Mahallèh
resserré? » El cependant il jette des œillades de coslé si l’on se met en peine de tirer quelques kasbequis pour sa consulte, qu’il escript sur deux ou trois petits doigts de papier en quarré. Ses receptes d’ordinaire sont des consommés et bouillons de semences froides, peu de séné et de casse; car pour ces gros remèdes comme rhubarbe, scamonée, antimoine préparé, etc., ils sont trop consciencieux pour tuer avec ces grands cousteaux là, ne sçacliant pas s’en servir. Le malade prend son ordonnance, s’en va en ville au premier attar'^ (droguiste), et luy présente son billet; l’on luy donne en petites enveloppes toutes les drogues contenues, qui d’ordinaire ne monteront pas à un beüi ou deux sols et elles paroistront grosses comme la teste. Le malade porte cela à son logis et le faict bouillir comme une potée de choux. La décoction faicte, qui seratousiours de la mesure de un grand pot, il faut que le malade avale tout cela, deubt-il en crever; la panse remplie de ce lavaige, il doibt en rendre quelque chose, à moins de crever, et quand il ne rendroit que de dix un, l’on jugera par les selles que la médecine a bien opéré, car de cela se juge la bonté de la médecine.
Icy grands et petits, pauvres et riches se servent du médecin.
D’autres médecins un peu plus relevés donnerout leurs consultations pour l’amour de Dieu, ce semble : mais à coslé d’eux, dans leur maison, ils ont leur attar (droguiste), qui donne les drogues que le hakim^^ (docteur) a ordonnées et il se faict bien païer. A voir ces deux larrons en foire, vous diriez des deux gardes du tripot où jouent les comédiens : le premier qui est à la porte;, accable tout le monde de compliments qui ne coustent rien, mais celuy qui est à la porte do la galerie coupe la bourse.
Pour les chirurgiens, gerrah^^ il y en a aussi quantité qui