SUR LE PLAN SPIRITUEL
Cet essor se manifeste, parallèlement, dans la vie religieuse elle-même. La spiritualité s'eSt en même temps répandue et approfondie. Ce progrès se manifeste par des conversions — souvent éclatantes — qui intriguent et impressionnent les incroyants. Mais aussi, par des
exigences de plus en plus affirmées à Tégard de la vie chrétienne : retour aux grands "dogmes générateurs de la piété '*; pratique religieuse accrue et axée sur la liturgie. Celle-ci a suscité — et provoque encore tous les jours — des curiosités, des enquêtes, et des controverses passionnées. La vie mystique elle-même, et la plus authentique, attire et retient des âmes de plus en plus nombreuses. Le succès étonnant du Livre catholique — Écrits spirituels. Hagiographie — en serait à lui seul un indice.
Mais la vie en fournit un autre — combien plus valable : dans Tordre de la sainteté. Car s'il est vrai que jamais, sans doute, les foules n'ont été aussi éloignées de Dieu, jamais, non plus peut-être, nous n'avons connu tant de saints. La simple liste de ceux que l'Église a béatifiés ou canonisés depuis le début de ce siècle suffirait à lui mériter son vocable : le siècle des Saints. Mais combien d'autres ont donné leur vie, tous les jours ou en une fois, pour le Christ et son Église ! La guerre et la déportation ont eu leurs héros et leurs martyrs. La vie quotidienne nous fait admirer des vertus d'autant plus sublimes qu'elles sont plus humbles et plus cachées. Vocations d'apôtres et de millitants
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laïcs, vocations sacerdotales et religieuses, naissance spontanée d'ordres religieux de Style nouveau, où la spiritualité la plus dépouillée s'unit au souci d'adhérer au présent — autant de signes, encore, d'une efflorescence de vie dans l'Église de ce temps.
DANS l'action.
Cette montée de sève n'eSt pas une " génération spontanée ". On la doit, pour une très large part, à une réalité nouvelle, manifestement suscitée par l'Esprit-Saint pour en faire un instrument apostolique adapté à la pénétration du monde moderne, à savoir l'yidtion Catholique. Pour ne citer que la France, il eSt désormais impossible de faire l'histoire de ces vingt dernières années sans tenir compte du fait nouveau qu'a constitué son origine et son développement. Qu'il suffise ici d'y voir une preuve manifeste du rajeunissement incessant de l'Église. Partie de principes dont les conséquences devaient se révéler incalculables :
en particulier, la participation des laïcs à l'évangélisation du monde, et la restitution aux va-
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leuts humaines de leur orientation éternelle, rAéHon Catholique atteint aujourd'hui toutes les classes de la Société. On se sert ordinairement, pour l'apprécier, de mesures surtout quantitatives. Elles sont déjà révélatrices : dans les milieux ouvriers et ruraux, où ses efFeâdfs sont les plus nombreux, le nombre des militants, adhérents ou influencés, dépasse, pour la J. O. C. et pour la J. A. C, 200 000 pour chaque Mouvement — et plus encore pour les branches féminines. Si Ton considère, derrière ces chiffres, le travail effectué : prise en charge du milieu, réponses réalistes aux problèmes qu'il pose, affirmation fière et accueillante de la foi catholique, on conçoit que l'aâion réeUe déborde largement les zones visibles d'efficacité. Car ce serait une erreur grossière que d'identifier les §lruâ:ures de l'AéHon Catholique avec sa Mystique; son " corps " avec sa " vie ", et de confondre " organisation " avec" mouvement ". Ce dernier mot — malheureusement affadi par l'usage — dit pourtant assez que l'Aétion Catholique n'eSt pas " quelque chose de fait " mais " quelque chose qui se fait ". Elle eSt in via. Sans cesse elle révise ses méthodes, confronte ses résultats, interroge l'avenir. Qu'elle con-
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naisse des moments d'artêt et des fermentations imprévues, cela e§t normal, et c'eSt même rassurant : on reconnaît là les signes de la vie. L'Aâion Catholique a vingt ans : il eSt légitime qu'elle traverse sa " crise de croissance " pour accéder au Stade de la vie adulte.
A chaque moment, les germes que tant de prières, de réflexions et d'efforts convergents ont déposés en elle, prennent racine et se développent. Le devenir ultérieur de cette croissance n'eét pas toujours prévisible. La garantie de sa sécurité réside dans le souci qu'a TAétion Catholique de se dépasser elle-même — en rêvant fidèle à ses principes essentiels — et dans son esprit de loyale et filiale confiance à l'égard de la hiérarchie.