‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 64 sur 276 · Rouzi djoumaa^ jjj · texte numérisé non relu

Rouzi djoumaa^ jjj

lettes et les hommes, qui à l’envi pour honorer l’escabeau de ces saints pieds, jeltoient des pièces d’argent dessus, que le matois de inoulna ne laissoit pas coucher là, de peur du serein. Ceci dura quelque temps, durant lequel le moulna faisoil ses orges ; enfin le daroga (prevost), averti de cette proye qui ne pouvoit luy fuir, le moulna n’estant qu’à simple semelle, l’envoya prendre, l’espouvanta de la voix et du geste pour mieux secouer sa bourse : « Comment, vous trompez ces musulmans, vrais croyants ! » il le menaça des fers; enfin l’autre, cognoispar la pratique ordinaire de ce pays que l’on ne l’avoit pas envoyé quérir pour le tuer, ains pour le tondre, commença à rendre gorge de ce qu’il avoif pris de trop.

Les gens icy disent que le jour du jugement doibt advenir après l’apparition de cet invisible, mais que beaucoup de signes doivent précéder. Le premier est la corruption des juges, qui ne feront les affaires que par ruchvet^ (présent pour corrompre). Ce signe là n’est que trop en évidence ; que les enfants mépriseront et battront père et mère. Ceci est encore assez ordinaire à ces petits vipereaux; — que le soleil se lèvera au couchant et se couchera en l’orient ; pour celuy-cy l’on ne l’a point encor veu ; mais des deux précédents qui se sont rendus si fréquents, l’on peust juger de celuy-cy qu’il n’est pas loing.

La déduction de ces contrastes de droict, de prélature, de ceux du costé d’Ali, de Houssein, de Mahoie et de Yezid, et antres tels personnages, est la cause de cette grande aversion des Persiens et des Turcqs, chacun espousant l’inlerest de son parti. Les Persiens ou Chia veulent Ali pour légitime et premier successeur, lieutenant du prophète, et pour ce subject faisant faire profession de foy à quelque malotru qui pour crimes ou debtes, ne peust eschapper autrement, après les mots de Echehed Alla^ ils luy font adjouter, ve Ali veli Alla, qui signifie

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