‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 148 sur 276 · Tenguy, jC · texte numérisé non relu

Tenguy, jC

Ei\ L’AN 1660

ken' (déshabillouër) ; entrés là, ils quillent Ions leurs habits; aucuns entrent la chemise sur le dos, dans la chambre de l’esluve qui luy est immédialement adjacente. Là on oste sa chemise et on ceint ses ^ (parties honteuses tant antérieures que postérieures), d’une toile appellée /bw/cA longue. Icy sont deux officiers, le hissemal* et le dellak. Le kissemal avec une estamine le frotte et cslrille par tout, ce pendant que l’on luy verse de l’eau chaude sur le corps. Le dellak luy rase les cheveux s’il veut.

La chaleur moite de cette estuve, qui faict que, mesme en hiver, vous les voyez tout fumants de sueurs et dégouttants à grosses gouttes, vient du ki'azmé^ ; c’est un retranchement dans cette grande chambre d’environ huit ou neuf pieds en quarré. Ce lieu est bien cimenté, et au milieu est une grande bassine de bronze ou potin de trois ou quatre pieds de diamètre, soubs laquelle l’on faict un feu continuel de fueilles d’arbre, de guenilles, de fumier de cheval ou de chameau, car icy de brûler du bois pour ce subject, il y a deffense, outre qu'il ne tourneroit pas à compte de la chaleur de cette bassine ; l’eau s’eschautîe, et un chacun en prend avec des vases à son besoin ; d’aucuns entrent dans cette eau pour se chauffer et se faire suer davantage, ce qui désoblige fort ceux qui désireroient avoir de l’eau bien nette.

Après que notre homme s’est bien faict frotter et jetter plus d’eau sur le corps qu’il n’en fau droit pour eschauder et peler un cochon, il s’en va dans le kolletin^^ qui est un bassin ou fosse en terre profonde de hauteur d’homme et pleine d’eau

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