‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 89 sur 276 · Inbiraf · texte numérisé non relu

Inbiraf

pour estre vis à vis de la Mekke. Pour ce subject aussi, ils fabriquent des kahlè numa\ comme petits quadrans aimantés avec un oyseau aimanté dedans, qui, les aisles ouvertes, montre avec le bec le lieu de la Mekke. Dans cette observation du kahlé, ils se montrent aussi scrupuleux à observer les degrés et minutes, qu’un bon judiciaire feroit dans l’érection d’un thesme céleste, iesvye al beiout^^ pour juger d’un horoscope.

Icy à l’extérieur, tous ne parlent que de Dieu; un bakkaP en faisant sonner ses balances sur l’establi pour appeler les chalands, mouchteri\ criera dem be dem be Mohammed salvat* (de moment en moment salut à Mohammed). Un /o/é®, aide à maçon, en jeltant en haut sestuilles ou matons, à chacune, pour advertir celuy qui les reçoit et les prend à la volée, dira Alla, Dieu, Alla, Dieu. Un asnier suivant sa besle, qui quelque fois voudra faire un faulx pas, aussitost s’écriera Alla Dieu, et un autre qui sans doubte, pour ne sçavoir arriver à ses prétentions, fera semblant de mespriser les vanités du monde, tirera du fond de sa poitrine un grand sentiment du futur, en disant, akeret fekre mibaied kerde' (après tout il faut penser à la fin). A l’extérieur, ce n’est que spiritualité, civilité, vérité, droicture, mais ne vous contentez pas de l’escorce, voyez au dedans et vous trouverez des sépulcres blanchis.

Une autre sorte de spirituels se rencontrent en ce pais, non pas qu’ils fassent corps pour faire une secte qui entre en compte ; ceux cy sont les

Sophy^ : ceux cy spiritualisent tout, ils sont dans desabstrac-

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