Nouqrèhi kerven est clèh khardj ou nouh hassil
ESTAT DE LA PE U SE
seuls des vaisseaux estant pour espuiser tout ce qu’il y a de mines en ce pais.
Du plomb, ils en ont aussi assez pour Fusage, qui n’en demande pas davantage. Pour du sel de roche, vers Tauris, Erivan, les rochers ne sont autre chose, transparents comme cristal ; il y a alun en quantité, sel de marais salés, en quantité. — Le man ou les i2 Ib. icy portées à Hispan valent deux kasbequis, qui sera un sol. Icy il est vénal et les pauvres gens qui rapportent, après avoir vendu leur charge, par aumosne, il leur faut encor donner du pain. Pour des grains, il n’y en a que suffisamment pour nourrir les gens du pais, lesquels s’ils se multiplioient comme en Occident , il faudroit que une partie d’iceux mournst ou bien pensastà faire colonie ailleurs.
De toiles grossières et mal faistes, il s’en treuve sur le pais, peu pour les pauvres gens, toute la provision venant des Indes, qui est la raison que tout l’argent monnoyé sort d’icy pour aller fondre là sans ressource. Ainsi, dans le pais il ne faut rien chercher de surplus pour se rendre nécessaire à l’estranger.
Le gouvernement du royaume est despotique, monarchique, le Roy ayant commandement absolu sur tout son royaume et sur tous ses subjects [Baiet)', droit de vie et de mort sans appréhension de révolte ou souslèvement. La raison est de cela que tous les grands sont des gens qui sont les premiers et d’ordinaire les derniers gentilshommes de leur race, le roy les eslevant et abaissant aussi facilement l’un que l’autre. 11 se descharge de ses atl'aires sur son grand vizir, appellé icy athemadeulet^ nom d’office, et iceluy est comme un maire de palais, avec celte différence qu’il ne termine rien en dernier ressort que par l’ordre et commandement du Roy, et il n’a aucun appuy de places frontières, aucun gouvernement de grandes provinces qui se feroient sacrifier pour lui, ni aucune alliance ou intelli-
gonce avec l’eslranger. Cela faict que, comme les autres officiers, il prend le temps comme il vient, sans projetter tels grands dessaings comme font nos grands ministres d’Estat, dont l’intrigue remue tous les pais de leurs voisins. Partant, l’on ne sçauroit faire icy aucune comparaison de ces grands génies d’Occident avec ces vizirs, qui aujourd’huy sur pied, ne sçavenl s’ils se coucheront le soir à leur gré. L’on appelle encore cet officier icy vezyrrast (le vizir du costé droict) *, à cause qu’il se sied dans le megeles (lieu où le Roy et toute sa Cour est assise)^ à costé droict du Roy, mais quelques deux ou trois pas au dessoubs.
L’entretien de ce vizir vient de chaque Kan^ sur lequel il a par an un russom (certaine taxe déterminée) ^ laquelle il faut bien qu’ils outrepassent en magnificence s’ils veulent se conserver et estre à l’abri de cette protection, pna (appuy, refuge) Par honneur l’on appelle encore le vizir namib % mais à présent cette qualité veut s’usurper encore par quantité d’autres, qui faict que cela ne lui est pas propre. De sçavoir précisément combien chaque an il peut recepvoir pour cet office, cela est impossible, car outre que la vérité n’est point icy dans la bouche des hommes, demandez à l’un, demandez à l’autre, un chacun vous dira plus ou moins selon son caprice. L’un vous dira une somme si excessive que le Roy mesme ne l’a pas ; un autre si médiocre que aucun de ses officiers subalternes en reçoit davantage, de sorte qu’il est comme impossible de dire là-dessus aucune chose déterminée et asseurée. Car icy dans le telaphoiiz^ (parler ordinaire), les 1,000 tomans, qui sont 400,000 Ib., se comptent comme en nos pais les pistoles, mais au faict et au