Les malices du sort. Expression faible et bizarre
4. Dans le livre à'Esther, Zarès se joint aux amis de son mari pour l'engager à faire dreaser la potence qui doit servir à pendre Mardochée. Racine n'a pas cru qu'il fut obligé de suivre en tout la version de l'Ecriture sainte; les crainteâ de l'épouse, les sollicitudes de la mère, qui 9ont exprimées dans ce couplet, sont touchantes, et jettent un intérêt de plus dans la tragédia.
Votre absence en ces lieux suspend toute la joie ; Et pour vous y conduire Assuérus m'envoie ' .
AMAN
Et Mardochée est-il aussi de ce festin ?
HYDASPE
A la table d'Esther portez-vous ce chagrin ?
Quoi! toujours de ce Juif l'image vous désole ?
Laissez-le s'applaudir d'un triomphe frivole.
Croit-il d'Assuérus éviter la rigueur?
Ne possédez-vous pas son oreille et son cœur?
On a payé le zèle, on punira le crime ;
Et l'on vous a, seigneur, orné votre victime.
Je me trompe, ou vos vœux par Esther secondés
Obtiendront plus encor que vous ne demandez.
AMAN
Croirai-je le bonheur que ta bouche m'annonce?
HYDASPE
J'ai des savants devins entendu la réponse : Ils disent que la main d'un perfide étranger Dans le sang de la reine est prête à se plonger. Et le roi, qui ne sait où trouver le coupable, N'impute qu'aux seuls Juifs ce projet détestable.
AMAN
Oui, ce sont, cher ami, des monstres furieux : Il faut craindre surtout leur ^hef audacieux. La terre avec horreur dès longtemps les endure ; Et l'on n'en peut trop tôt délivrer la nature. Ah ! je respire enfin. Chère Zarès, adieu.
HYDASPE
Les compagnes d'Esther s'avancent vers ce lieu, Sans doute leur concert va commencer la fête. Entrez et recevez l'honneur qu'on vous apprête.