DANS LA PENSÉE
S'agit-il du domaine de la pensée ? La place tenue par les catholiques dans la vie scientifique, littéraire et philosophique, montre assez combien les incompatibilités que l'on s'était plu à proclamer entre la science et la foi étaient mal fondées. Il y a cinquante ans, cette réussite catholique n'apparaissait que chez certaines personnalités brillantes, dont les noms étaient d'autant plus mis en lumière qu'ils étaient plus rares ^. Aujourd'hui, c'e§tun va§le mouvement
I. L'ascension des classes ouvrières aux responsabilités sociales et politiques, qui constitue un des faits majeurs de notre société moderne, s'eSt doublée, depuis un siècle, d'un goût de la recherche et de la création intelleâueUes auquel la philosophie et la science contemporaine donnèrent une allure révolutionnaire et souvent antireligieuse. L'une des habiletés et des forces du marxisme a été de prétendre associer le culte de la recherche à la poussée révolutionnaire de revendications sociales, " le matérialisme historique " se présentant non seulement comme le libérateur des classes opprimées mais comme le système philosophique dont la vision du
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d'ensemble qui s'afcme et qui se ptépate : les intelleâ^iels chtéticns sont pattout ^. On les trouve dans les Facultés, les Académies, les Sociétés scientifiques, les Centres de recherche. Non seulement ils ne craignent pas d'y affirmer leur foi, mais tous, — chercheurs modestes ou savants de réputation mondiale — témoignent,
monde permet à rhonune moderne de trouver réponse à ses exigences intellectuelles. Cette confusion fut grandement facilitée par la place, restreinte il faut le reconnaître, qu'occupaient les penseurs catholiques depuis plus d'un demi-siècle, et que ne purent compenser le génie d'un Lapparent, d'un Branly, d'un Termier, etc.
I. " C'e§t un fait que cette renaissance catholique dans les Lettres existe, qu'elle e§t chez nous sans précédent et qu'elle se prolonge sans que rien en laisse entrevoir une interruption ou un arrêt prochains. Le divorce entre l'art et la foi e§t, chez les catholiques, de moins en mioins admis. L'attitude d'un Montaigne, catholique dans sa vie, païen dans son œuvre, bien peu oseraient la prendre aujourd'hui. Être chrétien, pour nous, c'eSl tendre à ** informer " toute notre vie de Christianisme. En outre, l'écrivain catholique n'eSt plus, comme au temps de Barbey d'Aurevilly ou de Bloy, un isolé farouche. Nous n'aurons jamais assez de gratitude à l'égard de ces devanciers illustres qui luttèrent seuls, qui furent presque seuls les témoins de Dieu à une époque matériasliSte et païenne. Mais de nos jours, la littérature catholique a conqms sa place dans la Cité. Nos écrivains sont partout. Et le ton des livres chétiens, sans avoir rien perdu de sa fierté légitime, a quelque peu changé. " (L. Chaigne, Anthologie dt la Kettaissance catholique, t. II, P-5.)
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par leur valeur technique et leur loyauté dans la recherche, de la parfaite harmonie de leur vocation de penseurs et de leur vocation de chrétiens. Ils s'appliquent surtout — et cet effort " positif " eSt une vraie nouveauté — à montrer que les problèmes posés à la conscience contemporaine trouvent dans le Catholicisme leur réponse plénière. Leurs investigations méthodiques portent sur tous les domaines :
aussi bien Sociologie, Histoire et Psychologie que Sciences exaâes. Par son ampleur numérique comme par sa qualité, cette renaissance intellectuelle constitue à la fois le plus indiscutable témoignage de la vitalité présente de l'Église et l'une de ses plus belles promesses pour demain.