Dourough goufly
5. Ab ba àb qaty mykounend, ils mélangent de l’eau avec de l’eau, i)| Ij J
peut, et le terme venu s’il ne peut pas fourber et vous faire attendre, il vous paiera; s’il n’a peu vendre cette marchandise en y trouvant bon profit, au bout du temps, il vous rendra la marchandise au lieu d’argent, disant qn’elle est trop chère. Encor on est bien heureux de la retrouver en son entier et de la reprendre en cet estât, de peur de n’avoir nv l’un ny l’autre.
La Perse est comme un grand caravanséra qui n’a que deux portes, l’une du costé de la Turquie par laquelle entre l’argent qui vient d’Occident; ce sont piastres qui viennent du Nouveau Monde en Espagne, de Là en France par laBretaigne ; passant la France par Marseille, elles sortent pour entrer en Turquie, puis elles viennent icy, où l’on les faict refondre pour les mettre en abbassis, qui est monnoye comme d’un teston ou quart d’escu. Aucuns portent leurs piastres entières jusques aux Indes, et là ces noirs ne se fient pas à une pierre de touche^ ils les cassent en deux ; si elles sont bonnes, ils les prennent, sinon ils vous en rendent les pièces. Les faux monnoyeurs ne manquent point icy. Ils peuvent faire passer leurs jetons blanchis un à un, car l’argent qui paroisl neuf et bien blanc précipite le marchand de vendre ; mais en grosse somme, il est impossible, car ils pèsent tout, et les Bagnanes descouvriront plus lost un abbasi faulx entre mille qu’un chien couchant ne lève une compagnie de perdrix en un champ descouvert, tant ils sont habiles sctraf^ (essayeur de monnoye).
L’autre porte de sortie est le Bender Abassi ou Kommoron sur le Sinus Persicus pour aller aux Indes, à Surrat, où se va décharger tout l’argent de l’univers, et de là. comme tombé dans un gouffre, il n’en ressort plus; car il ne tourne pas à compte de rapporter de là de l’argent monnoyé, puisque l’employant là en marchandises, l’on gaigne jusques en Perse quelques cinq à six par cent. La richesse de la Perse n’est donc que comme l’hu-