Egda
Icy, beaucoup voulant espouvanter celuy duquel ils demandent quelque chose et ne pouvant venir à bout de le tirer de ses mains, luy disent comme par grande menace : Der pol Serai he demen loumitchespeni^ de Serat, je m’attacherai à ta
rohe pour t’empescher de passer jusqucs à ce que tu m’aies satisfait). Ceux qui sont de meilleure serre ne s’estonnent pas de ces menaces [telididy.
Il se trouve encore de ces gros docteurs, moulnapnouchtched^ , qui tasclient de se faire suivre du peuple, qui aucunes fois luy font accroire d’avoir veu en songe le Mohammed Mehdi, Saheb el zemon, qui leur a commandé de faire faire telle ou telle chose. En faisant une bonne disquisition, il se trouvera que ce ne sera pas aux despens du docteur, mais bien à son profit.
Icy, dans Hispan, il y en avoit un qui estoit sur le contraste de plusieurs compétiteurs pour estre mouselem '' (reçus sans contredit pour lieutenans du prophète à faire la prière du vendredi, rouze goiima", laquelle, soubs peine d’anathème, aucun qui n’est pas de ce mérite là ne doit attenter); il s’appelloit Mohammed Takhimegelessi^\ il disoit avoir veu cet invisible qui luy avoit commandé de faire celte prière, en foy de quoy il luy bailla je ne sçay quel libvre escrit en lettres gothiques d’un caractère arabe ancien, et par ce moyen il taschoit d’abuser la crédulité du peuple. Un autre moulna de moindre estoffe monstroit une pierre sur laquelle il protesloit luy estre apparu le lutin ; il descrivoit son port, son langage et son vestement, le tout à l’advantage. Incontinent la renommée de celte apparition fit moucher les femme-