‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 178 sur 276 · Djerrah · texte numérisé non relu

Djerrah

Iraitenl, mais fort mal, les plaies, les contusions et les ruptures. L’on ne treuve icy aucun qui puisse remettre en bon chemin un pauvre garçon qui retourneroit de l’employ faict à Naples. Ils ont des onguents rouges, verds et jausnes, mais non tels que les nostres qui renouvellent les parties charnues du corps humain, les faisant renaistre toutes nouvelles ; l’on ne sçait ce que c’est de diaphalma basilicum, unguentum divinum, de Vigo, etc.

Pour la saignée, ce sont les barbiers ou dellak qui font ce mestier. Leurs lancettes aiguës comme les flammes des mareschaux de nos pais ne rebouchent pas facilement à raison de leur espoisseur et solidité. La façon de saigner est d’ordinaire le soir ; le patient est assis sur ses talons, une fosse est faicte en terre pour recepvoir le sang; le saigneur luy lie le bras d’une couroye comme les cornes d’un bœuf et frotte un peu la veine qu’il veut saigner, car cognoissant bien vazilic\ keifali^ et echeP^ la basilique, céphalique et médiane, il enfonce sa lancette ; puis le sang sortant, il laisse son patient qui, sans baston, souslient son bras et se promène. De temps en temps, il regarde à la fosse combien elle paroist remplie de sang pour juger de la quantité qu’il en veut tirer; cela faict, il frotte un peu la veine de terre, puis il y applique un peu de coton blanc et bande ce bras avec le mouchouër du patient. Chaque saignée coustera icy douze kasbekis, qui seront cinq ou six doubles ou un sol.

Ces mesmes ouvriers là razent aussi la teste et appliquent les ventouses par cornets, comme l’on faict à Bourbon l’Archambant. Voilà comment s’exerce la médecine en ce pais, assez grossièrement, car de vouloir estre traictésen hommes par nos physiciens, qui quelquefois passant par ces quartiers, leur feroient suivre une méthode raisonnable, approuvée par la

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