Riqa
EiN L’AN 11660
trouver à la suite, qui enfin se grossit de gardes en ordre, archers, carabins, mousquetaires et de diverses cazaques ; qui va devant, qui va après.
Le Roy ira encor en festin chez ses grands et favoris, en estant prié. Là, il sera traicté par des officiers de sa cuisine mesme, car ces invitants, pour n’avoir point tant de tracas, donneront douze tomans, (la taxe en est faite au tuchmal), qui fera là apprester le souper du Roy. Reste à ce conviant de faire le présent au Roy, qui sera un plat plein de sequins, car icy ils ont fort dévotion aux médailles de Venize, mesmes toutes nos Arméniennes, par parade, s’en entourent le visage, qui paroist là dessus comme les clochettes aux mules d’Auvergne. Encor d’autres présents sont faicts, mais surtout l’on demande la teinture du soleil ou de la lune.
Les revenus du Roy sont taillés sur les terres qui ne sont pas à luy en fond de domaine, les siennes propres, les douanes, les bojiitché artizans et le /eyare^‘(taxe sur les marchés). Enfin icy le Roy, sa cour et la soldatesque mangent tout le revenu de Perse. Avec tout cela, ils restent comme les vaches de Pharaon, tousiours affamés, endebtés et en perplexité d’esprit, à sçavoir là où ils trouveront de quoy s’entretenir dans le vol qu’ils ont pris, qui d’ordinaire, surpasse de deux tiers leur puissance et revenu.
Les principales villes de Perse sont llispan, qui s’appelle dar el seltenat^ ^ résidence du Roy, Tauris, Chiraz, Meched, Kirman, Yezde, Kachon, Ardebil, Erivan, Guilan, Mazandran, Hamedon, Ivasbin, lierai, Kandahar et autres quantités de petites.
Les riies des villes, charea clieher^, sont tortues, bossues, pleines de fosses çà et là, que ces vilains font pour pisser, selon la loy, pour que l’urine, baoul'\ en rejaillissant sur eux, ne