde partie , la langue des trouvères , renferme : 1 " lancien roman wallon ; 2** le flamand des environs de Lille ; et 3** le lorrain du comté de Vaudemont. Mais les mots compris dans ces huit colonnes ont une origine commune , du moins en grande partie , et cette origine est la langue latine ; il a' donc fallu placer dans la première colonne les mots de cette langue qui leur correspondent ; et comme les mots des huit colonnes ne sont que diverses nuances par lesquelles ont passé pendant tant de siècles ces deux langues pour parvenir au français actuel, nous les avons fait suivre également d'une colonne consacrée à cette dernière langue; ainsi le latin et le français (dont les colonnes sont dans le tableau ci-joint en capitales), forment les deux extrémités de celte ligue ou chaîne glossologique, dont les anneaux intermédiaires sont plus ou moins empreints de la rouiUe des siècles, tout en conservant cependant quelque chose de leur type primitif.
Ce petit vocabulaire est composé de vingt-sept mots , dont vingt-six empruntés à TAtlas ethnographique de M. Balbi , n'occupent dans cet atlas que huit lignes sur cent vingt-deux qui y forment le tableau polyglotte des langues européennes (n" xxxvni ,
sur une seule feuille in piano) ] mais , pour rendre plus sensible le rapport de ces vingt-sept mois avec le latin et le français actuel , nous avons été obligé de changer entièrement l'ordre établi par M. Baibi; dans son tableau , ses vingt-$ix jDOts $ont rangés sur une ligne horizontale, landisque les vingt-sept nôtres sont placés verticalement. Quelques additions et quelques rectifications , relatives à l'accentuation et à l'orthographe de certains mots , nous ont aussi paru nécessaires; au reste , le travail de M. BaIbi est immense , et de légères fautes typographiques sont bien excusables dans des tableaux aussi considérables, aussi compliqués, et exécutés en caractères aussi menus (1). Nous avons pensé que notre petit
(1] Cet Atlas, fruit de recherches aussi consciencieuses qu'éteodues,. reaferme quarante-uo grands tableaux iti'foL, dont les 86 premiers sont purement ethnographiques , et les derniers sont polyglottes. Ces cinq derniers (xxxvn-XLi) imprimes par colonnes dans toute Tétendue de la feuille in j^/ano, contiennent chacun un vocabulaire polyglotte des langues en usage dans chacune des cinq parties du globe, savoir : TAsie, l'Europe, l'Afrique, TOcéanie et TAmériquç. Chaque vocabulaire est divisé en 28 colonnes. La première de ces coloqnes , k gauche, offre du haut en bas, la nopaenclature des langues dont il est question dans le tableau ; la secondç indique la langue dont Torthogr^phe a été adoptée pour rendrç les mots; et les vingt six autres cplonnes ont en tête les vingt-six mots adoptés par l'auteur , et sous chacqn d'eux est la série de ces mots rendus dans chaque langue, sur une ligne horizontale correspondante â la nomeqclalure qui forme la première colonne.
Dans ces cinq grands vocabulaires polyglottes, les langues
vocabulaire synoptique , ainsi rédigé , termineroit convenablement l'essai sur Torigine de la langue française , servant d'introduction au Recueil des monumens de cette langue. Passons maintenant à ce Recueil; quoiqu'il soit le principal objet de nos recherches , les limites de cet opuscule ne nous permettent d'en donner ici qu'un très-léger aperçu.
seules sont numérotées; les dialectes qui suivent chaque langue
ne te sont pas. (Voy. i**" colonne).
Voici Tordre dans lequel sont placés ces vocabulaires ; nous y
ajoutons le nombre de langues que chacun d^eux renferme. 1** (Tab. xxxvii), vocabulaire des langues asiatiques
au nombre de 1 88
2** (Tab. xxxviii) , vocabulaiie des langues européennes 48
S** (Tab. XXXIX ), vocabulaire des langues africaines • 118 V ( Tab. XL ) , vocabulaire des langues océaniennes • • 117 5° (Tab. xli), vocabulaire des langues américaines . • •424
Total. .... 860
Quant aux dialectes qui sont nommés )k la suite de chaque
langue, mais qui ne sont pas numérotés, M. Balbi en porte le
nombre ^ plus de cinq mille; ce qui ferait en tout plus de
5860 tant langues que dialectes.
Que diront donc les critiques de M. Fred. Adelung, qui se sont tant récriés sur le nombre de 8,064 auquel ce savant a porté les langues et dialectes connus , dans son Uebersicht aller bekannten sprachen und ihrer dialekte (Aperçu de tontes les langues connues et de leurs dialectes) i Saint- Pétera^ bourg et Berlin^ 1820, tn-8** c^e iS^ pag.? Cet opuscule a été traduit en italien par Fr. Chérubini, avec des remarques sur les dialectes italiens , il/t'/an^ 1824^ tn-8^ M. Adelung n'a adopté que quatre grandes divisions qu'il établit ainsi pour les langues
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