ACTE IL SCENE VIII
UNE ISKAKLITK chante.
Que ma bouche et mon tour, et tout ce que je suis. Rendent honneur au Dieu qui m'a donné la vie. Dans les craintes, dans les ennuis.
En ses bontés mon âme se confie.
Veut-il par mon trépas que je le glorifie? —.">
Que ma bouche et mon cœur, et tout ce que je suis, Rendent honneur au Dieu qui ma donné la vie.
ÉLISE
Je n'admirai jamais la gloire de l'impie.
UNE AUTRE ISRAÉLITE
Au bonheur du méchant qu'une autre porte envie.
ÉLISE
Tous ses jours paraissent charmants : j8o
L'or éclate en ses vêtements ; Son orgueil est sans borne ainsi que sa richesse ; Jamais l'air n'est troublé de ses gémissements ; Il s'endort, il s'éveille au son des instruments ;
Son cœur nage dans la mollesse. j85
"■2. Que ma bouche... <• Repleatur os j8i. L'or éclate. Cf. La Bruyère >f>u
meum lande, ut eaatem gtariam fuam: mérite personnel. 27): « L'or éclate, dites-
tota die magnitudinein tuam. Que ma vous, sur les habits de Philémon » La
bouche soit toujours remplie de vos publication de ce paragraphe des Ca-
louanges: afin que je chante votre ractéresest postérieure a celle d'Est lier.
gloire, et que je sois continuellement j85i Son emur nage. Au figuré : être
appliqué a publier votre grandeur. à Taise au milieu de. — « Cithara et
(Psaumes. LXX. S.) lya, et tympanum, et tibia, et vinam
77'i Ennuis. Voir 89. in com-iviis vestris. Le luth et la harpe,
770. Glorifie. C'est reconnaître sa gran- les flûtes et les tambours, et les vins
deur. sa gloire (CI. S) en lui rendant les plus délicieux se trouvent dans vos
hommage. festins. » (Isaie. V. 12.)
UNE AUTRE ISRAELITE
Pour comble de prospérité, Il espère revivre en su postérité ; Et d'enfants à sa table une riante troupe Semble boire avec lui la joie à pleine coupe.
Tout ce reste est chanté.
LE CHŒUR
Heureux, dit-on, le peuple florissant, -o,
Sur qui ces biens coulent en abondance ! Plus heureux le peuple innocent, Qui dans le Dieu du Ciel a mis sa confiance !
UNE ISRAÉLITE Seule.
Pour contenter ses frivoles désirs,
L'homme insensé vainement se consume : ^5
Il trouve l'amertume
Au milieu des plaisirs.
UNE AUTRE Seille.
Le bonheur de l'impie est toujours agité.
789. Boire lajoie à pleine coupe. Celle populuin, cai hase sunt; beatus pojmlus.
belle alliance de mots tient à la ibis du cajus Dominas Deusejus. Ils ont appelé
sens propre, puisqu'ils sont à table, et beureux le peuple qui possède tous ces
du sens figuré, puisqu'on ne boit pas la biens: mais plutôt, qu'beureux est le
joie, mais un breuvage qui met en joie. peuple qui a le Seigneur pour son
Cf. Virgile (En., I, 749) : * Longumque Dieu, » [Psaumes. CXLIII, i5.)
bibebat amorem. Et à longs traits elle :<^. Frivoles: s'attacbant à des choses
buvait l'amour. » Et V.Hugo (Châtiments, vaines; cf. oi'i: Prologue, 6;.
■ 1<J) ■ 798. Toujours agité. « Impii autem
Vousbuvez, apostats à tout ce qu'on révère, quasi mare feroens, quod quiescere
Le Chypre à pleine coupe, et la lioule à plein non polest. Mais les méchants sont
comme une mer toujours agitée, qui
-92. Plus "heureux... « Beatum dixerunt ne peut se calmer. » Isaïe, L VII, 20.)