‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 37 sur 276 · Baoul, Jj · texte numérisé non relu

Baoul, Jj

les rende neges\ et de canaux quarrés de latrines en dehors là où s’escoulent les matières et qui, aux passants, fournissent dujDarfum plus odorant que le musc. Les rues, sans estre pavées, font en hiver, de la fange, en esté, de la poussière que le vent, balayant et emportant, faict un colyre pour les yeux des passants.

Les maisons ou clostures des jardins sont inégales, basses et hautes ; qui a avance sur la rue pour accroître son plan, qui s’est retranché en dedans pour laisser une grande place pour les chevaux de ceux qui les viennent voir, et cecy pour les grandes maisons. Qui aura deux maisons des deux costés d’une rüe, fera une arcade ou voulte par dessus pour en rendre la communication plus facile, et de deux n’en faire que une. Là, soubs les voultes, ils vous feront des boutiques de fruitiers, herbiers, tabaquiers, pour en retirer par jour quelques bazerouques, que chaque soir, ils prennent pour l’entretien du logis, car de l’attendre au bout de Tan, le boutiquier ne se trouveroit plus à la boutique.

C’est icy la coustume que des boutiques neufves faictes, incontinent un boutiquier qui en un autre quartier de la ville sera parti sans dire adieu, heminety^'^ se présentera pour l’habiter ; le soir il fera venir les tambours, envoira quelques portefaix chargés des marchandises de son débit se promener çà et là avec le tambour, pour donner advis de cette nouvelle boutique. Quelques jours, il faict fort l’empesché à débiter et à faire sonner ses balances. Cependant, il mange une partie de sa boutique ; l’autre a esté baillée aux à crédit, quoy que plus cher, pour perdre le

tout. Enfin le boutiquier n’a plus de mahié (principal), pour refournir sa boutique et ses créanciers le pressent; luy n’ayant point d’autre alage^ (remède), desloge à la sourdine et sans tam-

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