I. Luc, V
Le mySîère de l* Église 61
" de même que, pour les chtétiens juifs, l'avenir du Christianisme ne faisait qu'un avec celui de leur peuple, de même, pour les chrétiens romains, il ne faisait qu'un avec celui de l'Empire... Identifiée avec lui, l'Église chrétienne semblait l'être, par le fait même, avec toute l'humanité. Elle avait atteint son idéal, eUe n'avait plus rien à demander à l'avenir, et toute son ambition devait être de conserver l'éternel présent... Mais l'Église eut le regard plus ferme et l'esprit plus calme; elle ne désespéra pas de l'Humanité. Elle ne crut pas que tout était perdu parce que Rome était condamnée. Elle envisagea dans son ensemble le gigantesque mouvement dont elle était témoin, et elle y découvrit l'enfantement d'un monde encore inconnu. Elle pressentit la nouveauté subUme qui n'eût pu être alors exprimée que par un accouplement monstrueux de mots : la " civilisationbarbare ", c'eSt-à-dire xine civilisation qui pourrait se passer de Rome et qui devait aller plus loin que Rome. Et sans crainte, avec la conscience de sa mission éternelle... elle prit la la dire<5tion de l'avenir ^ ".