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boucliers et espées, comme une blanque et ils s’en vont au Maidan. Là, vous verrez des chameaux et deux petits enfants sur un chacun face à face, crier, se lamenter, se désespérer, battre des mains et faire mille autres singeries^ criant, Houssein, Houssein. Alors toute cette multitude infinie qui n’est armée que de bastons, chemine le long du grand Maidan, le Roy estant quelquefois dans la bikaf, qui est une assez belle maison éminente sur le Maidan, à voir passer toutes ces bandes qui, criant comme des enragés, font quelque espèce de représentation de l’enfer. Tout cela file dans la grande mosquée, là où finit et s’amortit tout ce sabbat.
Durant ces dix jours de mathemé' (deuil), aucun ne va de jour au bain en signe de tristesse pour se faire razer les cheveux. L’histoire dit icy que cette teste de Houssein fut portée en Damas et le corps laissé dans le désert [berriéy de la ville de Ivouphé, où ils se réunirent miraculeusement, et de ce, quarante jours après, ils font une feste qu’ils appellent ou /c/2^(teste et corps).
Du fils de Houssein, qui régna de çà et de là, comme en fuyant, les descendants de Yezid qui régnoient estant les plus puissants, sont descendus d’autres, comme Imom Gafer, Imom Reza, qui est en grande vénération en la ville de Mesched, qui est la principale de la province de Korassan, sur le tombeau duquel est une gambette’’ (dôme ou voulte), couverte de petites lames d’or. Là, par dévotion, se font de ces gens cy grands pèlerinages [ziaret] et les plus grands qui ont le moyen, après leur mort, y font transporter leurs corps ; d’autres le font porter à la mosquée ou en Kerbelaye, proche Bagdad, où est enterré Ali. Le dernier des douze maçons^ (innocents, purs), descendants d’Ali et de
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