‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 75 sur 276 · Daghdaghah, scrupule, alarme, appréhension · texte numérisé non relu

Daghdaghah, scrupule, alarme, appréhension

l’autre de peur qu’ils se louchent, et à la première eau ils s’en vont se laver la main et faire le vezou * (purification). Si dans les rues ou ailleurs, pour amortir la poussière qui, en esté, est icy le pavé fen hiver la fange jusques aux sangles en prenant la place), l’on espand de l’eau, vous voyez nos gens resserrer leurs vestements, sauter comme des chevreuils du costé d’une rue à l’autre pour éviter une goutte d’eau qui pourroit tomber sur leurs vestements et ainsi les rendre negcs. Passant contre quelque non mahométan, particulièrement en temps humide ou de pluye, haron^^ ils se resserrent de peur de quelque attouchemeut de vestement l’un contre l’autre. En temps sec, ils ne seront pas si exacts à ces observations. Quant au sang, si pour s’estre esgralignés d’une aiguille ou espingle, il est sorti un peu de sang, il faut faire une station et unvoïage tà la haouse. Pour le baoid (urine), vous verrez ces vilains dans une rue, tenant leur priape tout à descouvert, sans honte espancher leur eau, et ce, assis sur leurs talons dans une fossette, afin qu’il n’en rejaillisse quelque goutte sur eux; autrement, ils seroient neges. Ensuite ils se lèveront la canne à la main, iront tà l’eau ou au ruisseau le plus proche, et prendront de l’eau avec le creux de la main, ils luy verseront deux ou trois fois sur la teste, le secoueront, puis le renfermeront dans son habitaculum. Pour les chiens, ils en ont horreur dans l’excès, et nonobstant cela, chaque quarrefour de rue est plein de ces animaux Là qui n’ont point de maistre et qui ne vivent que des charognes, meité^^ de chevaux et asnes, morts dans la rue, que l’on laisse icy empuantir tout un quartier. Voyez l’aveuglement de ces gens, qui recherchent si estrangement la pureté ! Pour un gair mellet^ son attouchement et généralement celui de tout ce qui luy appartient est neges.

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