‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 87 sur 276 · Zendiq, impie, incrédule · texte numérisé non relu

Zendiq, impie, incrédule

de malédiction à ces saints de Turquie, que ces gens cy chaque jour maudissent. De là, un Arabe appelé Mir Hagge'^ conduit la kajle'- à Mediné, ville de la naissance du prophète^ ; là ils font encore leur ziarei (voïage, dévotion), puis s’en reviennent pour la plupart par Bagdad, passant par Kerbela’, là où est leur grand saint Ali, car poui- aller d’icy, leur plus court est d’aller par Bassoré. Les Arabes ont envoyé icy un député de leur part promettre que désormais ils feroient meilleur traitement et qu’ils ne prendroient pas tant de péage. Nonobstant, l’on n’a pas encor ouvert le chemin, car une fois cy devant, la deffense ayant esté faicteet la permission redonnée sur leurs promesses, au premier voïage, ces Arabes prirent de nos Persiens le double pour compenser le temps perdu. A présent l’on ne se fie plus à leurs paroles.

Dans la Perse, l’unique lieu de voïage est Mesched, ville de Corassan, là où l’imom Reza est en grande vénération^ La mosquée pour la structure est assez belle ; or, dans les mosquées il n’y a aucunes figures, seulement pour ces Moresques il y aui'a le meherab, qui est comme une niche qui monstre le kahlé se tourner du costé de la Mekke.

Pour ce kablé^ ils le calculent astronomiquement par les triangles sphériques, pour sçavoir combien sont compris de degrés entre le méridien du lieu et un vertical qui passera par la Mekke; et de cecy ils ont des tables où, pour chaque ville, ils mettent la valeur de chaque angle, qu’ils [appellent enheraf^' (déviation), sçavoir combien il faut dévier de la ligne méridienne

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