‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 49 sur 276 · Moursel · texte numérisé non relu

Moursel

s’est trouvé qu’il n’y en a point, n’estant resté parmi ces Guèbres que de vieilles traditions, tevatour \ qui, pour la pluspart, sont contes de vieille^ afsoné"- (fables).

Ils sont grands ennemis des Matiométans, et demandez à un de ces Guèbres qui estoit Mohamed, il ne répondra rien, sinon qu’il imitera les cris et la voix d’un chamelier, sarhon'^, qui veut faire asseoir sur le pivot un de ses chameaux, en disant avec

aspreté du gosier krrrehh. Car à cette parole, ces animaux sont appris de mettre premièrement les genoux des deux pieds de devant en terre, non sans gronder comme pourceaux, puis donnant un bransie de poupe en proüe, ils tombent sur leur pivot, et en cet estât, ils sont faciles à charger et à monter.

D’autres tributaires encor dans le royaume, sont les Arméniens chrestiens ; pour estre baptisés, ces hommes se vestent à la façon du pais sans différence, sinon que, à leur port maussade et contenance niaise, quoyque couverts de beaux habits, ils paroissent tousiours estre de leur pais. Avec cela, ils sont de la race des cannes, oiirdek^ car pour le trafic, négoce et autres telles sub- ^ tilités, ils vendroient tous les Mores la corde au pied. Leurs femmes ne se couvrent pas tant le visage comme les femmes Mores, ny aussi ne l’ont pas descouvert comme les Guèbres : elles tiennent le milieu, se passant le yuzmage^ , qui est comme une guimple qui leur cache le bout du nez, la bouche et le menton. Icyla civilité et chasteté consistent à ne point se laisser voir la bouche découverte. Pour leurs habits, ils sont d’estoffes plus fines et plus riches que celles des femmes Mores, car leurs maris apportent d’Occident ce qu’ils peuvent de beau pour couvrir ces fumiers. Avec tout cela, vous diriez de sacs et poches bastées sur

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