‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 203 sur 276 · Kardguer · texte numérisé non relu

Kardguer

Tigue saze^ sont faiseurs de razoüers et de lancettes. L’un et l’autre de ces deux mesliers n’aiguisent pas sur une meule de pierre tournant dans l’eau par le mouvement d’une grande roue, mais, en ayant uhe petite roue de noyer tournée au tour, ils frottent de cette sorte la circonférence extérieure, puis la roulant ainsi sur de l’émeri mis en poussière et tamisé, ils la laissent sécher, puis ils refrottent avec de la colle forte et refont encor une autre couche d’émeri, et ainsi jusques à quatre et cinq couches. Cette roue aiguise et mange l’acier estrangement, car cela faict feu à merveille, mais elle destrempe tout ce que l’on aiguise, et pour marque, c’est que au premier tour de roue, le Cousteau ou razoüer paroist tout bleu et de couleur d’eau.

Kondak saze * : ce sont monteurs ou faiseurs de fusts de mousquets et d’arquebuses qu’ils montent à leur mode. Pour bien forger un canon d’arquebuse, ils y réussissent et à le bien forer avec le foret quarré, bourgau^^ avec les mesmes machines que nous, mais elle ne sont pas si bien ajustées.

lîismon baf\ sont cordiers, qui travaillent encor assez bien icy tant encordes, rismon, en cables, tenap, en sangles, tesmé’^, non pas qu’ils fassent de ces grands câbles comme pour nos navires et nos bateaux de la Loire. Icy, ils n’en ont pas affaire, car de faire des ponts de corde pour faire passer un fleuve à une armée, des eschelles de corde pour escalader une ceinture de ville, comme aussi les cordaiges pour les machines de force mouvantes qui tirent de gros poids, il faudroit d’abord que ces machines fussent en ces pais icy pour faire ces équipages. Toute leur matière, messalé, de quoy ils travaillent n’est que du coton, à

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