‹ Essor ou déclin de l'Eglise [microform]Chapitre 43 sur 85 · I. I Thess., V · texte numérisé non relu

I. I Thess., V

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e§t la seule voie efficace pour l'Église, en face du mal. Céder ou se résigner perpétuellement aux calomnies et aux injustices, c'eft oublier la " violence " du Chri§t à l'égard des Pharisiens. Il faut vaÎQcre le monde avec ses propres armes, au lieu de composer avec Im, pour s'y perdre, sans résultats.

Ici encore, l'Église nous rappelle son mystère. Il e§t vrai qu'elle e§t " liée à l'Éternel ", par une alliance qui n'est pas de ce monde; il eât vrai qu'elle eét la " Jérusalem sans tache " qui ne paéHse pas avec Samarie. Mais ce n'eSl pas parce qu'elle eét divine qu'elle doit s'opposer au monde. Sa transcendance n'eSt pas de cet ordre. Ce n'eSt pas parce qu'elle constitue le peuple élu qu'elle doit se durcir et s'opposer à ceux qui errent encore, loin du bercail, " dans les ténèbres et l'ombre de la mort ". L'Église n'eât pas un parti, et les Chrétiens ne sont pas des partisans. Elle ne gagnera pas le monde ens'opposantàlui, bloc contre bloc. Sans doute, toute erreur appelle une réfutation et toute injustice un recours. Il e§t certaiaes violations des droits imprescriptibles de Dieu et de la Morale contre lesquelles l'Église s'eSt élevée et s'élèvera toujours avec la dernière énergie. Elle sait opposer à la force

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triomphante la protestation indignée de la conscience — s'il le faut jusqu'à l'eflusion de son sang. Sur les principes, l'Église ne cède pas. Elle ne se départit jamais de son intransigeance sacrée. Mais sur le plan des méthodes, va-t-elle pour autant prendre à son compte les façons de faire de ses adversaires ? Va-t-elle, pour ne pas pactiser avec leurs erreurs, essayer, d'autorité, de leur imposer sa Vérité et sa Foi ?

L'higloire ne montre-t-elle pas, au contraire, que les procédés d'enrôlement et de " choc " psychologique empruntés à l'appui du '' bras séculier " ou aux propagandes de facture humaine, se révèlent aussi inefficaces qu'irrespectueux de la liberté évangélique? On voit où conduirait la méconnaissance de l'aspeéè " incarné " de l'Église, de son insertion vitale dans le temps : à l'erreur qu'on voulait éviter. Parce qu'on se refuse au monde, on le combat ;mais pour le combattre on prend ses propres armes. L'excès engendre ainsi son contraire; et la ** négation " du monde aboutit finalement à toutes les vicissitudes d'un '* chri^anisme taéHque ".

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INTÉGRISME MORAL

Cette erreur se rencontre, enfin, chez une dernière famille de chrétiens, qu'on pourrait — selon qu'ils mettent l'accent sur l'inutilité du monde, ou sur sa nocivité — appeler les Quiéti^les et les Janséniéles. La vie terrestre importe peu, disent les premiers, en regard de la cité éternelle. Dès lors, à quoi bon, pour l'Église, se préoccuper de ce monde ? L'aéHon eêt inutile. Dieu pourvoit à la pérennité de son Église. Stru6hires et adaptations doivent céder le pas à la confiance en Dieu et à la prière : le surnaturel sait bien se passer des moyens naturels. Il en va de même de l'Église.

Non seulement elle peut s'en passer; mais elle y e§t bien obligée, insistent les partisans de " la rupture " : au nom même de sa transcendance. Ce monde eât mauvais. Imperméable à la grâce, il l'eSt aussi à l'Église. L'essor de celle-ci ne doit donc pas être cherché par voie " d'immanence ", — en s'incarnant dans les civilisations temporelles. — La" dialeéHque " de la technique et de l'histoire n'admet pas de " révolution ". C'ea un système clos, et fatal. Le monde et le

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ChfiSlianismc sont deux plans diffétcnts — qui appellent un " divorce " et non une réconciliation. Le devoir des croyants, ce n'e§t pas d'agir sur les événements, mais d'être simplement, dans leur vie privée, de vrais disciples du Chri^. Le chrétien qu'attend l'Église, ce n'eSt pas le " chrétien con^antinien ", mais le " chrétien de l'Apocalyspe et de la Parousie ".

E§t-il besoin de souligner ici — sans parler des réserves qui s'imposent relativement à cette conception du monde et de la grâce — le présupposé sur lequel elle s'appuie ? De l'Église, elle n'a, encore une fois, retenu que sa transcendance, mais au détriment de son " adhialité " temporelle^. C'eSt cet oubli qui confère aux

I. Saint Augustin, avait bien senti le problème, et proposé la route à suivre : ** La Cité céleste, ou plutôt la portion de cette Cité qui accomplit encore le voyage de la vie mortelle a aussi besoin d'user de cette paix (de cet ordre humain)... Aussi tant qu'au sein de la cité terrestre elle vit captive et passe le temps de son exil soutenue par la promesse de sa rédemption... elle n'hésite pas à obéir aux lois de la cité terrestre, d'après lesquelles s'administre tout ce qui eSC approprié au soutien de cette vie mortelle : et puisque la mortalité est commune à l'une et à l'autre société, elle veut, dans ce qui a rapport aux intérêts présents, conserver la bonne harmonie entre elle et la cité terrestre, " (Saint Augustin, Cité de Dieu, livre XIX, ch. 17.)

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ttois fottnes de l'Intégrisme leur " irréalisme " commun. C'e§t cette mutilation arbitraire qui appelle — comme son erreur symétrique : le modernisme — un complément et une conciliation supérieurs .

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