‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 190 sur 276 · Serraf, changeur, banquier · texte numérisé non relu

Serraf, changeur, banquier

EiN L’AN 1660

midilé de l’eau qui s’aüache aux canaux cependant qu’elle passe pour aller se descharger dans son bassin; bien que cet argent passe pour quelques menues denrées, il reste quelque peu de chose sur le pais. Mesme les knms^ gouverneurs de provinces aux lieux de leur demeure, amusent les caflés'^ ou caravannes ; ils les font séjourner plus qu’il ne faudroit, soubs apparence de faire caresse au caravanbaclü'^ [çh&î de la caravanne), comme aussi aux principaux; ils leur font quelques festes, et tout cela affm que, durant ce séjour, leurs subjects en vendant quelques potées de lait, des fourmages, des pailles et orges, ramassent quelques piastres, que ensuite ils sçavent fort bien retirer de leurs mains.

Le bon argent qui est neuf et sans alliage est choisi et trié par ces Indiens qui, jour et nuict n’ont point d’autre occupation que de le passer au trébuche! et sur la pierre de touche, et sans la philosophie d’Archimède^ pour descouvrir l’alliage des couronnes d’or, ils viendront naturellement à descouvrir le billon de la monnoye. Ils envoient tout le meilleur en leur pais; quant au havai ', qui est vieille monnoye effacée, escorchée à moitié, rouge comme chair de pie, cela ne sort point de Perse ; qui la refuse, qui la prend plutôt par peur de ne rien avoir du tout ; de sorte que, de jour en jour, l’argent se rend très rare en Hispan ; toutes sortes de marchandises estrangères diminuent de prix, les dépenses sont grandes et par tout, la pauvreté se loge comme étiquettes sans fourriers.

Les Juifs, qui par tout l’univers sont camarades de l’apostre

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