‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 235 sur 276 · Nazbalich, coussin, oreiller · texte numérisé non relu

Nazbalich, coussin, oreiller

7. Thaous, paon, . Le nom du cygne en persan est Erdj, ^jl,ou Qoughou,

subject, mais elle est bien chère, et par conséquent elle n’est pas pour tout le monde.

La demeure des villageois est dans le bourg, et non pas que un chacun demeure dedans le milieu de ses terres, comme sont nos métaiers et closiers. Le lieu de leurs vergers est tout entouré de murailles faictes de terre que l’on appelle tchiné^\ ils détrempent la terre, puis avec les pieds lapétrissent et conroient tant que de molle elle devienne comme en consistance. Lors, avec une besche, ils l’enlèvent comme gazons et en bastissent leurs murailles avec le poing, la faisant prendre l’une avec l’autre ; et cette sorte de mur et de closture,à cause de la grande sécheresse, dure assez.

Icy ne pensez point que la campagne soit embellie de belles maisons de plaisance, de chasteaux, kalaa^, de demeures de gentilshommes, negib^^ lesquels pour respirer un air plus pur et plus spacieux eslisent leurs demeures hors les villes, là où l’abondance du peuple rend pour l’ordinaire l’air rnoutaafen ’* (un peu corrompu). Icy il n’y a point de noblesse, point de maisons antiques qui, de temps immémorial, ont persévéré dans l’honneur et le rang que leurs ancestres leur avoient acquis. S’il se rencontre quelque habillé de couleur, c’est-à-dire qui surpasse un peu le villageois, ce sera un erbabe (homme qui a là des terres en fonds de domaine). Mais à présent que le siècle est dans l’exaction, pour l’ordinaire, ces visés s’enfuient dans les villes pour estre à couvert, où parmi la populace, ils se font mécognoistre.

Les jardins, bague^^ ne sont point icy comme en France, à

Page 1