‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 101 sur 276 · Qourouq · texte numérisé non relu

Qourouq

lorsque dans un lieu ou une rüe, on entend le mot courouk^ il faut fuir le plus tost que l’on peust de quel costé que ce soit, sans demander le chemin, car autrement la gresle de coups de baslon ne manquera point.

Pour les femmes de basse condition, elles iront bien seules par les rues, charea^ mais avec un grand voile de toile blanche qui les couvre depuis le haut de la teste jusques aux pieds, leur laissant seulement une petite visière pour voir; soubs ce masque, elles sont encore si effrontées, bihaya\ qu’elles ouvrent les yeux grands comme des fenestres, regardent ça et là hagardementlà où lesnostres, sans contrainte, deleur maison jusques au marché ou à l’église , à peine lèveront-elles les yeux de terre, gardant une modestie libre et raisonnable.

Le diwn kroné ou extérieur du logis où le maistre reçoit ceux qui le viennent voir, où il traicte ses hostes et festine, est tousiours le mieux meublé de tout le logis. Les meubles consistent en tapis de Turquie mis par terre, qui couvrent toute la place; tout alentour sont des ^ (feutres) pliés en double de la

largeur de trois pieds plus ou moins. Sur ces feutres, si ce sont gens de haute condition, il y aura deux ou trois mzeny'^, qui sont toiles doubles ou triples fines, toutes en compartiments par filet blanc, et ce par arrière point, fort bien travaillées. Ce lieu est pour le maistre et celuy de plus haute condition que luy, auquel il quittera ce lieu par honneur. Sur ces nemets (feutres), à l’entour de ces divons, seront des coissins de coton de diverses estoffes, comme toiles peinctes en fleurages, tchite"^ pour le commun, ou bien de toiles d’or, d’argent, scrôa/irc®, pour les plus relevés.

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