‹ Estampes et livres, 1872-1892Chapitre 107 sur 121 · ŒUVRES CHOISIES DE DANIEL VIERGE · texte numérisé non relu

ŒUVRES CHOISIES DE DANIEL VIERGE

Illustrations diverses, d’une gi’ande originalité.

En un volume relié par Marius Michel.

340. LA RELIURE, jiar Marins Michel, 1880, in-4, figures d’Hédouin.

Exemplaire de luxe sur vieux papier de Hollande et contenant I’eai -forte du frontispice d’Hédouin, et trois épreuves du même frontispice.

La reliure de cette Reliure fait honneur à Marius Michel qui l’a exécutée : c’est une mosaïque de maroquin La Vallière clair sur fond tête de nègre, sans or, doublure en soie. Etui. (Reproduction ci-jointe).

341. LES CONFESSIONS, de J. -J. Rousseau. Jouaust, 1881, 4 vol. in-12, illustrations à l’eauforte par Hédouiri.

Exemplaire en papier Wh.at.man contenant :

Les épreuves avant la lettre et les eaux-fortes, sur papier filigrané au nom d’Hédouin.

QUARANTE DESSINS ORIGINAUX D’HÉDOUIN, à la mine de plomb. Ce sont les études séparées, d’après

le modèle, de chacune des figures qui sont ensuite entrées, réduites, dans l'illustration des Confessions. Ces dessins sont d’une exécution très fine, très soignée, et surtout plus ferme que celle des petites réductions à l’eau-forte. En général, dans les illustrations gravées par Hédouin, les figures manquent un peu de consistance. Hédouin n’en est pas moins l’un de nos plus fins vignettistes , et l’on ne peut mieux prendre, comme spécimens de la collection Jouaust, que les Confessions et le Voyage sentimental qu’il a illustrés.

Reliure de Chambolle , maroquin orange doublé de bleu, filets extérieurs. Chiffre HB.

Chambolle est un excellent relieur, lorsqu’on lui demande de vraies reliures de bibliophile (et si on les lui paie ce qu’elles valent, — autrement il est clair qu’il ne peut pas faire mettre cent cinquante francs de dorure sur une reliure de cent francs!). Alors il vous choisira des maroquins, fera repasser trois ou quatre fois la dorure, et vous livrera des volumes en parfaite condition d’habit. J’ajoute que , sur mon conseil , il vient d’opérer une réforme très importante : il a abandonné ses anciens composteurs maigres, qui enlevaient toute apparence à une reliure, pour faiie graver et adopter les composteurs gras comme ceux de Trautz et de Cuzin, qui donnent de beaux titres fermes et ont contribué pour beaucoup au cachet des reliures signées de ces noms fameux. (Marius vient aussi, sur ma demande, d’adopter des composteurs gras).

'Vu l’extrême rareté des relieurs capables de relier des livres de haute bibliophilie, un relieur de plus n’est pas chose indifférente. Chambolle est maintenant en état de rendre de très grands services.

342. LES MILLE ET UNE NUITS. Jouaust, 1881, 10 parties en 5 vol. in-8; illustrations à l'eau-forte par Lalauze.

Exemplaire en papier de Hollande.

L (JM rUiFi

l(j modèle, (If eliacüne des figures ijui sont ensuite entrées, réduites, dîtns l'ilinstration des Cdu^ ufi-ina. Ges dessins .sont irone siie-itlon très fine, ' 'Urtout

plus fi.u tue i{uo celle des petites a ■

En général, dans les illustrations gravées par rféd'-uju , les figures manquent un peu de consistance. Hédouin n‘en est pas moins l’un de nos plus fins vignettistes , et Ton ne peut mieux prendre, comme spécimens de la collection Jouaast, que les Confemons et le Voyage sentimental qu'il a illustrés.

Reliure de Ghamboujî, maroquin ornagïS ixiî;;af.« do bleu, filets extérieurs. ChifiFre HB.

Gharnboîle est un exceîteut relieur, lorsqu’on lui demande de \raics iadinrç:s du bibbophik- (et si on les lui paie ce qu'elles . vaimit . — auf.retnerit il est clair qu’il ne peut pas faire mettro «ent cinquante francs de dorure sur une reliure de cent francs!). Alors il vous choisira des maroquins, fera repasser trois ou quatre fois la dorure, et vous livrera des volumes en parfaite condition d’hahit.' J’ajoute que , sur mon conseil , il vient d’opérer une . réforme très importante il a abandonné ses anciens composteurs maigres, qui enlevaient toute apparence à une reliure, pour faiie graver et adopter les composteurs gras comme 'ceux do. Trairte et de Cuïin. qui domient de beaux, titres ternres et ont puitr aa raidiai

lies I reliures « Je ctï nnrrjS (auicus. (ÀU/:'nw; vient'

uisui, sur n-s •i.;-riui.uiie, d'iidopter des cornpoâU'Urs gras).

Vu TextrcKié rareté des relieurs capables de relier de.« livres de haute bibliophilie, un relieur de plus n’est pas clujse indiflérente. Gharnboîle est maintenaHt en état de read.î’c de L-'ér g.runds services.-

LES ifllLLE ET UNE NUÎTS. Jouaurit, i88J , 10 pïtrilès en 5 vol. in-8; illustrations à rviau-forte par Ltilauze-.

Exemplaire en papier de Heltasdc.

LOMBPvELLE ET L’ÉVENTAIL, 1882

RELIURE MOSAÏQUÉE DE CUZIN.

Figures avant la lettre et eaux-fortes.

Reliure de A. Cuzin, maroquin vert doublé de citron, filets extérieurs. Chiffre HB.

343. VIE DES DAMES GALANTES , par Brantôme. Jouaust, 1881, 3 vol. in-8 reliés en un seul, figures d'Ed. de Beaumont gravées par Boilvin.

Exemplaire en papier de Chine.

Figures avant la lettre , et eaux-fortes.

Reliure de Cuzin , en maroquin bleu doublé de fauve clair. Filets XIX® à l'extérieur, petite guirlande intérieure. Chiffre HB.

A prendre la collection Jouaust jiar ses livres les mieux venus, le choix se porte nécessairement sur les ouvrages avec illustrations gravées par Roilvin ; cet artiste manie la pointe avec une exquise délicatesse et une spirituelle élégance. Aussi mérite-t-il la reliure doublée.

344. LES ORNEMENTS DE LA FEMME, par Octave Uz amie (1. L'Éventail. — 2. L’Ombrelle). 1882-83, 2 vol. en un seul , gd. in-8, illustrations d’ Avril.

Exemplaire de passe, sur papier bleu.

Riche reliure de Cuzin, mosaïquée et doublée.

L'extérieur en maroquin La 'Vallière ; cadre formé de compartiments de filets, et contenant des éventails, des ombrelles et des fleurs : le tout mosaïqué de six couleurs. Les fers ont été gravés spécialement pour cette reliure. (Ci-joint reproduction en chromotypie.)

L’intérieur, en maroquin rouge, est couvert d’ornements genre arabe, rappelant un peu un décor de châle. Chiffre HB. — Dans un étui orné.

Ce livre est resté cinq ans chez le relieur ! 11 est vrai que ce fut un délai exceptionnel et que Cuzin, en moyenne,

ne gardait les volumes que de dix k quinze mois, ce qui est modéré (mais pourrait encore s’abréger). Trautz les gardait des années.

C'est un des gros ennuis du bibliophile, que cette obligation de se séparer si longtemps de ses livres. Mais il faut en passer par Ik ! La sage lenteur est la caractéristique, la condition nécessaire des opérations de la reliure d’art, comme la rapidité est la condition nécessaire de la reliure industrielle. Les deux genres de reliures sont l’opposé l’une de l’autre. Rien de plus curieux que leur antithèse.

Ici le petit atelier silencieux où, dans le recueillement, travaillent trois, quatre, cinq, six personnes au plus, qui toutes sont artistes dans leur spécialité. Lk, l’usine où six cents ouvriers bourdonnant, brassent le papier, le carton et l’or. — Ici deux cents volumes k habiller par an. Là six cent mille. — Ici deux mille francs de reliure sur un volume. Lk un franc cinquante et même moins.

Ici, les livres confiés un à un, de loin en loin, par les bibliophiles, avec des délais indéfinis pour l’exécution de la reliure. Toutes les opérations lentement calculées, mûrement et prudemment exécutées : par petits paquets à la fois, par petits trains, des trains omnibus. L’assemblage méticuleux , le battage merveilleux d'un marteau intelligent, la couture savante, la rognure délicate au couteau, la douceur (?) de la presse à percussion, l’endossage ingénieusement médité, le dressage d’un mors valant à lui seul « tout un poème », la parure d’un maroquin adroitement dégradée du centre au bord par un travail délicat qui absorbe pour une seule peau une journée d’un ouvrier de premier ordre, la couvrure parfaite; pour finir, l’admirable exécution du décor, imprimé sur le papier avec les petits fers , corrigé , modifié, recommencé, enfin adopté, reporté sur la peau et tracé sans or, doré une première fois, doré une seconde fois, au besoin repassé encore, jusqu’k ce qu’il ne reste pas une imperfection : au total, des deux et trois cents heures d’arti.ste-doreur pour un seul volume . !

Là, un tout autre problème à résoudre : les imprimeries

déversant d'un seul coup des quarante mille volumes en feuilles encore toutes mouillées du tirage, et qu’il faut rendre à l’état de livres reliés, dans un délai de huit jours! Les trains immenses, des trains-éclairs. Le livre plié à toute vitesse (un dixième de seconde perdu se traduit, avec le travail au mille, par une diminution dans le salaire), assemblé à la course, subissant précisément toutes les tortures qui font dresser les cheveux sur la tête au bibliophile et au relieur d’art ; écrasé au laminoir, grecqué à la scie mécanique, cousu au fil de fer, guillotiné au <,< massicot », tassé à la presse hydraulique, décoré au balancier, doré au cuivre : une! deux ! un coup de plaque chauffée à

la vapeur, pc/iü, un petit grésillement, et ça y est . !

(Cependant il y a un pas à faire. Avec le progrès de l’industrie il faut arriver à la « machine à fabriquer le livre » ; à un bout, on la gorgera de chiffons, ou de coquilles d’œufs, ou d’autres substances servant à procréer le papier; à l’autre bout on recueillera les livres imprimés, illustrés, reliés, tout enveloppés.)

Ne disons pas de mal de la reliure industrielle : c’est un prodige d’organisation, de fonctionnement, de célérité, d’ingéniosité , que cette reliure en douze temps et un nombre infini de mouvements , qui est d’ailleurs loin d’exclure le goût ; les ateliers parisiens s’y distinguent. On y peut rencontrer la note d’art ; et dans quelque trois cents ans, par exemjile, la plaque dessinée par Giacomelli pour la reliure de L'Oiseau de Michelet figurera dans les vitrines du Louvre ou de la Bibliothèque Nationale, et le public d’alors défilera devant elle aussi respectueux et recueilli que le public d’aujourd’hui devant un biberon de Palissy ou une gargoulette d’Oiron. A tout prendre, c’est la reliure industrielle qui est indispensable : la reliure d’amateur n’est qu’un objet de luxe, tout comme les habits du tailleur en renom. L’atelier de la reliure industrielle, c’est la Belle Jardinière de l’habillement du livre. C’est un tableau à la Zola ; on y pourrait ])laoer des relents de colle aigre et la respiration de la machine à vapeur, le souffle chaud du générateur, et la machine à rogner

avec son air mauvais de bête goulue, accroupie là pour manger le livre, en avalant par fournées de vingt à trente, et ne les recrachant que totalement esquintés. Sans oublier quelque grande Léonie, une sacrée garce de coucheuse (*) faisant rudement rigoler tous les polisseurs de la dorure sur tranche, et donnant des distractions au gosse chargé de manœuvrer le levier de la gaufrure , etc., etc.

Tandis que l’intimité du modeste et tranquille atelier du relieur-artiste veut être décrite dans la manière de Goppée :

C'était un trèa fameux atelier de Paris.

On voyait le patron debout aux établis,

Tournant et retournant un livre avec méthode.

Les jours se ressemblaient, ayant pour épisode Un client difficile apportant son Faublas Et voulant du nouveau pour en orner les plais.

On coupe les cartons, on répare une page En écoutant le chant d'un oiseau dans sa cage. . . . Heureux du jour présent et sûr du lendemain,

Le doreur diligent, sans regret, sans envie,

Pousse ses petits fers ainsi toute sa vie.

La fille du patron travaille en tablier,

Et, seule dans son coin, assise à son métier Fait l’assemblage, coud, collationne, ou plie. Quelquefois tranchefile avec mélancolie.

Elle gagne deux francs cinquante-cinq par jour. . . .

Le métier, en été, nest pas très amusant ....

Et le livre souvent n’est pas bien réussi.

Etc., etc.

(1) Les coucheuses , chargées d’appliquer, de coucher les feuilles d or sur les reliures au moment où elles vont être ornementées au fer chaud, sont, au contraire, les ouvrières les plus estimées et les plus sûres des ateliers de reliure. La couchure est un poste de confiance qui comporte le maniement d’une matière de prix : les feuilles d’or.

Maintenant, pour en revenir à notre point de départ, disons que la reliure d'art s'exécute moins lentement qu'il n'y paraît. Ce qui allonge singulièrement les délais, c'est que les relieurs prennent les livres qu'on leur donne à relier, les emportent chez eux, et là, commencent par les mettre de côté, pour attendre leur tour, sans même daigner les regarder : cela dure des mois, et des années. Mais une fois que le travail est entamé , trois mois suffisent pour mener à fin une reliure. De sorte que, — comme le disait un bibliophile en plai.santant, — le travail est aux quatre cinquièmes de son avancement lorsque le relieur a effectué l'opération suivante, à laquelle il semble ne se résoudre qu'avec peine : ôter le livre du papier dans lequel il était enveloppé lorsqu'on le lui a remis !

345. LE CONTE DE L’ARCHER. Lahure, 1883, in-8, figures de Poirsoii, en chroinotypie.

Exemplaire sur papier du Japon, auquel ont été ajoutés les TIRAGES HORS TEXTE des vignettes, en couleur, et une seconde suite d'ÉPREUVES hors texte, en noir.

Reliure de Marius Michel, en maroquin tête de nègre doublé de rouge, entelac de filets à l'extérieur. Chiffre HB.

Livre important au point de vue de l'entrée dans l'illustration d'un nouveau procédé, la chromotypie par gillotage.

346. HISTOIRE DES QUATRE FILS AYMON, illustrée de compositions en couleurs par Eugène Grasset; gravure et impression de Gillot. Launette, 1883, in-4.

Exemplaire en papier de Chine.

Page 1