‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 204 sur 276 · Tesmèh · texte numérisé non relu

Tesmèh

la réserve de quelque peu de gros fdet de poil de chèvre ou de chameau, car tout ce pais cy s'accommode à la légère et par industrie de nécessité, ne le pouvant faire à la solide comme en Europe, là où est l’abondance. Icy, pour tordre les cordons qui doibvent composer la corde et ce en mesme temps, ils ont quatre poulies, karkaré *, longues de un demi pied, qui ont leur axe de fer. Un des bouts est à crochet pour attacher le cordon, l’autre à teste pour s’attacher et s’emboisler à une planche de bois ou pouteau immobile. A l’entour de ces poulies est passée une corde si dextrement que, sur chacune poulie, la corde se plie entièrement, puis elle s’en va au bas du pouteau passer par une autre poulie ou boucle qui ne sert que pour empescher cette corde en son mouvement circulaire de s’embarrasser, puis de Icà elle revient à son autre extrémité, h laquelle elle est derechef attachée, dirons nous par diapedeze, car bail faut qu’elle se réunisse sans nœud ou éminence pour ne faire aucune inégalité, qui, autrement, dans le mouvement s’agrafferoient l’une l’autre sur ces poulies, qui toutes quatre sont en quadrangle, fort proches les unes des autres. Donc, en tirant continuellement cette corde avec la main, elle faict jouer toutes ces quatre poulies et par conséquent tordre tous ces cordons. Icy, ils n’ont rien à filer, pour faire leurs cordons, car ils ne se servent que de coton filé desjà, là où en France il faut que nos cordiers fassent leurs filets, guignant leur vie à reculons.

Sendouk sa ze, bahutiers. Icy, ils les font assez grossiers qui, d’un coup de pied, seroient mis en pièces; ils les couvrent de peaux avec de la colle d’une certaine racine pulvérisée au moulin. Icelle ne demande qu’un peu d’eau pour la détremper et la brouiller avec le bout du doigt, et voilà cette colle faicte, qui tient eslrangement. Les libraires ne s’en servent aussi point d’autre, et

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