SCÈNE Y
Toute cette scène est chantée.
LE CHOEUR
UNE ISRAÉLITE, Seule.
Pleurons et gémissons, mes fidèles compagnes;
A nos sanglots donnons un libre cours;
Levons les yeux vers les saintes montagnes
D'où l'innocence attend tout son secours3. 0 mortelles alarmes ! Tout Israël périt. Pleurez, mes tristes yeux,
Il ne fut jamais sous les cieux
Un si juste sujet de larmes*.
TOUT LE CHŒUR
0 mortelles alarmes î
UNE AUTRE ISRAÉLITE
N'était-ce pas assez qu'un vainqueur odieux De l'auguste Sion eût détruit tous les charmes, Et traîné ses enfants captifs en mille lieux?
TOUT LE CHŒUR
0 mortelles alarmes!
1. Le mot charme, au xvne siècle, désignait un attrait mystérieux et magique. — Alédée, act. II, se. n :
Seule, j'ai par mes charme»
Mis au joug les taureaux
La Fontaine dit de l'apologue :
C*e>t proprement un charme! il rend l'âme attentif. Du plutôt il la tient captive, Nous attachant à des récits Qui mènent à son gré les cœurs et les esprits.
2. (/ueïs sentiments! que's vers heureux! quelle harmonie soutenue!
3. « Levavi oculos meos in montes, unde veniet auxilium njiui. » [Psaicx.x. v. 1.)