‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 180 sur 276 · Kehhal, oculiste, j'v^T · texte numérisé non relu

Kehhal, oculiste, j'v^T

divan el lieu particulier où s’assemblent tous les officiers touchant les finances, tailles et deniers du roy. Là, le premier s’appelle Mesteouphi el memalek\ comme appréciateur des possessions ; le second est le nazer (voyant). Le daroga^ prévost et autres tels égratigne-papier qui, selon son ordre, a plus ou moins d’eulrée dans ces offices qui tous dépendent du roy, et outre qu’ils sont bien païés, encor d’ordinaire, comme les meusiiiers, ils se paient àmesmele sac. Là, de toutes parts du royaume, sont envoies les mémoires et taux des tailles, ekrafjad^, des revenus, et autres biens du roy, et ce par les vizirs et ren-

tiers, qui sont sur les lieux dans les provinces cà mesnager le domaine du roy. Ceux-cy chaque an, après avoir faict l’estimation mandent : un tel ou tel villageois ou rentier, doibt tant au compte du roy. L’on assemble tous ces papiers de debtes^ puis comme ils ont le roole des paies, dunloqiie'\ que le roy donne tant aux officiers de sa maison que à sa milice, ils leur baillent ces papiers en main pour s’aller faire païer sur les lieux, suivant ce qui leur est deu. Or, d’autant comme ces lieux là sont d’ordinaire escorchés, et mesme que toute la paie d’un pauvre officier ne s’attribue pas dans un même endroitet que^ pourl’aller recepvoir, avant que d’arriver là, la moitié seroit mangée, ces gens icy sont conlraincts de vendre leur salaire en papier à de certains égrillals que l’on dit ici thahsildar“ (ramasseurs de rentes), et ce au denier raccourcy ; car, comme ces officiers icy ont besoin de deniers comptant, ils sont bien aises de treuver une partie de leur pale et de la prendre de la main de ces Ihuhsildar, qui risquent aussi, car peut estre estant arrivés dans les villages.

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