Yuzmadj
ces tonnes mouvantes ; leurs mamelles grosses et pendantes en devant font paroistre comme trois corps, de sorte qu’un François qui passa par icy, il y a quelques quatorze ou quinze ans, voyant ces grosses tripières^ avoit raison de demander si c’estoient des femmes comme en Occident. Leurs nouvelles mariées dans la maison de leur belle-mère, sont comme des servantes, les premières levées et les dernières couchées ; tout le faix du service de la maison, et non pas la conduite, est sur elles. Une belle-mère les conduit à baguette, et elles n’oseroient luy parler que par signes à la muette, non plus qu’au beau-père, et ce silence durera dix, quinze ans et plus, tant que la belle-mère est en vie, qui, par grandeur, ne luy permettra jamais de parler en sa présence. Ils marient leurs enfants fort jeunes et gardent tant le kuraken que Xaroussc'^ (marié et mariée), en leurs maisons, sans autre excès de dépense.
Voilà les deux principaux tributaires de ce royaume, car pour les Juifs, en d’aucunes contrées, ils ont passé par force et à l’extérieur au mahométisme ; en d’autres endroits, on les a laissés soubs le bastoii à l’ombre duquel ils passent leur misérable vie dans tout le Levant. Ceux donc qui sont tributaires paient le karrage ou gizie^ par an et par teste, hommes et enfants venus en âge de discrétion, qui seroit, selon la taxe ancienne, un medical d’or; mais à présent, on leur serre les poulces plus fort, ce qui fait qu’il s’en destache de jour en jour quelques-uns pour suivre le grand chemin.
Une autre chose qui ruine toutes ces deux nations est que les Mores icy ont une loy parmi eux que l’Imoin GaferU qui est