I. Cf. Desqueyrat, 0, c, p. 14, sq
jL^ mystère de l'Église 71
Dieu n'avait pas place. Deux siècles ont passé : ces doftrines, grossies de tout le courant matérialiste du XIX® siècle, ont gagné les foules.
... ET l'Église enseignante.
En revanche jamais, peut-être, l'action des Papes ne s'eSt fait sentir d'une manière aussi utiiverselle que depuis cinquante ans. L'Église n'a pas oublié sa mission essentielle d'enseigner : " Allez, enseignez toutes les nations... ^. " " De par la volonté de Dieu et en vertu d'une mission reçue du Christ... gardienne de l'ordre naturel et surnaturel ", l'Église n'a pas manqué " de rappeler bien haut devant ses fils et en présence de l'univers entier, les principes inébranlables dont doit s'inspirer la vie humaine... ^ ". Ce désir de se faire entendre d'un monde moderne, avant tout préoccupé de son organisation tem.porelle, ne lui fait cependant pas perdre de vue que le Royaume de Dieu doit être annoncé par-dessus tout. L'histoire récente montre que parmi les fidèles, ceux qui ont le mieux su
I. Matth., XXVIII, 19. — 2. Pie XII, Message de Noël, 1942, no 3.
Essor ou déclin de l'Église yz
répondre à l'appel de leur époque sont ceux-là mêmes qui se sont montrés les plus empressés à recueillir la parole du Vicaire de Jésus-Christ. La voix des Papes a dépassé largement le cercle des baptisés : Léon XIII donne à l'Église une voie nouvelle pour un enseignement social conforme à l'Evangile; Pie XI impose son refus implacable aux nationalismes fermés ou aux menées des États totalitaires; Pie XII invite l'humanité tout entière à s'associer aux efforts de l'Église pour délivrer la personne humaine menacée dans son être et dans la famille, qui e§t son extension normale.
LA voix DES PAPES ET DE l'ÉPISCOPAT.
L'enseignement de l'ÉgUse, à l'heure aéhielle, peut se référer à la triple mission qu'ont rappelée sans cesse les Adtes du Saint-Siège ou les déclarations de l'Épiscopat.
Gomme représentants de la Charité du Christ, la Papauté et l'Épiscopat n'ont cessé d'élever la voix pour s'appliquer à sauver la paix* en
I. On se souvient des paroles du Souverain Pontife au dernier Consistoire où l'universalité de i*Église apparaissait si bien en la personne des nouveaux cardi-
Le mjBère de l'Église 75
prévenant la guerre civile ou étrangère; et, en cas de conflit, à empêcher, dans la mesure du possible, toute aggravation des adirés d'hostilité ; à rendre plus humain le sort des humbles, etc.
Comme représentants de la JuHice^ ils se sont efforcés, au milieu du désarroi, d'éclairer les consciences sur les moyens colleétifs et individuels qui s'imposent pour fonder la société jEiiture sur les principes moraux sans lesquels elle n'est pas viable.
Enfin, comme représentants de la Grâce surnaturelle du Chriât, ils rappellent inlassablement, par-delà les exigences humaines, morales.
nairs issus de nationalités si différentes : '* UÊglùe catholique dont Rome e§t le centre eSi supra-nattonaîe par son essence même. Ceci s'entend en deux sens, l'un négatif et l'autre positif. L'Église e§t une Mère, San^a Mater Ecclesîa^ une vraie mère, la mère de toutes les nations et de tous les peuples, non moins que de tous les individus; et précisément parce qu'elle e§t mère, elle n'appartient pas et elle ne peut pas appartenir... exclusivement à tel ou tel peuple, ni même à un peuple plus qu'à un autre, mais à tous également. Et pour la même raison également ** elle n*e§t ni ne peut être une étrangère en aucun endroit. Elle vit, ou du moins par sa nature elle doit vivre dans tous les peuples. " Allocution au Sacré Collège, 24 décembre 1945, commentant la nomination de trentedeux nouveaux cardinaux.)
sociales et politiques, le myélère chrétien et sa surnaturelle transcendance.
On ne peut considérer dans leur ensemble les aétes du Magistère — Pape et Évêques du monde entier — sans admirer une unité et une fidélité de doârine qui n'ont d'égale que son aéhialité. Si l'on ajoute à cette aâion doârrinale les services sans nombre — secours matériels, contribution culturelle, etc. — rendus par la hiérarchie catholique au bien commun comme aux individus, à la famille comme à la profession ou à l'État, on e^ autorisé à y voir un signe de la vitalité d'une Église si manifestement enseignée et gouvernée par le Christ.
BNFRANCE.