Peighamber
jusques à sa mort ; ensuite, un des plus puissants Arabes qui s’appeloil Orner, empiéta celte place de successeur après Abou Bekre. C’est contre celui-cy que nos Persiens vomissent tout leur venin et les mille malédictions qu’ils luy donnent, jusques là qu’ils advoüent bien Dieu tout puissant et miséricordieux, mais de pouvoir pardonner à Orner, cela excède toute croïance, vu le crime d’Omer. Icy vous diriez que naturellement les petits enfants sçavent dire lanet ber 0/7«(?r‘ (malédiction sur Orner), et quelconque estranger qu’ils verroient passer, pensant qu’il est de cette secte, ils diront lanet ber Orner ; s’il leur réplique hezar bar % mille fois malédiction sur Orner, ces petits enfans par allégresse et congratulation luy diront Bareka lilla^, Dieu soit benist.
Cependant que Abou Bekre et Orner tenoient ce siège de pestilence, le gendre et cousin germain de Mahommed et qui avoit espousé Pliatmé, la bien-aimée de son père, estoit un pauvre cancre qui n’avoit pas la force de troubler l’eau ni les esprits pour occuper la place de son beau-père. Cet Orner estoit un puissant et vaillant Arabe qui tailloit à sa fantaisie, quoy qu’il ne fust pas de la race du prophète. Il osta à Ali et Phatmé un jardin que Mahomed leur avoit donné, qui s’appelloit feodek^ et l’histoire d’icy dit que pour ce faire, un jour il s’en alla à la porte de ce jardin pour en chasser Pliatmé, laquelle se cachant derrière la porte pour respondre et parler, comme c’est icy la coustume des femmes, qui ne parlent pointa visage descouvert, ce melaoim Orner (maudit Orner), donna un grand coup de pied à cette porte qui s’en alla frapper contre le ventre de Phatmé qui estoit enceinte d’un prophète, lequel fut tüé de ce coup, ce qui est un forfaict impardonnable. Ensuite, il déposséda la pauvre Phatmé, disant : Le prophète n’a pu vous donner ce jardin, car telles personnes de Dieu ne doibvent rien posséder en terre.