Yourd , J J
Les chambres du divon kroné\ qui est pour recepvoir les personnes du dehors et estrangères, sont d’ordinaire peinctes en moresque avec quelques figures d’oiseaux, de bestes et d’hommes, d’azur ou couleur bleüe; plusieurs sont aussi dorées d’or en fueille.
La maison est divisée en havam~^ lieu pour les femmes, et d'won kroné, lieu où tout le monde peust aborder. Ce mot de haram en turquesque signifie maison seulement; mais icy il se prend pour l’habitation séparée des femmes, auquel lieu aucun ne peust entrer qu’il ne soit mouharrem^ ^ c’est à dire tel qu’il ne puisse contracter mariage avec les femmes qui sont là, comme frère , père, oncle, fils, car icy les femmes, zen^ qui seront tant soit peu de condition sont terriblement bien gardées. Ces harams sont gardés par des châtrés, coagé^ auxquels il est permis d’entrer et sortir du haram quand bon leur semble, et ce sont eux qui font au dehors les messages et négoces de ces recluses.
Pour les femmes de condition, jamais elles ne sortent que la nuict, et encor avec quantité courouktchi * (personnes qui vont devant faire fuir et escarter le monde), de peur qu’aucun ne voye ces nymphes, l^orsque le Roy marche en campagne, ce courouk^ est si fascheux que d’une lieue à la ronde, qui que ce soit n’oseroit rester, car s’il fait le rétif et s’il est tué dans cette occasion, il n’y a aucune recherche, non plus que d’une sentinelle trouvée endormie ; les courouktchh (gens commis pour escarter le monde), dans cette faction, plus ils se montrent cruels à battre, à blesser et à tailler, sans avoir égard à aucune condition quelque grande qu’elle soit, plus ils sont estimés, et