I. LA RÉPONSE DES INCROYANTS
Ce n'e§t pas l'Église, affirment les incroyants. Et pour une raison très simple : c'e§t que l'Église va mourir.
DÉCLIN DE l'Église.
Ils sont assez visibles, disent-ils, les signes de son agonie ! Prend-on le plan des effeétifs ?
Le genre humain s'accroît; l'ÉgUse décroît.
Toujours minoritaire, elle comptait, du moins jusqu'ici, des sociétés massives de fidèles.
Aujourd'hui, ce qu'elle nomme elle-même " l'apostasie des masses " accuse sa faillite. Par mille fissures, elle s'effrite et voit l'un après l'autre des peuples entiers se détacher d'elle. Sa décadence, insi§te-t-on, e§t encore plus sensible dans le domaine de son influence, de son prestige et de ses amitiés. Jadis maîtresse de la culture, dont sa théologie lui conférait le monopole, ou du Pouvoir qu'elle s'assurait en entretenant l'ignorance des foules, elle n'est plus, maintenant, que l'ombre d'ellemême. Divisée en fraétions rivales, décriée par ses propres fils, elle paye à leurs yeux le prix de son infidélité à ses origines, et, aux yeux du monde, la rançon d'un archaïsme congénital. Elle n'a plus l'audience des hommes.
Finalement, demande-t-on, que lui reSte-t-il ? Ce qu'elle a toujours soutenu : une " classe " naguère " dirigeante ", une Économie Ubérale
Qui fera V unité du monde? 17
avec qui elle s'identifiait. Liée au régime capitaUéte, elle sombte avec lui. L'Église dispataît avec le monde qui meurt.