Tchacht
Ey L’AN 1660
fruits, Iburmage, ce que nous appelions dessert; aucuns de plus haute condition se feront apporter, pour eux, un petit plat de bouilly seulement. Le soir, ils mangent le cuit. Icy desjeuner, faire la collation ne se faict point, ce qu’il ne faut pas attribuer à leur sobriété, ains à la pauvreté du pais, quoy qu’ils disent ne le pouvoir faire peur de Yemtelen' (réplétion).
Quant aux jeux, bazy^^ icy il y en a peu : le jeu des cartes, kengefé'^^ est en usage; ils ont six ou sept sortes de couleurs, qu’ils appellent senfe’\ leurs cartes sont peintes et espoisses, elles sont de soleil, espée, et toutes différentes de nos trèfles, picques, etc. ; aussi, en jouant, ne les cachent-ils point si soigneusement comme nous^ ce qui marquera leur jeu estre de hasard comme un lansquenet, et non point un jeu d’esprit comme un picquet ou un jeu de trois.
Ils ont le chetrenga^ (échecs), nerde^ (trictrac), mais ils en usent peu. De jeu de paulme, de boule, de mail, il n’y en a point, puisque mesme ils ne se promèneront point d’une allée en l’autre, revenant et retournant sur leurs pas comme nous; mais, arrivés au milieu du jardin, ils estendent là un tapis et assis dessus, ils envoleront un valet quérir telle ou telle fleur qui leurplaist, cueillant et ravageant tout un jardin de la sorte, sans considération, ainsi que les chèvres de nos pais que l’on dit dans les rites estre des paons.
Les jeux d’argent de hasard sont généralement detfendus icy, par la loy et le prince, lequel donne au mechaldar bachi ’ (chef des porte flambeaux), le droit de prendre tant sur chaque