Qabreslan
subject, l’on faict la garde quelques nuicts à l’entour de la fosse de quelqu’un que l’on ne voudra pas, pour affeclion dernière, laisser la proye de ces animaux.
Ces pauvres villageois, comme nous avons dit, sont commandés de planter rets , doin\ et autres telles fonctions; ils font telles corvées, kredmet'^, à leurs dépens, et comme cela se faict d’ordinaire en hiver, zameston les neiges, berfe, les glaces et autres intempéries de la saison en font plus mourir que la flesclie et l’espée de nos chasseurs ne feront pas des bestes fauves.
Toutes ces pauvres bestes estant ramassées là en petit lieu et réservé de tous costés, sans pouvoir eschapper, le roy et ses grands entreront là l’espée à la main ; lors les flesches et les lances se donnent du passe temps au dépens de la vie de ces pauvres animaux. Quant aux porcs sauvages et très furieux, il s’en trouve infinité vers le Mazandron, dont la chair ne mérite pas que les charbonniers en fassent provision à cause de son goust fade.
Dans une chasse ainsi qui contient tout ce qui estoit dispersé dans un grand pais, quelquefois il s’en lire plus de six, sept ou huit mille chefs; la chair de celles qui se peust manger est pour ceux qui les peuvent prendre ; quant aux immondes, mechrouch \ elles pourrissent là.
Icy en Hispan il y a une tour de brique et de terre toute garnie de chefs, de cornes et de branches de cerfs, de loups et de gazelles, que un roy prit un jour à la chasse, chekar'^. Cette tour s'appelle Monaré kellé^ : elle est tellement au dehors garnie de ces belles antiquailles, tant pleines que vuides, que l’on diroit