Tahsildar, percepteur, collecteur des impôts
le païsan débiteur aura tiré pais. Voilà comment tous les officiers de Perse ne retirent pas quelquefois les deux tiers de leur paie ordinaire, particulièrement les pauvres et petits officiers qui n’ont pas le crédit au defter kroné de se faire assigner leur paie sur un bon et proche poulailler, comme le font les grands qui, au lieu d’y perdre y gaignent; car ils envoient là de leurs esclaves qui serrent les poulces au pauvre villageois, et par droict sur la debte, prennent de dix un pour eux, puis au tour du baston quelque autre chose qu’ils rapinent, et ainsi apportent le helal (permis) à leur maistre et le (défendu) est pour leur peine.
L’cscripture du defter kroné est d’ordinaire une grande lettre bastarde allongée en faucille et il n’y a presque que ceux qui sont de cet office qui la puissent lire.
Des personnes de main
Le discours des personnes de l’espée et de plume parachevé, celuy de la main doibt suivre par nécessité, puisque sans son action, les deux précédées sont pièces d’escart.
Les premiers et plus célèbres sont les marchands, qui ont lousiours la main employée à vendre ou à achepter, à compter, à recepvoir et à distribuer. Les principales factureries d’icy sont les toiles qui viennent des Indes, et des marchands forains les acheptent icy pour les transporter par toute la Turquie, la Tartarie et la Perse. Les plus grands négociateurs de cette marchandise sont les Indiens, appellés icy Hindou ouMoultoni’,
1. Moultany, originaire du Moultan, Moullan, situé dans le Pendjab, était
aulrePois une ville très commerçante, lülle fut conquise par les musulmans commandés par Mohammed ibn Qassim à la fin du viii® siècle de notre ère. Sultan Mahmoud le Ghaznévide s'en empara au commencement du xi' siècle, et Tamerlan s’en rendit maître à la fin du xiv®. Les Sikhs en firent la conquête dans les premières années de ce siècle.
On peut consulter sur Moultan : Elphinstone, An account of the Kingdom of Caubul and its dependencies in Persia, London, 1819. Alex. Burnes, Votjayes de l’embouchure de V Indus à Lahor, Caboul, Dalkh et à Boukhara, Paris, 1835; et Ch. Masson, Narrative of various journeys in Balochislan, Afghanistan and the Panjab, Londres, 1842, tom. I®'’, pages 394-398.
et beaucoup de Persiens. Ces marchands, la loy les appelle hazzaze^ Ce sont ces toiles-là que les Hollandois prennent vers Golconda; ils chargent leurs vaisseaux des plus fines, les mènent et transportent par mer en tout l’Occident, en les faisant passer pour toile de Hollande et haptiste, comme estant faictes de lin, quoyque elles ne soient faictes que de coton, estant assez difficile de discerner les unes des autres, particulièrement quand la toile est trop fine, car pour de grosse toile de chanvre ou de gros lin, il n’y a point de difficulté.
Outre ce trafic, il y a les soyes. qui se produisent et
se recueillent dans le pays du Guilan, contrée de Perse très aquatique, marescageuse et proche vers la mer Caspie. Les Arméniens d’ordinaire font ce trafic et les transportent par la Turquie à Smyrne et à Alep; puis par la mer Méditerranée, ils les portent à Venise et Ligourne, et de là rapportent de l’argent net, le tout en piastres ou escus d’or et sequins ; d’autres rapportent des perles fausses de compte, taclidP, des miroüers, amés\ et telles autres denrées de Venise, des lunettes, uitiak^ ^ des mouchettes, des chapelets de verre, du coural, mergoun^^ de Tamhre jausne, des verres colorés pour faire des vitres, en quoy ils treuvoient autrefois un grandissime profit, et ce depuis le temps de Chahhas, qui estoit contemporain du roy Henry le Grand, roy de France. Car, comme dans ce temps, le Turc avoit une armée puissante, il eut le dessein de conquérir la Perse ; il s’en vint du costé d’ArzeroiL prit Erivan et tous les lieux adjaceus. Chahhas, voyant ce grand feu qui prenoit au coin de la forest, pensa n'y avoir d’autre moïen de l’anéantir qu’en lui estant toute sorte de