‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 171 sur 276 · Qatb’ain, jjoüaà · texte numérisé non relu

Qatb’ain, jjoüaà

calculs de triangles rectilignes et sphériques par les sinus, tangentes, secteur, qu’ils ont encor en degrés, minutes, secondes, et le raïon des sinus total leur estant de 60 parties, ainsi que nous l’avions avant que de Monte Regio nous l’eût calculé au compte de 60,000,000, puis au compte de 1 0.000,000, l’un et l’autre par nombres entiers.

Ils onticy leslivres de Platon, d’Aristote, d’Avicenne et d’autres anciens, le tout en arabe, qui est à eux comme à nous la langue latine, qu’ils apprennent premièrement, sçavoir le tesrïf'- (grammaire), puis le nahve- (syntaxe), et le logat^ (la signification des mots); mais ils n’apprennent jamais cette langue en proportion pour la pouvoir parler librement, ains de l’entendre en la lisant ainsi que pour l’ordinaire font nos Italiens au respect du latin.

Ils ont la logique, la physique et la théologie; ils ont quatre figures d’argumentation, et au contraire de nous, dans leur argument ils font tousiours passer la mineure pour la majeure, comme leur argument pour prouver le hodouts dunia’’ que le monde est dans le temps : Dunia moiiiegaicr est, her tché moutegaier est hades est, pes dunia hades est'^ (Le monde est changeant, tout ce qui est changeant est temporel, donc le monde est temporel).

Leur manière d’enseigner et de prendre leçon est de choisir qui bon leur semble pour régent, car icy d’enseigner est le supresme degré de l’honneur, les plus grands ne s’en voulant pas priver ; et pour ce subject, ils détaillent d’ordinaire plus de bourse que de langue, de science et de sçavoir pour s’acquérir le nom de docteur, là où en France ce mot d’enseigner, qui ne

Page 1