‹ Estampes et livres, 1872-1892Chapitre 108 sur 121 · Livre très curieux et important comme illustrations en chromotypie · texte numérisé non relu

Livre très curieux et important comme illustrations en chromotypie

Reliure de Marius Michel en cuir ciselé, avec panneau

décoratif rappelant les motifs qui illustrent le livre : — médaillons des fils Aymon, armes, etc. — Dans un étui.

347. ŒUVRES DE FRANÇOIS GOPPÊE, poésies. Leinerre, 1883, in-4 ; illustrations dessinées et gravées à l’eau-forte par Boilvin.

Exemplaire en grand papier What.man.

11 contient une double suite des ligures terminées, sur Whatman et sur Japon.

Et de ])lus la suite des premiers états inachevés (eaux-fortes), en épreuves de graveur, c’est-à-dire : chaque ]ilanche jiortant une remarque qui a été effacée depuis. Ges eaux-fortes avec remarques sont rares, et n’ont point été mises en vente chez l’éditeur.

Boilvin méritait, par son talent si fin, que l’on mît sur son Coppée une reliure sortant de l’ordinaire.

— Mais, — diront peut-être les amateurs économes, — une belle reliure janséniste, ce serait déjà beaucoup de frais et d’honneur pour un livre tout à fait contemporain...!

— Non ! D’abord les beaux exemj)laires de livres d’aujourd hui valent des reliures dispendieuses tout aussi bien que les livres d’hier ou d’avant-hier. Ensuite je ne veux pas faire de reliures jansénistes, parce que, encore une fois, la reliure janséniste , — en dépit de tout ce qu’en ont pu dire ses fanatiques, — n’est qu’un cartonnage ; supérieur et quintessencié si vous voulez, mais cartonnage. C’est a l’ornementation que commence l’art de la reliure ; LE corps d’ouvrage n’en est que le métier. Nous devrions nous habituer à ne pas prodiguer aux reliures le nom de reliures d’art parce qu’elles sont irréprochables , exquises si vous voulez, comme battage, couture et couvrure : celles-là sont des reliures parfaites, ce qui est bien différent comme ordre d’idées ! Les

décorateurs inconnus des reliures de la Renaissance sont d’admirables artistes ; Boyet n'est i[u’un merveilleux ouvrier.

La reliure que Cüzin a mise sur ce Copi^ée, en maroquin bleu DOUBLÉ de rouge, est un chef-d’œuvre absolu, comme corps d’ouvrage et comme décoration. A l’extérieur, cadre de sept filets vigoureux, formant dans le*s angles une sorte d’escalier d’un heureux effet; aux quatre coins, adjonction d’un motif avec palmettes et dorure pointillée.

Le dos rappelle très heureusement l’ornementation des plats (on sait que c’est une des difficultés du décor des reliures , que de rappeler le plus exactement possible le décor du plat sur chaque compartiment du dos).

A l’intérieur, laissant un milieu ovale vide, une large dentelle de fleurs sur tiges courbes, nettement poussée, et ayant le brillant d’une orfèvrerie. (C’est une des plus fermes dorures de Mercier). Chiffre H B.

Dans un étui à dos orné.

Cette reliure date de 1886; à ce moment Cu/.in était arrivé à la perfection.

Francisque Cuzin, né à Montmerle (Ain) , le 11 septembre 1836, était entré en. apprentissage à l’àge de treize ans chez un petit relieur de Bourg, nommé Tiersot, et dès son début il avait montré pour le métier une aptitude et un goût très particuliers. Son patron lui prédit qu’il deviendrait un relieur de réputation; plus tard, ce Tiersot, venu à Paris pour visiter l’Exposition de 1878, rappela à son élève sa prédiction, alors réalisée.

Cuzin pas.sa chez divers relieurs qu’il quitta, trouvant leur travail trop ordinaire; et ne parvenant pas à se placer dans un atelier de reliure d’art, il résolut d’en créer un. 11 s’établit en 1861 , âgé de vingt-cinq ans, et ayant pour toutes ressources, in’a-t-il dit, cent francs d’économies. 11 fait des travaux courants et quelques reliures de luxe. On

devine les difficultés du début! Avec cela une mère, un frère à soutenir : puis un ménage, des enfants! Mais Guzinest courageux, habile, et de plus, très sympathique, avec beaucoup de lionne grâce personnelle. Les clients lui viennent. 11 peut prendre un apprenti (Molinier), qui depuis ne l’a plus quitté et est devenu le corps d'ouvrage de l'atelier. 11 trouve dans MM. Daguin et Paillet des protecteurs qui lui avancent à eux deux environ vingtcinq mille francs, qu’il rembourse peu à peu, tout en se constituant une réserve de cinq mille francs de peaux et de deux mille francs de papiers. La situation s’éclaircit : immédiatement Cuzin prend le parti décisif d’avoir un atelier de dorure chez lui. Jusque-là il faisait dorer au dehors, chez Wampflug, par exemple : dorure convenablement faite, mais rien de plus, et sans cet aspect de métal précieux enfoncé dans le cuir qu’avaient alors les célèbres dorures de Trautz. 11 prend donc un doreur, et le forme à la dorure bien’ enfoncée, solide, brillante, plusieurs fois repassée jusqu’à la perfection. Lorsque Trautz meurt, Guzin est tout porté pour hériter de sa clientèle, aussi bien des Bibliophiles « françois » que des Amis des Livres.

G’était le moment où se produisait la poussée extraordinaire sur les livres à figures du XVllP siècle. Les exemplaires hors ligne de ces livres ne nous avaient pas été transmis tout établis dans des reliures du temps : ce furent les « Bibliophiles de 1875 », au premier rang desquels brillait Eugène Paillet, qui les constituèrent pour la plupart en faisant relier , dans des textes à toutes marges, les épreuves exceptionnelles qu’ils recueillirent, on sait avec quel acharnement.

A nouveaux livres, reliures nouvelles. On se lassa de copier indéfiniment les dentelles du XVI IP, et l’on pensa à imaginer des décors de reliures conçus dans l’esprit du XVIIP siècle, mais inédits.

A Guzin revient l’honneur d’avoir exécuté ce genre de décoration, qu’il commença par l’extérieur àn Pyfpnalion et l’intérieur des Chansons de La Borde de la bibliothèque

Paillet, et qu'il coutinua depuis avec un goût de plus en plus ingénieux (').

Quelques années plus tard , un autre fait capital se produisit dans la bibliophilie. Les livres illustrés du XIX" siècle passaient à l'état d'objets de collection et devaient, jiar suite, recevoir les honneurs de la reliure d'art. Guzin en reçut beaucoup à relier, et avec une grande .satisfaction ; (*)

(*) Je donne ici, eu passant, une liste des reliures en mosaïques exécutées par Guzin , qui m’est communiquée par sa fille : Mademoiselle de Maupin (pour M. Goccoz , 18T6).

Satyre Ménippce (M. Paillet, 1877).

Œuvres de Desportes (M. Morgaud , 1878).

Le Roman de la Rose (Id., 1879 '.

Satires de Régnier (M. Bordes, 1879).

De l'Excellence de l’Homme ( Id. ).

Les Grâces, mosaïque à répétition (M. Paillet).

Maximes de La Rochefoucauld ( Id.).

Le Diable boiteux (M. Masson).

Œuvres de Rabelais (M. Delberg-ue-Cormont).

Un livre de prières de la Renaissance (M. Goccoz , 1880). Mosaïque de Mérimée (M. Jolly-Bavoillot , 1881).

L Arl du serrurier CM. le comte Polotsof, 1885).

Brizeux (M™' la princesse d’Aremberg, 1886).

Le Chevalier au.x Dames (M. Belin, 1887).

Son Altesse la Femme (M. Morgand, 1888).

Un manuscrit du XVI” siècle (M. Robert Hoe, 1888).

La Tribu indienne (M. Franchetti, 1888).

Le dernier Abbé (M. Reveilhac, 1889).

Une Lettre de Christophe Colomb, plaquette (M. Brown, 1889). Daphnis et Chloe de 1718 (M. Paillet).

T ar tarin de Tarascon ( M. Villebœuf , 1890).

Imagines parlium corporis humani (M. Robert Hoe, 1890). Album de Fragonard (M. Greppe, 1890).

Dix reliures mosaïquées , portées au présent catalogue (M. H. Beraldi, 1886-1890).

Soit environ trente-cinq volumes.

au fond, il était un peu écœuré des perpétuelles copies de reliures anciennes ; il avait cet instinct très net que c’est par les créations originales exécutées sur des livres conternjiorains qu'un relieur peut assurer la survie de son nom et se hausser au rang d’artiste. 11 eut l'occasion de développer et de transformer son matériel de fers à dorer. 11 se mit à la composition de décors inédits, avec prudence, avec sagesse, c'est-à-dire en n'acceptant que les dessins susceptibles d’être traduits sur le maroquin avec une exécution sûrement irréprochable. C’est cette perfection de la main-d’œuvre qui distinguait ces reliures XIX® sorties de l’atelier de Cuzin, de beaucoup d'autres, moins fermes de travail quoique souvent très ingénieuses, imaginées par quelques-uns de nos relieurs. En reliure, l’idée ne compte que greffée sur un métier irréprochable. Brillat-Savarin , se fâchant contre un cuisinier, lui disait ; vous êtes un excellent 'potagiste, mais vous ne serez jamais quun fritiirier incertain ! Pour un relieur, il ne suffit pas d’être un ornemaniste inventif, il faut être toujours un main- (V œuvrier certain.

Par modestie et par économie , Cuzin n’avait jamais exposé. Sur mes instances réitérées il se décida à envoyer un choix de ses reliures à l’Exposition Universelle de 1889. Son succès fut éclatant : il y enleva d’emblée la suprême récompense, un des grands-prix. (La reliure d’art française em[)ortait en même temps un autre grand-prix , donné très justement à Marius Michel).

Cuzin arrivait à la ])lus brillante réputation, et en même temi)S à l’aisance matérielle. Son atelier fonctionnait avec régularité sur le jûed de quarante mille francs de recette brute jtar an. La clientèle était nombreuse et sûre : l’attachement des bibliophiles et des libraires tenait en partie à l'amabilité personnelle du relieur, et à sa souplesse. Cuzin était, comme un relieur doit être, à la fois artiste et ouvrier, fier de ses œuvres et docile : il ne prenait pas des airs d’en savoir plus long que le client ; il l’écoutait au contraire avec déférence, en bon ouvrier, et faisait ensuite ses objections, en artiste. La discussion aboutissait tou-

jours à un résultat heureux et pratique. C'était plaisir de combiner une reliure avec lui. Très complaisant et très adroit, il excellait aussi à rendre ces mille petits services mystérieux si précieux au bibliophile : restaurer un coin, consolider une charnière , redonner du brillant à une peau, introduire des gravures dans un livre déjà relié, redorer la tranche en lui conservant un aspect de vieille dorure, etc. (Cuzin était, à ses moments perdus, excellent imitateur : il savait refaire, sur un volume de l'an X, un Bozérian avec sa dorure pointillée; sur un volume de 18.30, un Simier à dos plat et à grains longs; sur un volume de 1840, un Bauzonnet à filets gras et maigres). Chef d’atelier vigilant et bienveillant, il avait formé à ses côtés un petit groupe de collaborateurs habiles , sa fille , Augustine Cuzin, couseuse ; Charles Molinier, relieui-; Noël Jouve, couvreur. Le plus curieux, c'est que lui, qui ne dorait jias, excellait à former des doreurs près de lui. Son fils, Adol])he Cuzin et son gendre, Emile Maylander, étaient devenus en peu de mois des doreurs éméritef^, poussant d'une main ferme et sûre : quant à son principal collaborateur, Emile Mercier, il en avait fait simplement un doreur merveilleux, le plus habile du moment actuel.

Ainsi outillé, il n'y avait qu'à marcher. Cuzin, jeune encore, était plein de force, d'ardeur et de goût, cherchant à toujours mieux faire, rêvant le rajeunissement de la reliure d'art, combinant de nouveaux entrelacs de filets, des guirlandes de fleurs inédites, des mosaïques imprévues. C'est à ce moment de succès complet, où il était marqué pour la croix de la Légion d'Honneur à bref délai, qu'une maladie terrible vint rem|)orter.

Je l'ai beaucou[) apprécié comme artiste, aimé comme homme, et c’est avec une sincère émotion que je consacre ici quelques lignes à sa mémoire.

La disparition de Cuzin est une perte considérable, et d'autant plus qu’elle vient s’ajouter à d’autres pertes subies récemment par la reliure française, et qu’elle survient juste au moment où se produit dans la manière

d’envisager la reliure, une sorte de crise très intéressante; — crise qui n’est d’ailleurs, pour ainsi dire, qu’un fragment de la crise générale dans la manière de considérer l’ensemble de l’art appliqué à l’industrie, — et qui peut se résumer dans cette proposition : lÆS copies ont cessé de plaire !

La caractéristique de l'art industriel depuis quarante ans a été l’habitude de la copie des œuvres des siècles précédents ; meubles, tapisseries, orfèvreries, céramiques, n'étaient plus que des restitutions du XV1% ou du XVll®, ou du XVIII® ; la reliure, depuis Gapé, suivait le mouvement. 11 y avait comme une désespérance de l’imagination créatrice, comme une tentation de mettre le point final à l’histoire de l’art, de dire que tout avait été trouvé et qu'on ne trouverait plus rien.

Aujourd’hui, au contraire, la maladie tire à sa fin, en ce sens qu’il se manifeste un vif besoin de productions originales ; les imitations du passé, quelle que soit la perfection de l'exécution, ne sont plus tenues pour rien. Jœ mouvement est curieux à suivre dans l’ensemble des articles de critique publiés à l’occasion de l'Expo.sition Universelle de 1889 : prenez l’un après l’autre les écrivains autorisés, dans toutes les spécialités, les Havard , les Geoffroy, les Gonse, les Falize, les Gagneau, les Marx, les Uzanne, etc., chez tous vous sentez monter l'horreur de la copie et de l’imitation. Aujourd’hui la plus belle des reliures, copiée sur une reliure de la Renaissance, ne pèse pas un fétu, j)as plus que l’architecture de Sainte-Clotilde à côté de Notre-Dame. On en est saturé : l’attention est en éveil sur autre chose, on veut du neuf.

Il ne manque pas à Paris de relieurs habiles pour en exécuter. Mais pour qu’ils puissent développer leur talent de création et d’exécution, il faut que les bibliophiles leur en fournissent l’occasion.

La reliure n’est pas le fait du relieur seul ; elle naît de la coopération du relieur et de l’amateur. Le relieur est, par malheur, extraordinairement dépendant. A-t-il une idée?

Il faut, pour l'exécuter, qu'il trouve l'arnateur qui lui confiera précisément le volume pour lequel cette idée convient. Mais ce n'est encore rien. Tant qu'il s'agit de projets sur le papier, c'est vite fait. Mais quant à faire passer l'idée sur le volume, le relieur ne le peut que par le dispendieux intermédiaire des petits fers, si coûteux à faire graver, et qui amènent eux-mêmes une dorure si chère !

Il faut donc trouver des bibliophiles assez dévoués à la reliure pour l'encourager, l'aider, pour faire de véritables sacrifices d'argent. Redisons-le , la reliure d'art est une chose essentiellement chère, extraordinairement chère ; vouloir l'obtenir inédite à peu de frais est chimère. Créez un matériel nouveau, et vous aurez des mains pour le mettre en œuvre. Peiresc, il y a deux cents ans, disait la même chose ; « J'ai un relieur si gentil garçon qui se rend

grandement aimable, . il aurait bien courage .... s'il

AVAIT DE BEAUX FEBS ! » Et encore : « Mon relieur qui vault son pesant d'or et qui ferait aussi bien que Le Gascon ou son doreur, s'il avait de petite febs aussi gentils. »

Quoi de plus intéres.sant pour des bibliophiles que d'assurer le renouvellement de notre art de la reliure française ? Ne comptons pas pour cela sur les vénérants, décourageants par essence; mais le rôle est beau à prendre pour les jeunes bibliophiles d'aujourd'hui et de demain !

348. LA CHARTREUSE DE PARME, par Stendhal. Conquet, 1883, 2 vol. iii-8, illustration de Foulquier.

Exemplaire en p.vpier véi.in (préférable pour moi au japon).

Les figures en tirage hors texte , avec leurs eauxfortes sur papier de Chine volant.

Reliure de A. Cuzin, maroquin rouge ancien doublé de fauve, filets.

349. SOUS BOIS, par André Theuriet. Conquet, 1883, in-8; illustrations sur bois par Giacoinelli.

Exemplaire en papier de Chine.

Il contient QUATRE AQUARELLES ORIGINALES DE GIACOMELLI.

Reliure de Guzin , en maroquin feuille morte doublé de vert olive. -leu de filets XIX® à l’extérieur. A l'intérieur, petite guirlande. Chiffre HB.

Double garde volante, en moire verte.

(Un mot d’explication sur le.s gardes volantes. Chacun a remarqué que, après qu’une reliure doublée vient d’être fraîchement exécutée, il se produit un dégrax du maroquin de la doublure sur les papiers ou étoffes de garde contre lesquels le maroquin est en contact, et qui sont bientôt complètement huilés et tachés.

Pour éviter cet accident, les bibliophiles découpent des morceaux de papier blanc et les interposent pendant deux ou trois ans entre les doublures et les gardes.

Ou bien, ils se font livrer par leur relieur, pour cette interposition, des feuilles de papier peigne volantes semblables aux gardes , et qu’ils jettent et remplacent lorsqu’elles sont tachées.

Pour cette garde volante, on peut encore se faire livrer des morceaux de moire d’une couleur appropriée à chaque reliure. On remet ainsi en usage, par un moyen détourné, les gardes en étoffe. Il est certain que le papier peigne est loin de produire toujours un effet élégant ou favorable en face des riches doublures de maroquin ; il est même horrible. Mais c’est une routine, et les bibliophiles s’y cramponnent. Cuzin, malgré son goût pour le nouveau, n’a jamais voulu faire de gardes d’étoffes).

.Je n’ai pas ajouté, dans ce volume où les bois sont tirés sur chine, d’autres épreuves hors texte des mêmes bois. A quoi bon insérer pour rien dans des livres des éléments étrangers qui viennent en altérer la physionomie ? En général, nous poussons un ])eu trop loin maintenant le

goût de l’insertion des épreuves hors texte dans les livres. Suivant le très joli mot d'Henry Houssaye, les livres ont leur architecture , qu’il ne faut pas gâter par des adjonctions inopportunes.

Ces adjonctions se comjirennent quand il s’agit d’épreuves d’une qualité très supérieure aux épreuves du livre ; mais aujourd’hui, avec la galvanoplastie et l’aciérage, les planches sont inusables, et toutes les épreuves, hors texte et dans le texte, se valent !

35Ü. JACQUES LE FATALISTE , par Diderot. Edition de la Société des Amis des Livres, gd. in-8, papier du Japon , 1884 , tiré à 138 exemplaires ; avec 12 dessins gravés d’après Maurice Leloir.

Exemplaire exceptionnel , jiortant le N" 1 , et le nom: M. Henri Beraldi, sous la direction duquel ce livre a été exécuté, et contenant tous les premiers états des planches, ce qui porte le nombre des épreuves à soixantecinq.

UN DESSIN ORIGINAL DE MAURICE LELOIR. (La rencontre au Jardin du Roi, sujet qui a été gravé par Teyssonnières).

Vingt-et-un autographes de l’illustrateur (Leloir), des graveurs (Gourtry, Los Rios, Mongin, Teyssonnières) et de l'imprimeur (Ghamerot).

Demi-reliure; non rogné.

Avec les livres en papier du Japon, il n’y a guère de plaisir à faire des reliures pleines : ils restent toujours plats, d’une forme peu agréable ; on ne peut leur donner de convexité. De bonnes demi-reliures peuvent suffire.

La demi-reliure, en effet, n’est pas à jiroscrire. On la méprise d’ordinaire parce qu’elle est synonyme de mauvais travail, de camelotte et de bon marché. Mais la deniireliure de vrai relieur et de bibliophile est fort estimable. Pour l’obtenir telle il faut la demander cousue sur nerfs, afin d’avoir un bon corps d’ouvrage et de consei-ver les

fonds intacts. On doit encore tenir la main à ce que le maroquin soit de la plus belle qualité. Enfin il faut im})érieusement exiger que la dorure du dos soit exécutée avec le même soin que s'il s'agissait d'une reliure pleine. Là est le secret (on paiera en conséquence, bien entendu).

Les demi-reliures signées de relieurs célèbres sont très estimées. Pour apprécier à quel point, il suffit de poser cette question : voici des volumes en demi-reliure de Purgold, de Thouvenin, de Bauzonnet, les feriez-vous casser pour mettre dessus un maroquin plein d'un relieur actuel quel qu’il soit? — Jamais de la vie ! — Vous voyez bien !

(J’ai en réserve d’autres ouvrages publiés par la Société des Amis des Livres : Eugénie Grandet , Servitude et Grandeur militaires : je suis loin de les dédaigner, mais ce ne sont pas des exemplaires exceptionnels ! Donc ils ne comptent pas encore parmi mes livres. Ils stationnent provisoirement dans le purgatoire des ousTages de lecture et de travail , dans ces armoires limbes que tout bibliophile est obligé d’avoir comme annexe à sa bibliothèque).

351. CARMEN, par Mérimée. G. Lévy, 1884, iii-8. Illustrations de Arcos.

Papier vélin (tirage exécuté pour Gonquet).

Avec les eaux-fortes.

Reliure de A. Guzin, maroquin brun doublé de fauve, filets extérieurs, cadre intérieur.

352. MANON LESCAUT, par l’abbé Prévost. Launette, 1885, in-4 ; illustrations (gravures et bois), par Maurice Leloir.

Papier de Ghine. — Les planches hors texte avec REMARQUES, et leurs eaux-fortes. Reliure de Marius Michel , en maroquin olive avec guirlande de fleurs mosaïquées, doublée d’étoffe. (Reproduction ci-jointe).

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