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DETACHEMENT DES MASSES

Si on le considère surtout en France, le fait religieux apparaît comme toujours présent et vivant. Mais, de plus en plus diSlindement, il rencontre une masse de réalités en quelque sorte extérieures à la réalité religieuse et qui la mettent

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en question de toutes manières. De proche en proche, Faâion des élites antichrétiennes s'eSt étendue ; elle a donné naissance à un monde construit en dehors de l'Église, au sein duquel, par un processus quasi automatique, des masses humaines de plus en plus importantes se sont détachées de la religion. Partiellement même elles ont cru bien faire en le faisant, trouvant dans le monde moderne et son esprit les éléments d'une sorte de justification apparente. Ces masses, profondément déchristianisées, gardent sans doute dans leur conscience bien des exigences chrétiennes, de justice, de charité fraternelle; mais elles ne cherchent plus dans l'Église de quoi alimenter leur vie. Elles s'en détournent au contraire pour essayer de satisfaire, dans des mystiques athées, à la fois leur appétit de jouissance et leur besoin de générosité. Parmi cette masse sans Dieu qu'on a appelée " prenne " et qui a pu faire nommer la France un " Pays de mission ", on discerne une communauté chrétienne, qui comporte bien des degrés. A côté de farmlles ferventes, peuplées, animées de l'esprit de sacrifice et du sens du devoir, et riches en vocations religieuses, vit une frange, importante en nombre, de chrétiens

baptisés et non pratiquants, mais qui se rattachent encore à l'Église par quelques faits marquants de leur existence : baptême, première communion, etc. On y voit aussi les " chrétiens saisonniers ", irréguliers dans leur pratique, et les chrétiens de " milieu paroissial " qui forment, avec les sympathisants, cette " réserve " de ** forces morales " à laquelle on sait faire appel aux heures difficiles.

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